mardi 11 décembre 2012

SCOOP : L’an 2030 ou la fin programmée des Etats-Unis d’Amérique



imagesDans un nouveau rapport américain du Conseil national du renseignement publié aux Etats-Unis par Politico.com ce jour, le pays ne sera plus la seule superpuissance au monde d’ici 2030. La fin du monde unipolaire en somme, que certains médias attribuent à la « faiblesse » de Barack Obama, l’homme qui courbe l’échine devant les souverains du Golfe.
Mais, c’est la conclusion du rapport qui fait mal aux Américains. Selon lui, « En ce qui concerne les indices de puissance globale, le PIB, la taille de la population, les dépenses militaires et l’investissement technologique, en 2030, l’Asie dépassera largement  l’Amérique du Nord et l’Europe réunis ».
Le rapport fait valoir que les puissances montantes comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, ne sont pas unifiés par une idéologie commune et sont plus concentrés sur leur rôle régional. Et le rapport met en garde contre les conséquences d’un retrait américain dans certaines parties du monde.
Petit tracks-backs dudit rapport:
« Avec l’augmentation rapide des autres pays, le« monde unipolaire » est terminée et aucun pays, que ce soit les États-Unis, la Chine ou tout autre pays, ne pourra être une puissance hégémonique ».
« Les Etats-Unis voit un déclin économique relatif à la percée des autres pays en cours, et, son futur rôle dans le système international est beaucoup plus difficile à évaluer».
« Le plus probable c’est que les États-Unis resteront « premier parmi leurs pairs », c’est à dire les autres grandes puissances, en raison de son héritage et de son rôle de leader dans le monde, rôle prépondérant qu’il a joué dans la politique internationale dans tous les domaines par sa puissance».
« Le remplacement des États-Unis par une autre puissance mondiale ou l’arrivée d’un nouvel ordre international semble l’issue la moins probable, il n’y aura plus de domination » .
« Un retrait américain provoquera l’effondrement de la puissance américaine. Ceci entraînerait probablement une longue période d’anarchie mondiale ».
La fin du monde ?

vendredi 7 décembre 2012

Syrie : Mais où étaient-ils quand Israël utilisait du phosphore blanc à Gaza ?




sarinLe « deux poids deux mesures » dans les relations internationales se poursuit inlassablement. La communauté internationale s’inquiète de l’éventuelle utilisation d’armes chimiques par le régime de Damas. C’est « qui » la communauté internationale ? Où est-elle quand ces terroristes commettent des attentats en Syrie ? Alors que leurs protégés sont en grande difficulté malgré l’argent et les armes de plus en plus sophistiquées à eux livrées, on nous sort d’un chapeau de magicien les armes chimiques que le régime syrien de Bachar el-Assad serait en train d’assembler, « vraisemblablement du gaz sarin » disent-ils. Avec leur morgue habituelle, devins et devineresses à souhait, ils menacent ensuite, dans des salmigondis à n’en plus finir. Toute la presse « mainstream » ne titre qu’à propos du gaz sarin, comme par hasard…
Mais qui peut croire à cette nouvelle fable de ceux qui ne vivent depuis des siècles que par la falsification, le mensonge et la négation des autres ? Là, nous sommes en face d’une des plus grandes escroqueries du moment, l’idée de se focaliser uniquement sur la Syrie et, la voltige mensongère et mortifère est savamment organisée et orchestrée, pour que les regards se détournent des colonies israéliennes de  Jérusalem-Est. Là, sur ce dossier brûlant, actuel et surtout réel, le clown de la Maison Blanche, Barack Obama, « exhorte » Israël de ne pas poursuivre sa colonisation, alors que les extrémistes qui gouvernent ce pays persistent et signent en précisant que rien ne les arrêtera pour la construction prévue des 2000 logements.
Mais, sur des suppositions galvaudées, des supputations tirées par les cheveux, après Hillary Clinton, c’est au tour de Barack Obama de monter au créneau pour déverser son fiel sur la Syrie et Bachar al-Assad. Quand Israël a utilisé pendant la Guerre de Gaza 2008-2009, en 2009, des obus à fragmentation, incendiaires (et éclairants) au phosphore blanc sur les zones urbaines de la bande de Gaza, la soi-disant communauté internationale était où ?  Le protocole III additionnel à la Convention sur certaines armes classiques de l’ONU, signé en 1983, réprouve pourtant son utilisation. Israël a-t-il été menacé ou sanctionné ? Non. Bien sûr, si la Syrie venait à utiliser ces armes chimiques, par honnêteté intellectuelle nous condamnerons…
Mais, les « qui » ont récemment utilisé des armes chimiques ? Les Etats-Unis, la Russie, l’Argentine et Israël. Pourquoi n’ont-ils pas été sanctionnés ? Le gaz sarin est un gaz dit organophosphoré, comme le soman ou le tabun. Avec des effets néfastes , il bloque la transmission de l’influx nerveux, entraînant la mort par arrêt de la respiration et du coeur. Agissant même à doses infimes, il pénètre par voie respiratoire ou par simple contact avec la peau, selon la Fédération des scientifiques américains (FAS). Alors que le régime syrien indique qu’il n’utilisera pas d’armes chimiques, les autres l’ont pourtant fait mais, les réactions n’ont pas été aussi fortes, tenaces et perverses. Bientôt, ils nous diront que Bachar al-Assad n’est plus musulman alaouite mais fait partie de la secte japonaise de triste mémoire… Aum, qui avait utilisé ce gaz dans le métro de Tokyo…
Quelle imposture !

DESCENTE AUX ENFERS. Doc Gynéco : « Nicolas Sarkozy m’a tuer » !



Doc Gyneco
En 1994, Omar Raddad est condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Ghislaine Marchal. Comme avec le fameux « Omar m’a tuer », un faux grossier, la faute de grammaire à la clé, le Mme Marchal nouveau est arrivé. Mais, ce n’est pas une femme, c’est bel et bien un homme. Le « meurtrier » présumé n’est pas Omar Raddad, mais Nicolas Sarkozy. Doc Gynéco s’est confié au journal Le Parisien, longuement, pour parler de son mal être, et surtout de ses faiblesses car, dit-il, il laisse choir, ne pouvant plus se….battre…
Ces quelques mots du Parisien qui l’a interviewé:
Son ralliement auprès de Nicolas Sarkozy en 2007 , Bruno Beausir, alias Doc Gynéco, reconnaît y avoir « laissé des plumes ». Cinq ans après son « engagement politique », le Doc a disparu des plateaux télés et des studios. Pourtant, le rappeur français n’est pas mort. Il réfléchit. L’inspiration, elle, est toujours là. Rendez-vous est donné dans un hôtel parisien pour une longue interview vérité, où le chanteur se livre devant notre caméra, bien loin de l’image du type fumeur de pétards, lunaire et apathique. Son retour en tant qu’artiste, il y croit. Il prépare d’ailleurs un nouvel album et une tournée à travers toute la France.
La question est de savoir s’il pourra vraiment rebondir tant, les banlieusards qu’il a insulté, sont surtout de bons consommateurs du…bon rap. Ah, il avait dit qu’il n’est pas rappeur mais de la famille de la variété française. Il s’est tellement renié qu’il est obligé, lui Doc Gynéco, d’être…locataire. C’est invraisemblable avec tout l’argent qu’il a eu. Son premier album s’était vendu à près d’un million d’exemplaires.

Qui disait « Comme Beregovoy, aussi vite que Senna, je veux atteindre le nirvana [...] » ?

Evitons un Munich sahélien !

 

La prise de contrôle du Nord Mali par différents groupes armés se réclamant pour trois d’entre eux de l’islamisme radical jihadiste [1] (AQMI, bien sûr , mais aussi Ansar Eddine et le Mujao), et pour un d’entre eux de l’indépendantisme touareg (MNLA), a créé une situation dramatique et totalement inacceptable pour les populations maliennes, et en premier lieu celles du Nord, qui sont victimes d’un retour à une barbarie moyenâgeuse en rupture totale avec l’islam contemporain dans ses diverses configurations tolérantes (piétistes, confrériques, soufies, modernistes ou laïques)
L’Etat malien a totalement disparu au Nord, et avec lui les services qu’il délivrait (certes imparfaitement, mais néanmoins réellement) : santé, éducation, hydraulique, appui à l’agriculture et à l’élevage, etc…. Les conseils communaux et leurs maires, qui avaient acquis une réelle légitimité depuis la décentralisation des années 90, ont également pour la plupart sombré. Les projets de développement et les ONG, qui contribuaient aussi de façon significative à la délivrance de services et à la lutte contre la pauvreté, ont plié bagage
Beaucoup d’habitants du Nord, ruraux comme urbains, ont fui, en même temps que tous les fonctionnaires. On compte près de 500.000 réfugiés au Sud ou dans les pays voisins, dans des camps ou accueillis par leurs parents à Bamako ou Niamey, soit entre le tiers et le quart de la population du Nord.
Quant aux populations qui sont restées sur place, elles sont désormais livrées totalement à elles-mêmes et à la barbarie de l’occupation jihadiste. Tout état de droit a disparu, l’école moderne a fait place à la seule école coranique, les filles restent à la maison, la musique est interdite, les tuniques, les turbans et les barbes deviennent obligatoires pour les hommes comme le voile l’est déjà bien plus rigoureusement encore pour les femmes, les droits de l’homme sont totalement bafoués, le fouet est utilisés contre les récalcitrants, les amputations et les lapidations sont prononcées et exécutées par des fanatiques incontrôlables. Seuls quelques intervenants humanitaires, et surtout les ONG arabo-islamiques, en particulier qataries, distribuent quelques soins et secours
Le Nord Mali était aussi devenu, bien avant les évènements actuels, un haut lieu du narco-trafic vers l’Europe, avec la complicité de l’ancien régime malien d’ATT,  celle de ses généraux et colonels, celle de ses amis commerçants, mais aussi celle de réseaux puissants au Burkina Faso et en Algérie. Il l’est toujours. Islamistes jihadistes et narco-trafiquants vont de pair et se soutiennent mutuellement. Le narco-trafic implique divers  groupes arabes et touaregs bien connus du Nord Mali.
La contagion terroriste est évidemment à craindre pour les autres pays sahéliens. Il semble qu’un camp d’entrainement de Boko Haram (mouvement islamiste jihadiste du Nord-Nigéria) soit établi au Nord Mali, et on sait que des différents pays de la région  (et pas seulement du Pakistan, d’Europe, du Soudan ou de Somalie) des jihadistes affluent.
Que fait la communauté internationale face à cette barbarie ? Jusqu’ici à peu près rien. De plus elle est divisée. Certes, la CEDEAO prépare une intervention, mais on en repousse sans cesse la mise en œuvre. Pire, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer des « négociations » (avec à leur tête Blaise Compaoré, et l’Algérie, mais aussi rejoints par Ban-Ki-Moon, Romani Prodi[2] et une bonne partie du département d’état américain). Mais avec qui ? Sur quelles bases ? Pour quoi faire ?
Les négociations de Munich avec Hitler avaient favorisé le jeu de la barbarie nazie. Prenons garde à ce que celles menées avec les bandes armées du Nord Mali ne fassent celui de la barbarie jihadiste.
Il faut en effet savoir que les islamistes jihadistes (non seulement ceux d’Aqmi, mais aussi ceux du Mujao et d’Ansar Eddine) affirment à qui veut l’entendre que leur but sacré est d’établir la charia (c’est-à-dire en fait leur dictature) au Mali d’abord, au reste de l’Afrique ensuite, et que rien ni personne ne les arrêtera !
Doit-on pour autant refuser toute négociation ? Non. Mais il y a deux types de négociations. Des négociations pour faciliter l’intervention armée, ou des négociations pour éviter l’intervention armée. Des négociations interminables pour éviter l’intervention armée seraient une reproduction du modèle munichois. Seules sont acceptables des négociations brèves pour faciliter l’intervention armée, afin que certaines forces au Nord se désolidarisent des jihadistes.
Pourquoi faut-il faciliter l’intervention armée par des négociations brèves ?
Essentiellement pour isoler le plus tôt possible le noyau dur des groupes islamistes jihadistes, autrement dit AQMI dans son ensemble, les dirigeants du Mujao et la plupart des dirigeants d’Ansar Eddine, avec lesquels une confrontation armée est inévitable, indispensable et urgente.
Pour comprendre ce que signifierait cette stratégie d’isolement, il faut revenir sur la guerre franco-anglaise contre la Libye de Kadhafi, faire un bref tour d’horizon de ces divers mouvements, et évoquer aussi le rôle éventuel de mouvements anti-islamistes (et anti-indépendantistes).

La Libye

Bien sûr, tout a commencé avec la guerre menée par Cameron et Sarkozy contre Kadhafi. Elle a été menée, on le sait, au nom d’une résolution de l’ONU qui se limitait en droit à faire respecter une zone d’exclusion aérienne pour les avions et missiles de Kadhafi, mandat que les forces anglo-françaises ont en fait bafoué et dépassé, dupant ainsi les Russes et les Chinois qui l’avaient laissé passer[3]. On sait aussi à quel point la situation libyenne est aujourd’hui difficile. On sait enfin que le départ de plusieurs milliers de Touaregs kadhafistes de Libye, vers le Mali, avec armes et bagages (surtout des armes, particulièrement modernes, et des 4x4), souvent décrit comme un effet pervers collatéral imprévu de la guerre en Libye[4], est à l’origine de la crise actuelle. Mais on sait moins que ce départ a été de fait négocié en partie avec les Français, souhaitant pour leur part ne pas à avoir affronter ce noyau dur des forces de Kadhafi, et pensant aussi que les Touaregs kadhafistes, perçus comme anti-islamistes, allaient bouter AQMI hors du Mali, moyennant un soutien discret de la France aux revendications autonomistes du MNLA. Ce beau plan, semble-t-il imposé à ATT, qui, il est vrai, n’était de toute façon pas capable d’empêcher l’arrivée au Mali des Touaregs kadhafistes, a échoué lamentablement. D’une part, le MNLA s’est jeté dans la guerre, et, fort de victoires initiales faciles contre l’armée malienne, s’est précipité dans une déclaration grotesque d’indépendance – inacceptable par l’Union africaine comme par les pays Occidentaux -, d’autre part ce même MNLA s’est fait en quelques semaines complètement déborder par les islamistes jihadistes.

MNLA

Ils ont ouvert malgré eux la boite de Pandore du jihadisme et s’y sont fait attraper. Ils sont les derniers représentants de l’indépendantisme touareg, qui a su séduire tant d’Occidentaux fascinés par le mythe des hommes bleus du désert, et dont la manifestation la plus visible a été la rébellion des années 1990. Ils pensaient monnayer auprès des Français l’indépendance du peuple touareg contre l’expulsion d’AQMI. Aujourd’hui, repoussés à peu près partout du Nord Mali par les islamistes, y compris de leur fief de Ménaka (qui était la dernière ville du Nord non occupée par les jihadistes), ils ne contrôlent guère plus qu’une partie de l’étroite bande qui longe la frontière nigérienne. Leur République de l’Azawad est un rêve totalement démonétisé. Ils ont été largement dépassés par les ressources en armes, en hommes et en argent des groupes jihadistes, mais ont gardé certains réseaux en France ou en Mauritanie.
Mais il faut aussi rappeler deux phénomènes importants.
Le premier est que le Nord Mali est loin de n’être peuplé que de Touaregs : Songhoy, Peuls et Arabes l’ont aussi en partage, et à eux tous ils sont nettement plus nombreux que les Touaregs. Et pourtant, aujourd’hui encore, certains continuent à assimiler la « question du  Nord », bien réelle (à savoir le sous-développement du Nord, son délaissement ou son abandon par les régimes successifs de Bamako) et la « question touareg »[5]. Celle-ci, produite par des entrepreneurs identitaires, passant leur temps à se révolter, puis à se rallier pour percevoir la rente du ralliement, sont très loin en outre de regrouper la majorité des Touaregs derrière leur bannière (par exemple les Bellas, anciens dépendants des Touaregs, les Imghad, dont certains sont d’anciens vassaux, et diverses fractions sont dans leur majorité hostiles à l’indépendantisme).
Le deuxième est que, au cours de leur récent soulèvement post-Libye, les hommes du MNLA ont commis beaucoup d’exactions dans les territoires qu’ils contrôlaient (avant que les islamistes ne les chassent). Ils ont ainsi indirectement contribué à gonfler les effectifs du Mujao

Le Mujao

Présenté comme une dissidence « internationaliste » d’AQMI – à qui certains reprochent d’être totalement aux mains d’Arabes algériens – le Mujao contrôle Gao et la zone fluviale. Une bonne partie du narco-trafic est désormais entre ses mains, et lui fournit son financement. Dirigé par des Arabes maliens, il a recruté largement parmi les jeunes Songhoy et Peuls excédés des exactions du MNLA et des revendications indépendantistes touaregs. Une partie de sa base n’est donc islamiste que par réaction contre le MNLA. Il a bénéficié aussi du ralliement de sectes wahabistes locales

Ansar Eddine

Ce groupe, devenu de loin le plus important, a été fondé par un vieux routier des compromis et des changements de veste au fil des rébellions touaregs, Iyad Ag Ghaly (ancien allié d’ATT, et ami de Blaise Compaoré), particulièrement peu fiable, mais homme de réseaux, devenu islamiste radical. C’est un mouvement dont la base locale (Kidal et la vallée du Tilemsi) correspond au groupement touareg des Ifoghas, mais qui a recruté aussi chez les Arabes Kunta. Son extension spectaculaire après le déclenchement des hostilités par le MNLA s’est appuyée entre autres sur son alliance forte avec AQMI et le narco-trafic qui lui a permis de recruter de nombreux jeunes chômeurs. Il a récupéré certaines troupes du MNLA et l’essentiel du matériel venu de Libye. Il bénéficie d’une réelle écoute auprès des officiels algériens et burkinabés, voire même américains, qui semblent croire à quelques promesses de certains de leurs dirigeants de rompre  les liens avec AQMI[6]. Le degré de sa cohésion interne et de son infiltration par AQMI sont des inconnues.
Ce mouvement à dominante touareg combine donc opportunisme politicien et fondamentalisme jihadiste. Il est en outre soutenu très fortement par des hommes d’affaires qataris. C’est le Qatar qui approvisionne Ansar Eddine.

AQMI

On connait depuis longtemps comment les terroristes jihadistes algériens issus du GSPC se sont installés il y a une quinzaine d’année dans une base située dans les montagnes au Nord-Est de Kidal (en bénéficiant de la complaisance du régime ATT et de ses généraux). Ils se sont depuis enrichis (et approvisionnés en armes) grâce aux rançons obtenues pour leurs otages (plus de 50 au total au fil des années !!!), et ont noué des alliances avec les narco-traficants, et certains notables locaux (en particulier des Arabes de la région de Tombouctou).
Ils n’ont aucune solution de repli, et ne peuvent que tenter de s’incruster au Nord-Mali, en profitant de la présence des deux autres mouvements islamistes  et des narco-traficants. Ils ne peuvent en être délogés que par la force. Sinon, les bases d’AQMI seront pour longtemps les bases arrière du terrorisme dans le Sahel tout entier, continuant à prospérer grâce à l’industrie du kidnapping et au trafic de drogue, et opérant non seulement au Mali, mais aussi au Niger et en Mauritanie, comme cela a déjà été le cas, et sans doute bientôt au Burkina Faso ou dans les pays proches, sans parler de la jonction avec leurs homologues terroristes de Boko Haram au Nord-Nigéria.

Ganda koy, Ganda ize et les autres

Ces deux termes signifient en langue songhoy « les maîtres du pays », « les fils du terroir ». Ganda koy a été le nom adopté, lors de la révolte touareg des années 80-90, par une milice clandestine songhoy, appuyée à l’époque par Bamako, qui s’est opposée violemment aux actions de la rébellion. Mais contrairement aux anciens rebelles touaregs qui ont été intégrés dans l’armée malienne (avant que certains d’entre eux n’en ressortent avec leurs armes pour attaquer à nouveau l’Etat malien), les anciens de Ganda koy n’ont pas reçu d’avantages, ce qui a déclenché une forte amertume. Le mouvement a été ressuscité avec l’occupation islamiste du Nord, et n’est plus clandestin. Ganda ize regroupe de son côté surtout des Peuls du fleuve. Les deux groupes rêvent d’une reconquête du Nord, et ont un camp d’entrainement à Sévaré, à côté de Mopti. La réalité de leur implantation sur le terrain et surtout de leurs capacités militaires n’est toutefois pas évidente.
De même, divers groupes arabes entendent se défendre face aux islamistes et aux indépendantistes, ou, en tout cas, refusent leur autorité, mais certains d’entre eux sont néanmoins impliqués dans la contrebande et le trafic de drogue.

Les conditions d’une intervention

Seule une opération militaire d’envergure peut aujourd’hui éviter l’incrustation du jihadisme au Sahel (et mettre en même temps fin au narco-trafic). Et il y a urgence, ce que ne semblent pas comprendre nombre d’Occidentaux. Certes une intervention pose divers problèmes, qui sont les suivants :
1)      Comment rétrécir le périmètre d’alliances des islamistes djihadistes, et, au contraire, élargir le périmètre d’alliances des forces coalisées anti-jihadistes ? C’est à ce niveau que des négociations peuvent être utiles pour tenter d’aboutir à un ralliement du MNLA (qui de toute façon n’a plus beaucoup d’atouts dans sa manche, et tente de se donner une nouvelle jeunesse à travers les négociations et quelques coups de bluff), et à une scission d’Ansar Eddine, ou du moins, à une désertion d’une partie significative de leurs troupes actuelles, ainsi que de celles  du Mujao. Tel doit être l’objet d’une négociation rapide en vue de préparer l’intervention. Pour mener cette négociation, il faut évidemment accentuer simultanément la pression militaire sous forme de la préparation intensive de l’intervention et de son imminence. Les réticences actuelles des Etats-Unis, du Qatar, de l’Algérie, de Romano Prodi, de Ban-Ki-Moon, ou de Blaise Compaoré sont irresponsables : elles favorisent au contraire l’enkystage des jihadistes au Sahel, en laissant croire que la négociation peut éviter l’intervention et en relâchant la pression sur les groupes islamistes et indépendantistes[7], qui de leur côté jouent la montre.
2)      L’intervention de la CEDEAO doit aussi s’appuyer politiquement et militairement sur les forces du Nord hostiles aux islamistes (comme Ganda koy, Ganda ize, et les divers groupes arabes et touaregs non jihadistes). Certaines voix, comme celle de Ban-Ki-Moon, disent craindre des règlements de compte à base ethnique : c’est ignorer que tout en évitant  bien sûr tout règlement de comptes à base ethnique. Mais on peut avoir certaines garanties à ce sujet, dans la mesure où les forces nigériennes qui interviendront sur Gao comprennent à la fois des Songhay et des Touaregs, comme d’ailleurs les troupes maliennes du colonel Gamou (un officier touareg) qui sont campées au Niger (Gamou a réussi à échapper aux islamistes avec tout son matériel et ses troupes). Les uns et les autres seront accueillis en libérateurs d’Ansongho à Gao, toutes ethnies confondues[8].
3)      Comment convaincre de la nécessité d’une intervention l’Algérie, qui a les moyens militaires (en particulier aériens) d’une intervention efficace et rapide ? Ceci s’annonce hélas difficile, vu plusieurs facteurs : l’opacité des décideurs militaires du régime, les compromissions de certains pans de l’armée avec le narco-trafic dans la bande sahélo-saharienne, la stratégie consistant à laisser se développer un abcès de fixation terroriste à l’extérieur de ses frontières de peur de l’avoir à l’intérieur, l’appréhension que la « question touarègue » ne se développe en Algérie même, une éventuelle (et inquiétante) infiltration de l’armée par des islamistes, et enfin la méfiance envers toute intervention, même indirecte, des Occidentaux à ses frontières (méfiance largement avivée, non sans raisons, par la façon dont ces derniers ont géré la crise libyenne). L’Algérie reste hélas, pour ces diverses raisons, le principal avocat de la temporisation, et le principal frein à une intervention. Celle-ci ne peut donc attendre son accord ou sa participation.
4)      Enfin, et c’est peut-être le problème le plus redoutable, toute reconquête du Nord suppose qu’un pouvoir légitime émerge à Bamako, et que l’armée malienne participe à l’intervention. Or cette double condition est bien loin d’être réalisée. La tri-partition du pouvoir transitoire actuel (le président, le premier ministre et le chef de la junte) est catastrophique, comme l’est l’incompétence de chacun de ces pouvoirs : le Président Diancounda n’a ni capacité ni volonté de décision ; le premier ministre est entièrement occupé à des intrigues afin devenir un jour président ; la junte est concentrée sur son maintien au pouvoir et la préservation de ses avantages. Quant à l’armée, elle a perdu son matériel (abandonné intact aux islamistes lors de la déroute), la haute hiérarchie (près de 80 généraux !) est entièrement discréditée par sa corruption, la chaîne de commandement n’existe plus, et le moral des troupes est au plus bas, quelles que soient les rodomontades de la junte et de ses soutiens.
La seule solution est que l’intervention  se déroule en deux phases distinctes. Une première phase à partir de la situation actuelle, le plus tôt possible, où l’essentiel du travail sera fait par les troupes nigériennes et tchadiennes (avec les quelques troupes maliennes opérationnelles de la base de Sévaré et le bataillon de Gamou), qui permettra ensuite le passage à une seconde phase, où l’Etat malien renouvelé et l’armée malienne reconstituée joueront un rôle significatif. Entre les deux phases prendront place les élections maliennes.
En effet, une intervention militaire rapide de la CEDAO, pour peu qu’elle soit pilotée par les troupes nigériennes et tchadiennes, peut assez facilement et très vite reconquérir dans cette première phase les villes (Tombouctou, Goundam, Gourma Rharous, Bourem, Gao, Kidal, Ansongho, Ménaka, etc…) et y garantir la remise en route des institutions de l’Etat et des communes. Autrement dit cette première phase n’exige pas que l’armée malienne soit reconstruite (cette reconstruction demandera beaucoup plus de temps) : une présence mineure ou symbolique de celle-ci suffira. Certes, les jihadistes se replieront dans la brousse, le désert et les montagnes, et ce sera alors une entreprise beaucoup plus difficile et beaucoup plus longue que de les en déloger. Mais la libération des villes permettra d’organiser enfin des élections au Mali sur l’étendue du territoire national, et que soit enfin mis en place un pouvoir unique et légitime à Bamako[9]. C’est lui qui pourra alors piloter la deuxième phase de l’intervention, beaucoup plus longue, qui est la reconquête progressive des espaces de désert et de montagnes, et pour laquelle un concours actif de l’armée malienne sera alors indispensable. Cette deuxième phase ne devra pas seulement être consacrée à l’élimination des groupes armés jihadistes, mais aussi à l’éradication du narco-trafic, et à un plan de développement du Nord où la lutte contre la corruption devra être centrale. C’est une entreprise de longue haleine.
Dans une telle conjoncture, il est d’autant plus désolant que les pressions internationales ne soient pas plus déterminées, et que les tentations munichoises sont si présentes. C’est un abandon scandaleux des populations du Nord Mali livrées corps et bien aux jihadistes et aux terroristes. C’est aussi ne pas avoir pris la mesure de la gravité de la menace jihadiste pour le Sahel tout entier, et plus généralement pour le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest (et, au-delà, l’Europe elle-même). C’est un péril majeur, et le parallèle avec Munich n’est pas simplement rhétorique.
On peut penser que si Al Quaida avait établi une base en Corse ou à Hawaï, les réactions occidentales auraient été autrement plus vigoureuses et plus rapides.
Pourquoi Obama, Ban-Ki-Moon, ou Romano Prodi se sont-ils ralliés à la position algérienne et qatarie ?
En particulier, pourquoi la voix du Niger, qui est aux premières loges, n’est-elle pas plus écoutée ? Une grande partie du Nord Mali est géographiquement, économiquement, culturellement et linguistiquement beaucoup plus proche de Niamey que de Bamako[10]. Les dirigeants nigériens ont une excellente connaissance de la situation régionale, de la « question du Nord », de la « question touareg », du problème sécuritaire, et des enjeux de développement de la zone. Ce sont eux qui aujourd’hui ont de loin la vision la plus claire de la crise. Ils sont les plus lucides et les plus déterminés et souhaitent une intervention rapide pour rétablir l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali.
Pourquoi Obama, Ban-Ki-Moon, ou Romano Prodi ne les écoutent-ils donc pas ?
 
Niamey, le 3 décembre 2012
 
Jean-Pierre OLIVIER de SARDAN
Chercheur au LASDEL, Niamey, Niger (www.lasdel.net)
Directeur de recherche émérite au CNRS
Directeur d’études à l’EHESS

[1] Le terme de jihad est pris ici dans l’acception exclusive et restrictive de « guerre sainte » que lui ont donné les groupes extrémistes et terroristes, et non dans le sens plus large d’effort sur soi-même qu’il a pour la plupart des musulmans
[2] Etrangement désigné comme médiateur, alors qu’il ne connaissait strictement rien des très complexes problèmes de la région…
[3] Ils font aujourd’hui payer aux Occidentaux, et à la Syrie, le prix de ce marché de dupes
[4] Cet effet était pourtant non seulement prévisible, mais annoncé par de nombreux observateurs maliens ou nigériens. Mais il est vrai que leurs voix (notoirement compétentes) ne comptaient pas à côté de celle d’un Bernard Henri Lévy (notoirement incompétent).
[5] Ban-Ki-Moon a ainsi appelé, à propos de la crise actuelle, à « négocier avec les Touaregs », oubliant (scandaleusement, vu sa position) tous les autres groupes concernés (et le fait que ce ne sont plus des indépendantistes touaregs, qui mènent le jeu, mais des radicaux jihadistes de toutes origines ethniques !)
[6] Pour beaucoup d’observateurs maliens et nigériens, le fait que Iyad se désolidarise officiellement d’AQMI n’est pas significatif pour trois raisons : (a) Iyad est un habitué des volte-face purement verbales ; (c) AQMI a pour une part infiltré Ansar Eddine ; (c) Ansar Eddine voudra continuer son projet jihadiste même sans AQMI
[7] Ce qui est non seulement une grave erreur stratégique mais aussi une insulte pour les populations de Nord et le calvaire qu’elles vivent.
[8] Si on peut comprendre que les Américains soient échaudés par leurs catastrophiques équipées en Afghanistan et en Irak, où ils ont toujours été perçus comme des occupants, il faut comprendre qu’au Nord Mali ce sont les islamistes qui sont les occupants !
[9]Il est vrai en effet qu’il faut aller le plus vite possible à des élections, pour mettre fin à l’incompétence et à l’illégitimité des pouvoirs de transition actuels. Mais ces élections impliquent la reprise rapide des villes du Nord, afin que la grande majorité des populations du Nord puisse y participer  (les habitants restés dans les villes du Nord, et les réfugiés dans le Sud du Mali et les pays voisins). On voit là l’incohérence de la politique américaine qui voulait des élections (certes indispensables) en préalable à l’intervention. Seule la première phase de l’intervention peut permettre des élections
[10] C’est aussi au Niger qu’il y a le plus de réfugiés du Nord Mali, et que sont cantonnées les troupes maliennes du colonel Gamou prêtes à participer à l’intervention.

jeudi 6 décembre 2012

CURRICULUM VITAE DU CONTINENT AFRICAIN

(par Willy Delors ONGENDA)

NOM : Continent
PRENOM : Africain
...
AGE : Berceau de l'humanité.
SITUATION MATRIMONIALE : Célibataire avec plus d’un milliard d’enfants.
CONTACT : Au sud de l’Europe, à l’est de l’Amérique.

OBJECTIF : Mettre mes enfants et mes ressources à la disposition des autres pour contribuer à leurs développements.

DOMAINES DE COMPETENCE : Coups d’état, guerres, génocides.

ETUDES ET FORMATIONS :

- Hautes études à l’ESOCE (Ecole Supérieure Occidentale de Commerce d’Esclaves).
- Hautes études à l’AFRIQUE (L’Africaine de Formation pour la Réélection des Incompétents, Querelleurs, Usurpateurs et Egoïstes).

DIPLÔMES OBTENUS :

- Le MRTS (Médaille de Reconnaissance du Tirailleur Sénégalais).
- Le GPRTT (Génocide le Plus Rapide de Tous les Temps).
- Le CPRMPP (Continent le Plus Riche Mais le Plus Pauvre).
- Le CPTS (Continent le Plus Touché par le SIDA).
- Le CPDPP (Continent où les Présidents Durent le Plus au Pouvoir).
- Le PMDDP (Premier en Matière de Détournement de Deniers Publics).
- Le CPE (Continent le Plus Endetté).
- Le CN (Continent ''Noir'')

EXPERIENCES :

- Participation aux deux guerres mondiales.
- Mes coups d’état :
•1952 : Égypte, Mohammed Naguib renverse Farouk 1er
•1958 : Soudan, Ibrahim Abboud renverse Abdullah Khalil
•1963 : Congo, David Moussaka et Félix Mouzabakani renversent Fulbert Youlou
•1963 : Togo, Emmanuel Bodjollé renverse Sylvanus Olympio
•1965 : Algérie, Houari Boumédiène renverse Ahmed Ben Bella
•1965 : Zaïre, Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasa-Vubu
•1966 : Burkina Faso, Sangoulé Lamizana renverse Maurice Yaméogo
•1966 : Burundi, Michel Micombero renverse Ntare V
•1966 : Centrafrique, Jean Bédel Bokassa renverse David Dacko
•1966 : Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi renverse Nnamdi Azikiwe
•1966 : Ouganda, Milton Obote renverse Edward Mutesa
•1968 : Mali, Moussa Traoré renverse Modibo Keïta
•1969 : Libye, Mouammar Kadhafi renverse Idris 1er
•1969 : Soudan, Gaafar Nimeiry renverse Ismail al-Azhari
•1971 : Ouganda, Idi Amin Dada renverse Milton Obote
•1973 : Rwanda, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda
•1974 : Éthiopie, Aman Andom renverse Hailé Sélassié 1er
•1974 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Aman Andom
•1974 : Niger, Seyni Kountché renverse Hamani Diori
•1975 : République fédérale islamique des Comores, Saïd Mohamed Jaffar renverse Ahmed Abdallah
•1975 : Nigeria, Yakubu Gowon renverse Johnson Aguiyi-Ironsi
•1975 : Tchad, Noël Milarew Odingar renverse François Tombalbaye
•1976 : Burundi, Jean-Baptiste Bagaza renverse Michel Micombero
•1976 : République fédérale islamique des Comores, Ali Soilih renverse Saïd Mohamed Jaffar
•1977 : Congo, Joachim Yhombi-Opango renverse Marien Ngouabi
•1977 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Tafari Benti
•1978 : République fédérale islamique des Comores, Said Atthoumani renverse Ali Soilih
•1978 : Mauritanie, Mustafa Ould Salek renverse Moktar Ould Daddah
•1979 : Centrafrique, David Dacko renverse Bokassa 1er
•1979 : Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse Francisco Macías Nguema
•1979 : Tchad, Goukouni Oueddei renverse Félix Malloum
•1979 : Ouganda, Yusufu Lule renverse Idi Amin Dada
•1980 : Burkina Faso, Saye Zerbo renverse Sangoulé Lamizana
•1980 : Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira renverse Luis de Almeida Cabral
•1980 : Au Libéria, Samuel Doe renverse William Richard Tolbert
•1981 : Centrafrique, André Kolingba renverse David Dacko
•1982 : Burkina Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo renverse Saye Zerbo
•1982 : Tchad, Hissène Habré renverse Goukouni Oueddei
•1983 : Burkina Faso, Thomas Sankara renverse Jean-Baptiste Ouédraogo
•1983 : Nigeria, Muhammadu Buhari renverse Shehu Shagari
•1984 : Guinée, Lansana Conté renverse Louis Lansana Beavogui
•1984 : Mauritanie, Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla
•1985 : Ouganda, Basilio Olara Okello renverse Milton Obote
•1985 : Soudan, Swar al-Dahab renverse Gaafar Nimeiry
•1986 : Soudan, Ahmed al-Mirghani renverse Swar al-Dahab
•1987 : Burkina Faso, Blaise Compaoré renverse Thomas Sankara
•1987 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Jean-Baptiste Bagaza
•1987 : Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba
•1989 : Soudan, Omar el-Béchir renverse Ahmad al-Mirghani.
•1990 : Libéria, Prince Johnson renverse Samuel Doe
•1991 : Mali, Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré
•1992 : Algérie, le Haut conseil de securité renverse Chadli Bendjedid
•1995 : République fédérale islamique des Comores, Ayouba Combo renverse Said Mohamed Djohar
•1996 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Sylvestre Ntibantunganya
•1996 : Niger, Ibrahim Baré Maïnassara renverse Mahamane Ousmane
•1997 : Zaïre/République démocratique du Congo, Laurent Désiré Kabila renverse Mobutu Sese Seko et brade son propre pays qui s'engouffre au jour le jour pire qu'à l'époque de ce dernier.
•1999 : Union des Comores, Azali Assoumani renverse Tadjidine Ben Said Massounde
•1999 : Côte d'Ivoire, Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié
•1999 : Guinée-Bissau, Ansumane Mané renverse João Bernardo Vieira
•1999 : Niger, Daouda Malam Wanké renverse Ibrahim Baré Maïnassara
•2001: Le Zaïre/ RDC passe sous la coupe de "Joseph Kabila" qui s'évertue, en collaboration agissante avec certains fils égarés de ce pays à déconstruire tous les tissus économiques, politiques, culturels et sociologiques du pays en amorçant une politique inédite de dépeuplement en vue de sa balkanisation etc.
•2003 : Centrafrique, François Bozizé renverse Ange-Félix Patassé
•2003 : Guinée-Bissau, Verissimo Correia Seabra renverse Kumba Yala
•2005 : Mauritanie, Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya
•2008 : Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz renverse Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
•2008 : Guinée, Moussa Dadis Camara s'accapare du pouvoir à la mort de Lansana Conté
•2009 : Madagascar, Andry Rajoelina dénonce et renverse à une vitesse impressionnante le régime de Marc Ravalomanana
•2010 : Niger, Djibrilla Hamidou renverse Tandja Mamadou

AUTRES CONNAISSANCES : Analphabétisme, déscolarisation, chômage et appauvrissement.

LOISIRS : Troubles, faire beaucoup d’enfants, et famine.

"Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur".

LE 69ème CONSEIL DES MINISTRES DE LA CEDEAO S’ACHEVE SUR UN CONSTAT D’ENTIERE SATISFACTION


 
La 69ème session ordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO s’est achevée ce dimanche 2 décembre 2012 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur un constat d’entière satisfaction au regard de la qualité du travail effectué et de la pertinence des contributions enregistrées au cours de ces trois journées.
 
Le ministre de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, M. Ally Coulibaly, qui présidait la séance de clôture au nom de son collègue des Affaires étrangères Charles Koffi Diby, président en exercice du Conseil des ministres, a tiré un bilan entièrement satisfaisant de la rencontre, qui avait été ouverte par le Premier ministre et ministre de l’Economie et des Finances de Côte d’Ivoire, M. Daniel Kablan Duncan.
 
Entre autres points importants, le Conseil a entendu le rapport annuel 2012 du président de la Commission de la CEDEAO, M. Kadré Désiré Ouédraogo, qui a fait une situation complète de l’état de mise en œuvre du programme de travail de la Communauté au cours de la période sous revue et indiqué les perspectives pour l’année à venir.
 
Le thème retenu : «Stabilité politique et intégration en Afrique de l’Ouest», qui visait à attirer l’attention sur les entraves au processus de l’intégration économique ouest-africaine, a permis au président de donner des détails précis sur le programme de travail de la CEDEAO dans son ensemble et sur le fonctionnement des instances communautaires.
 
Puis, après avoir insisté sur les performances économiques de plusieurs pays de la sous-région qui ont eu pour effet de booster la croissance générale en Afrique de l’Ouest, qui ressortirait à 6,9% en 2012 contre 5,9% en 2011, M. Ouédraogo a évoqué l’état de mise en œuvre du programme de travail 2012 pour souligner que «des progrès ont été réalisés dans toutes les sphères des activités programmées, y compris la consolidation de la paix et de la sécurité régionales».
 
Le Conseil a également examiné le rapport intérimaire du contrôleur financier, qui porte sur la situation budgétaire et financière ainsi que sur celle des effectifs des institutions de la Communauté pour la période comprise entre le 1er janvier et le 30 juin 2012. Il y est rappelé que lors de sa 67ème session ordinaire, le Conseil des ministres avait approuvé au titre de l’année 2012 un budget total de 167 319 510 unités de compte au profit des institutions communautaires, soit une baisse de 8% par rapport à l’exercice précédent.
 
De nombreuses autres décisions importantes ont été prises au cours de ce 69ème Conseil ordinaire, parmi lesquelles l’augmentation de neuf à douze du nombre des commissaires de la Commission de la CEDEAO avec pour objectif affiché d’être au plus près des préoccupations des peuples. Cependant, il a été pris la décision de confier aux chefs d’Etat le soin de déterminer la nature des départements à créer.
 
Pour le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, le principe de cet élargissement est une opportunité visant à «faire de notre instrument d’intégration un outil opérationnel au service de nos populations pour la concrétisation de notre idéal commun de faire de la CEDEAO une organisation des peuples, en un mot une entité plus proche des réalités quotidiennes de nos populations».
 
Commentant les performances économiques de la sous-région, M. Ally Coulibaly s’est réjoui du niveau encourageant de la réalisation des programmes communautaires. «Nos efforts vers l’harmonisation de nos politiques sectorielles communes devront nous permettre d’accélérer la levée des entraves tarifaires et non tarifaires qui constituent encore de sérieux handicaps dans notre quête d’intégration», a-t-il dit.
 
Plus concrètement, «les mesures et stratégies proposées pour atteindre une convergence macroéconomique entre nos Etats dépendront de nos efforts en cours visant notamment la mise en place du Tarif extérieur commun et l’harmonisation de nos politiques budgétaires et fiscales», a ajouté M. Coulibaly, qui a ensuite énuméré les nombreux domaines sur lesquels le Conseil a pris des mesures.
 
Il s’agit, entre autres, des infrastructures régionales routières, ferroviaires et énergétiques dans les domaines économiques ainsi que de la mobilisation des ressources pour la réalisation des projets régionaux d’interconnexions entre les différents Etats membres de l’organisation sous-régionale.  
 
Le rapport de la 69ème session du Conseil des ministres de la CEDEAO, adopté à l’issue des travaux, contient des recommandations destinées aux chefs d’Etat et de gouvernement, qui prendront les décisions appropriées au cours de leur prochaine conférence.

Mon Pays!

Mon  Pays,
Mon pays n’est pas cette patrie aux miroirs brisés ;
Mon pays n’est pas cette nation aux cauris dévalués ;
Mon pays n’est pas cette vallée aux échos tendancieux ;
Mon pays n’est pas ce désert aux scorpions dangereux ;
 
Mon pays n’est pas cette avenue de soupçons ;
Mon pays n’est pas ce territoire en tronçons ;
Mon pays n’est pas cette tribune d’exclusion ;
Mon pays n’est pas cette macabre foire d’exposition ;
 
Mon pays n’est pas cette ville sans tambours ;
Mon pays n’est pas ce daka pillé en plein jour ;
Mon pays n’est pas cette jeunesse déchaînée ;
Mon pays n’est pas cette tribu exilée ;
 
Mon pays n’est pas cette chamelle égarée ;
Mon pays n’est pas ce patrimoine vandalisé ;
Mon pays n’est pas ce croyant sans pitié ;
Mon pays n’est pas cette jeune fille violée ;
 
Mon pays n’est pas ce mausolée détruit ;
Mon pays n’est pas cette plantation sans fruits ;
Mon pays n’est pas ce ganda en ruines ;
Mon pays n’est pas ce champ de mines ;
 
Mon pays n’est pas cette rizière de sang ;
Mon pays n’est pas cette dignité liée au rang ;
Mon pays n’est pas cette bourgoutière confisquée ;
Mon pays n’est pas cette République éclatée ;
 
Mon pays n’est pas cette population meurtrie ;
Mon pays n’est pas cette méfiance entre les ethnies ;
Mon pays n’est pas cette terre en deuil ;
Mon pays n’est pas cette bourse d’otages et de cercueils ;
 
Mon pays n’est pas ce triste office ;
Mon pays n’est pas ce laboratoire de milices ;
Mon pays n’est pas ce Mansa  qui tremble ;
Mon pays n’est pas cette adolescence qui s’effondre ;
 
Mon pays n’est pas cette armée qui s’égorge ;
Mon pays n’est pas cette main qui égorge ;
Mon pays n’est pas cet érudit qu’on égorge ;
Mon pays n’est pas ce partenaire opérant le couteau sur la gorge ;
 
Mon pays n’est pas cette administration aux abois ;
Mon pays n’est pas le parti de la mauvaise foi ;
Mon pays n’est pas cette lanterne d’un journaliste diviseur ;
Mon pays n’est pas la voix mensongère de cet obscur lecteur ;
 
Mon pays n’est pas cette jungle de vipères ;
Mon pays n’est pas cette rivière de malheurs ;
Mon pays n’est pas ce district de fractures ;
Mon pays n’est pas cette dune rose de factures ;
 
Mon pays n’est pas cette coordination qu’on accuse ;
Mon pays n’est pas ce manifeste de colère qu’on récuse ;
Mon pays n’est pas cette rue qui tue ;
Mon pays n’est pas cette haine raciale en crue ;
 
Mon pays n’est pas cet azalai sans chameliers ;
Mon pays n’est pas ce prolétariat de carnassiers ;
Mon pays n’est pas cette solidarité que l’on enterre ;
Mon pays n’est pas cette tendance à saborder l’honneur ;
 
Mon pays n’est pas ce couscous de vengeance ;
Mon pays n’est pas cette  Oumma sans conscience ;
Mon pays n’est pas cette oasis de sang où manque l’eau ;
Mon pays n’est pas ce  funeste nuage de corbeaux ;
 
Mon pays n’est pas cet embargo de la faim ;
Mon pays n’est pas cette combustion de saints ;
Mon pays n’est pas cet harmattan de tristesse ;
Mon pays n’est pas cette course d’opium et de vitesse ;
 
Mon pays n’est pas ce crime applaudi ;
Mon pays n’est pas  cette honte  subie ;
Mon pays n’est pas cette architecture somatique ;
Mon pays n’est pas ce sanctuaire fanatique ;
 
Mon pays n’est pas ce généreux peuple humilié ;
Mon pays n’est pas cette union nationale torpillée ;
Mon pays n’est pas cette écologie de la pourriture ;
Mon pays n’est pas ce comptoir d’injures ;
 
Mon pays n’est pas ce voile déchiré ;
Mon pays n’est pas ce but refusé ;
Mon pays n’est pas ce refrain de la mort ;
Mon pays n’est pas cet album de remords ;
 
Mon pays n’est pas cette communauté indexée ;
Mon pays n’est pas cette foi agressée ;
Mon pays n’est pas cette violence sans raison ;
Mon pays n’est pas ce refus obstiné du pardon ;
 
Mon pays n’est pas ce terroir de blancs brimés ;
Mon pays n’est pas ce kounda de noirs piétinés ;
Mon pays n’est pas cette Afrique en larmes ;
Mon pays n’est pas cette planète en armes ;
 
Mon pays est l’indivisible Mali ;
Mon pays est l’énigmatique tapis ;
Mon pays est  le chant d’espérance ;
Mon pays est le Ngoni de la tolérance.
 
 Zeidan  AG SIDALAMINE