lundi 11 février 2013

Mali : histoire secrète d'une guerre surprise

Mali : histoire secrète d'une guerre surprise

Que s'est-il donc passé entre ce 13 novembre où le président assurait qu'"en aucun cas" la France n'interviendrait au Mali et le 11 janvier où il déclenchait l'opération Serval ? Les informations recueillies par Sarah Halifa-Legrand et moi-même auprès des responsables politiques et militaires dessinent un scénario assez différent de la version officielle (article publié dans le "Nouvel Observateur" du 7 février).

Le Nouvel Observateur- C'est un document historique, qui n'a pas encore été rendu public : le texte qui " légalise " la guerre française au Mali. " Le Nouvel Observateur " a pu le consulter. Il s'agit d'une lettre du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, à François Hollande. Elle a été écrite le mercredi 9 janvier et communiquée le lendemain à l'Elysée par un télégramme de l'ambassade de France à Bamako. Dans cette missive si importante, le chef de l'Etat malien - ou de ce qu'il reste de cet Etat - appelle l'Elysée à l'aide. Mais sa requête est étrangement formulée.

" Suite aux développements récents constatés sur le terrain et à la menace qui se précise contre nos premières lignes de défense, écrit Dioncounda Traoré à François Hollande, une intervention aérienne immédiate s'impose. Celle-ci consistera à fournir un appui renseignement et un appui feu au profit de nos troupes. " Autrement dit, le président malien demande à la France de dépêcher sur-le-champ des avions et des hélicoptères afin de faciliter une contre-attaque de l'armée régulière malienne contre les forces qui menacent de prendre" la ville de Mopti ". Dans cette lettre censée fournir un cadre légal à l'opération Serval, il ne sollicite pas le déploiement de soldats français au sol.
L'affaire est d'autant plus étrange que c'est Paris qui est à l'origine de ce document. Ce même mercredi 9 janvier, le président Traoré a, en effet, écrit un premier courrier à François Hollande, qui l'a reçu au moment du conseil des ministres. Mais cette missive initiale, qui sollicite une " intervention militaire ", a été jugée " trop imprécise "par l'Elysée, qui en a demandé une autre, plus détaillée. La réécriture a pris du temps - faute de rédacteur. " Pendant plusieurs heures, nous avions perdu la trace de Traoré, nous n'arrivions pas à le contacter, nous ignorions même s'il était toujours en vie ",explique-t-on dans l'entourage de François Hollande. Les raisons de cette disparition demeurent mystérieuses. Quand il est réapparu, le président malien a signé la seconde lettre sollicitée par Paris, qui appelle donc seulement à une intervention aérienne.
Il n'en a pas signé une troisième demandant des forces au sol, ce qui aurait " légalisé " de façon indiscutable l'ensemble de l'opération Serval. Pourquoi ? Probablement parce qu'au tout début de l'intervention française au Mali Paris ne pensait pas en avoir besoin. " Le premier jour, nous ne prévoyions pas d'aller reprendre nous-mêmes Gao et Tombouctou, confie un haut responsable français. Nous n'avons décidé l'envoi massif de troupes au sol et leur montée vers le nord que le lendemain, le samedi 12, quand il est devenu évident que l'armée régulière malienne s'était volatilisée et que les djihadistes savaient éviter nos frappes aériennes. " A ce moment-là, le Conseil de Sécurité des Nations unies avait déjà fait connaître son " nihil obstat " à une intervention antiterroriste française au Mali, et le président Traoré avait déjà remercié Paris pour son action. Il devenait alors inutilement risqué d'exiger de ce chef d'Etat par intérim, si fragile politiquement, qu'il demande - noir sur blanc - le déploiement de milliers de soldats français sur son territoire.
Mystères d'une guerre... Alors que la première phase de l'opération Serval s'achève, " le Nouvel Observateur " a cherché à comprendre comment François Hollande a été conduit à l'entreprendre, pourquoi il a décidé de faire intervenir l'armée française seule et sans mandat explicite du Conseil de Sécurité des Nations unies, alors qu'il s'était plusieurs fois engagé à ne pas agir de la sorte. Au fil de témoignages " off the record ", des responsables français ont raconté les véritables origines de cette guerre inattendue.

Le compte à rebours commence dès le 15 mai, jour de l'investiture de François Hollande. Lors de son tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy, il est beaucoup question du Sahel et des sept otages français qui y sont retenus. Les deux hommes parlent plus précisément du Mali, dont le Nord est occupé depuis quelques semaines par trois groupes djihadistes. Déjà, le 2 mai, au cours de leur débat télévisé, ils avaient évoqué le sujet publiquement. Que faire pour Bamako ? leur avait-on demandé. " La France, ancien pays colonial, ne peut intervenir directement ", avait répondu le président sortant. François Hollande s'était montré moins catégorique. S'il était élu, il comptait " oeuvrer à la stabilisation de cette partie du monde qui pourrait risquer de devenir un foyer de terrorisme ". Comment ? Pour en décider, il attendait d'avoir " toutes les informations " nécessaires.

" Quand l'équipe sortante nous a transmis les dossiers, le Mali était sur le haut de la pile,raconte-t-on au ministère de la Défense.Les conseillers du ministre sortant, Gérard Longuet, nous ont dit : "Les Français ne le savent pas, mais les risques d'attentats en provenance de cette région sont très élevés." Ils ont assuré que, depuis 2009, trois attentats sur le sol français et cinq infiltrations avaient été déjoués par les services de notre pays. " " En fait, précise-t-on à l'Elysée, les menaces d'attentats concernaient l'Europe, pas forcément la France spécifiquement. " Quoi qu'il en soit, François Hollande et Jean-Yves Le Drian, son ami de trente ans devenu ministre de la Défense, décident de prendre le dossier Mali à bras-le-corps.
" Nous considérions que nos prédécesseurs l'avaient négligé, dit-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Ils avaient adopté une stratégie à l'algérienne, qui consistait à essayer de diviser les groupes terroristes. "Selon la nouvelle équipe, cette méthode " indirecte " avait échoué : elle n'avait pas réussi à enrayer l'implantation des djihadistes dans le nord du Mali ni leur expansion dans toute la région. " La situation devenait d'autant plus grave, ajoute un responsable français, que nous voyions bien que des armes et des hommes venant de Libye arrivaient en nombre au Mali et dans la région, rejoints par quelques jeunes Français attirés par le djihad. " " Nous avons immédiatement décidé d'adopter une nouvelle stratégie, plus directe, indique la même source. Et dès le début, nous avons considéré qu'une intervention militaire serait nécessaire. " Le 31 mai, soit deux semaines après l'investiture de François Hollande, un plan est approuvé en conseil restreint. Il consiste à la fois à tenter de mobiliser la communauté internationale sur la crise du Mali et à préparer une action armée, menée si possible par les Africains eux-mêmes.
L'affaire traîne. Malgré leurs multiples déplacements à l'étranger, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et son homologue de la Défense peinent à convaincre. " Nous avons eu beaucoup de mal, pendant les premiers mois, à intéresser nos partenaires. Les Etats-Unis, en particulier, ne considéraient pas ces groupes terroristes au Sahel comme une menace pour leur propre sécurité ", explique-t-on au Quai-d'Orsay. Après la destruction très médiatisée de sept mausolées à Tombouctou, le représentant français à l'ONU, Gérard Araud, réussit tout de même, le 7 juillet, à faire adopter une première résolution coercitive sur le Mali. Mais le texte négocié est très prudent : le Conseil de Sécurité se déclare prêt à autoriser le déploiement d'une force africaine de stabilisation au Mali. Avant cela, il attend un plan d'intervention crédible et surtout... une demande des autorités de Bamako.
Car le capitaine Sanogo, l'homme fort du Mali depuis un putsch en mars, ne veut pas de troupes étrangères dans son pays : elles pourraient remettre en question son pouvoir. Le président par intérim, Dioncounda Traoré, que la communauté internationale a réussi à lui imposer, y est, lui, favorable. Mais, pour le faire taire, le capitaine a ordonné à ses sbires de le tabasser et de le désigner, lui Sanogo, président " de transition ". Si bien que, depuis fin mai, Traoré soigne ses blessures en France. Il ne peut donc donner son feu vert.

A peine est-il remis sur pied que Paris le renvoie à Bamako, fin juillet. Après moult palabres et bras de fer avec Sanogo, il finit par prendre le dessus. Il écrit au Conseil de Sécurité pour demander une intervention armée internationale au Mali. Fortement inspirée par la France, la lettre arrive, comme par miracle, le 26 septembre, au moment même où se tient la réunion exceptionnelle de l'ONU sur le Sahel demandée par François Hollande. Dans la foulée, une nouvelle résolution est adoptée, le 12 octobre. Elle prévoit, à terme, le déploiement au Mali d'une force africaine dirigée par la Cedeao (la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) : la Misma. Mais, là encore, le texte ne satisfait personne.
Paris peste : cette résolution de compromis appelle Bamako à négocier avec les groupes rebelles qui accepteraient de rompre avec Al- Qaida. " Nous étions convaincus que ces discussions menées par Alger et Ouagadougou avec Ansar Dine servaient aux terroristes à gagner du temps. La suite a prouvé que nous avions raison ",dit un officiel français. Washington tonne. " La représentante américaine à l'ONU, Susan Rice, ne cessait de hurler contre cette force africaine, elle n'y croyait pas, raconte un officiel français. Elle a tout fait pour ralentir sa création. "


Susan Rice n'est pas la seule à être inquiète." Après le vote de la résolution, François Hollande a reçu des coups de téléphone de plusieurs de ses homologues africains, raconte-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Ils lui disaient que cette Misma, faite de bric et de broc, serait trop faible, trop mal équipée, qu'elle ne réussirait pas à reconquérir le Nord sans un appui aérien de l'armée française. Convaincu, le président a demandé à l'état-major de planifier un tel soutien. " Fin octobre, la France change donc en secret de stratégie.
Jean-Yves Le Drian est ravi, lui qui milite depuis plusieurs semaines pour une action musclée de la France. Début novembre, le ministre de la Défense ordonne aux services de renseignement d'établir des " dossiers de cibles " au Mali. Les satellites espions et les forces spéciales dépêchées secrètement sur le terrain repèrent les centres de commandement, les dépôts de carburant et de munitions des groupes terroristes. L'état-major, lui, prépare le plan opérationnel. Si bien que, lorsque le président de la République déclare, le 13 novembre, au cours de sa première conférence de presse à l'Elysée, qu'" en aucun cas, la France n'interviendra elle-même au Mali ", il ne dit pas la vérité : les militaires - sur son ordre - planifient bel et bien une intervention aérienne. " Nous avons préféré ne pas rendre publics ces préparatifs, explique un responsablefrançais. Nous ne voulions pas mettre en danger la vie des otages. Et puis François Hollande venait de prononcer son discours de Dakar, dans lequel il annonçait la fin de la Françafrique... De toute façon, aucune décision définitive formelle n'a été prise en conseil restreint sur cet appui aérien français à la Misma. " Cependant, " celui-ci était acquis ", ajoute cet officiel.
Fin octobre, alors que 2 000 soldats sont en train de rentrer d'Afghanistan, François Hollande demande la planification d'un second schéma d'intervention de l'armée française - seule, cette fois. Et avec des troupes au sol. " Le président a dit : "Et si les djihadistes décident d'agir ensemble avant l'arrivée de la Misma, justement pour empêcher son déploiement, que ferons-nous ?", raconte un responsable français. Un tel scénario nous paraissait peu probable puisque les trois groupes terroristes ne se parlaient plus depuis plusieurs mois. " Le risque paraissait d'autant moins immédiat que l'un de ces groupes, Ansar Dine, venait d'accepter - ou faisait semblant - de négocier avec le pouvoir malien. " En fait, dans la phase qui précédait le déploiement de la Misma, nous redoutions surtout des attentats contre les intérêts français en Afrique ou des prises d'otages à Bamako ou ailleurs, poursuit l'officiel français. Néanmoins, à la demande du président, nous avons planifié une riposte française, aérienne et terrestre, à une éventuelle descente des djihadistes vers le sud. " Cette planification, dont les plus hautes autorités de l'Etat nient sur le moment l'existence, servira de base à l'opération Serval.
Le scénario improbable devient réalité fin décembre. Le 20, le Conseil de Sécurité vote une troisième résolution, qui prévoit, enfin, le déploiement effectif de la Misma au Mali. " Tout de suite après, les écoutes montrent qu Ansar Dine, le Mujao et Aqmi communiquent de nouveau. Ils préparent un mauvais coup, dit un officiel français. Dans le même temps, nos interlocuteurs africains commencent à nous décrire des regroupements de pick-up. Des chefs d'Etat de la région en parlent à François Hollande. "Pour en avoir le coeur net, les services de renseignement français demandent à leurs homologues britanniques et américains s'ils ont repéré la même chose. Leur réponse est positive.

Le dimanche 6 janvier, l'offensive des djihadistes vers le sud est imminente.L'état-major dépêche des avions espions Atlantic 2 et des forces spéciales au Nord, à Sévaré, pour suivre leurs mouvements. Les Français constatent qu'à l'évidence les groupes ont décidé d'agir. " Ils étaient convaincus que nous les laisserions faire, que nous n'interviendrions pas, dit-on dans l'entourage de François Hollande. Ils avaient constaté que, quelques jours auparavant, en Centrafrique, nous n'avions pas répondu à l'appel du président Bozizé qui nous demandait de venir le défendre contre des rebelles. Nous avions dépêché des forces uniquement pour protéger nos ressortissants, pas pour sauver son régime. " Les djihadistes croient la voie ouverte. Ils commencent leur avancée.
François Hollande décide d'intervenir le 10 janvier, après que les trois groupes, organisés non en une grande colonne comme on l'a dit mais en de multiples groupes d'une vingtaine de pick-up répartis sur 200 kilomètres, ont chassé l'armée régulière de la ville de Konna et franchi la frontière symbolique entre le nord et le sud du Mali. Les djihadistes veulent-ils descendre jusqu'à Bamako, situé à 650 kilomètres de là, et s'emparer de la capitale, comme l'affirmeront les officiels français ? Pas sûr. " Par les écoutes, nous savions qu'ils voulaient prendre Sévaré, une ville très importante, notamment à cause de son aéroport, dit un officiel. Mais nous n'avions pas d'éléments probants concernant Bamako. " " En fait, même si nous ne pouvions l'exclure totalement, raconte unautre, nous ne croyions pas qu'ils voulaient s'enfoncer dans le Sud, en terres bambaras totalement hostiles. En fait, nous ne pensions pas qu'ils voulaient prendre eux-mêmes le pouvoir sur l'ensemble du pays, mais plutôt par procuration. "
Les 8, 9 et 10 janvier, en effet, les services de renseignement relèvent un fait troublant : les groupes terroristes, et particulièrement Ansar Dine, sont en contact permanent avec les leaders des manifestants qui, à Bamako, exigent, depuis quelques jours, le départ du président Traoré. " Notre analyse, dit unofficiel, était que les djihadistes et les manifestants, contrôlés en fait par le capitaine Sanogo, s'étaient mis d'accord pour mener une action conjointe : les premiers prenaient Sévaré tandis que les seconds dénonçaient l'incapacité du pouvoir en place à empêcher la chute d'une ville si importante. "Résultat : le président par intérim, Dioncounda Traoré, chutait " dans les quarante-huit heures ", et un nouveau pouvoir s'installait à Bamako. De mèche avec les terroristes, les putschistes n'auraient pas autorisé le déploiement de la Misma et encore moins une intervention militaire française. Toute la stratégie de Paris s'effondrait. Et le Mali devenait, de fait, un sanctuaire pour les djihadistes.
Vincent Jauvert avec Sarah Halifa-Legrand

POLÉMIQUE. Calixthe Beyala, Paul Biya, le Mali et les thuriféraires du néo-colonialisme



Calixthe Beyala
Calixthe Beyala
Les anti-colonialistes autoproclamés, plutôt laudateurs de ce qu’ils font semblant de pourfendre, et autres spécialistes du « choquage » voire des indignations sélectives et aigris, sont de sortis. La plume acérée, les cris d’orfraie qui vont avec, s’habillent d’oripeaux élogieux pour critiquer et dénoncer ceux qui, in fine, leur donnent une existence épistolaire. Comment en serait-il autrement ? Pour attirer l’attention sur soi, des inconnus au bataillon invectivent l’écrivaine à succès Calixthe Beyala. Certains se sont encore une fois illustrés négativement, en tentant de la brocarder ici ou là, mais, avec des arrière-pensées mâtinées de jalousie, de haine viscérale et même de tribalisme, en ce qui concerne ses compatriotes camerounais. Ambiance.
De la visite de Paul Biya en France.
Diantre. Se laisser dominer par la haine obscurci bien la pensée critique. Il est préférable de mieux connaître une personne avant de la juger. De quoi s’agit-il ? En effet, le président camerounais Paul Biya était en visite récemment en France. Il a pour ce fait reçu un certain nombre de ses compatriotes, de nombreuses personnalités connues sur la place parisienne, dont Calixthe Beyala, entre autres. Et là, c’est l’hallali. Toutes les critiques se focalisant sur sa personne. Une cristallisation hypocrite et malsaine qui laissent pantois, surtout que certains s’y appuient pour dénoncer sa supposée inconséquence en matière d’anti-colonialisme. Comme si, le président camerounais était un colon qui, d’une main, tient une bible, et de l’autre, un fusil. Calixthe Beyala n’a jamais sollicité un quelconque maroquin, en France comme au Cameroun, mais uniquement la Francophonie où, seule la cooptation prévaut.
Tout d’abord, faire une confusion crasse sur un sujet aussi élémentaire entre l’anti-colonialisme et un chef d’état africain est risible. Calixthe Beyala est anti-interventionniste et surtout anti-guerre. Qu’est-ce à dire ? Simplement que ce sont les Africains qui doivent prendre leur destin en main et non l’inverse. Ce qui diffère de ceux qui, outrageusement, font des correspondances à François Hollande ou Barack Obama, pour dénoncer leur propre…pays et solliciter la démocratie à la kalachnikov. Quelle ironie ! Ce fut le cas dans sa position sur la crise ivoirienne. D’ailleurs, en tout bien tout honneur -c’est une boutade-, les zélateurs du nouveau pouvoir ivoirien accusent, crient et se posent la question de savoir pourquoi Calixthe Beyala s’est rendue à l’invitation du président camerounais. C’est l’hôpital qui se fout de la charité quand on sait que ces hommes et ces femmes, qui se pavanent dans certains salons feutrés, à Abidjan ou ailleurs, sollicitent nuitamment et en sourdine, des audiences avec…Paul Biya. Cherchez l’erreur !
De la guerre au Mali
Quand l’éjaculation intellectuelle rencontre la paresse intellectuelle, ça déménage. Il suffit, pour commencer, de voir comment l’orthographe de Calixthe est trituré. Les miasmes d’une prose morbide et mortifère trouvent alors, dans leur vide sidéral, l’acrimonie. A l’heure de l’Internet, oser dire, pince sans rire, dans un billet au vitriol et sortit de derrière les fagots, que, la célèbre écrivaine dont l’oeuvre immense est étudiée dans les universités américaines ne s’est pas opposée à l’intervention de la France au Mali, c’est une exhalaison. L’usine à gaz des détracteurs de Calixthe Beyala, sorte de bâtardise qui fait sortir de leur anonymat certains esprits chagrins, ne s’arrêtent que sur le Net et sur certains supports où, on peut se défouler en se croyant important. Fichtre.
Le baromètre de la popularité aujourd’hui se mesure, pas sur les médias mainstream, mais sur les réseaux sociaux. Il suffisait de se rendre sur la page Facebook de l’écrivaine (plus de 5000 amis (compte plein) et plus de 11  000 abonnés à ses mises à jour et plus de 50 000  visites journalières) pour comprendre que Calixthe Beyala a bel et bien dénoncé l’intervention française au Mali, avec la foi et la verve qu’on lui connaît transposée en écriture, sans toutefois apporter un quelconque soutien aux islamo-salafo terroristes. Or, sans expertise, avec un suivisme moutonnier qui est la spécialité de certains qui ne comprennent pas les enjeux réels de cette intervention française au Mali, s’appuyant sur la guerre contre le terrorisme, on ne peut que sourire. Quel amateurisme !
Pour finir, contrairement à ces clowns, qui, par couardise, lancent des cris d’orfraie et jouent les vierges effarouchées devant leurs maîtres à penser, Calixthe Beyala ne fait pas partie de ces Africains-là, cupides et inconsistants. Ils aimeraient arriver dans leur pays meurtri, victime d’une pluie de Tomahawk, debout sur un tank Abraham ou dans le cockpit d’un avion Rafale, pour accéder au pouvoir, habillés de cuirasses occidentales. Quelle faiblesse ! Et bien sûr, dans cette divagation, certains viendront parler d’autre chose, alors que le sujet est le Mali, Calixthe Beyala, Paul Biya et l’anti-colonialisme…

PHOTOS ET E-MAILS. La famille Bush victime de hackers professionnels



Des hackers professionnels ont enfreint la loi, et se sont introduits par effraction dans les comptes e-mails de toute la famille Bush, du grand-père, aux fils, en passant par celui des enfants et petits-enfants, exposant photos et renseignements personnels. L’aisance avec laquelle ce hacking s’est passé est assez étonnant pour que les services secrets américains s’en mêlent…
Les Services secrets se sont emparés de l’affaire et mènent une enquête, surtout que des informations sensibles et plusieurs correspondances tirées des e-mails entre les membres de la famille Bush, y compris les anciens présidents américains, ont été exposés par les pirates.
Les photos et les e-mails, qui dataient de 2009 à 2012, ont été marqués avec un filigrane codé «Guccifer » et transféré jeudi sur un compte en ligne du site The Smoking Gun (Galerie en dessous). Le terme «Guccifer » qui barre les photos semble être un pseudonyme de la personne qui est responsable ce hacking haut en couleurs. On peut remarquer sur les photos, hormis les membres de la famille Bush, mais aussi le couturier Ralph Lauren ou encore l’ancien président Bill Clinton…
Selon la chaîne CNN, l’un des e-mails piratés serait un message personnel du président Barack Obama à George Herbert Walker Bush, père de l’autre, au moment de sa maladie en décembre dernier. Ce message aurait été transmis par  transmise par Valerie Jarrett,  conseillère à la Maison Blanche. Le président Obama aurait écrit: « Michelle et moi n’avons pas voulu vous déranger pendant votre convalescence mais, s’il vous plaît, sachez que nous pensons très fort  à vous et à toute votre famille. »

Guerre au Mali (Attentat de Gao) : Merci Nicolas Sarkozy du chaos au sahel !

moto
Nous y sommes, enfin. Ils ont voulu instaurer le chaos en Afrique, tout particulièrement au sahel, pour mieux piller les innombrables ressources naturelles de cette zone transfrontalière. Un kamikaze malheureux, s’est fait exploser aujourd’hui à Gao (nord-est du Mali) et est mort sur le coup près de soldats maliens dont l’un a été légèrement blessé. Le clown s’en est allé, sans réussir son coup, d’ou le terme « malheureux » utilisé plus haut.
Comme si ça ne suffisait pas, le kamikaze serait un… Tamashek (Touareg). Ceci ne va pas arranger la situation sur le terrain et, la suspicion qui existe déjà grandira de façon exponentielle et le Mali s’enfoncera dans une crise encore plus profonde. Le clown, qui était sur une moto (photo) se serait approché de soldats en faction et, au moment où ces derniers voulaient le contrôler, il a fait exploser sa ceinture. Mal lui en a pris, devrais-je dire, manque de pot, il est mort tout seul…Heureusement.
Soupçonné de faire partie du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), ce groupe salafo-terroriste qui a revendiqué la pose de mines (4 civils tués), il faut avouer qu’il y aura de gros risque pour la population civile, désarmée. Le Mujao avait déjà annoncé qu’il attaquera des convois militaires ( 2 réussites à ce jour) et utilisera des kamikazes pour commettre des attentats suicides.
Merci qui ? Nicolas Sarkozy !

GUERRE AU MALI. Gao: Les salafo-islamo-terroristes respectent le cahier des charges



drapeau-maliUne horde de barbares à qui ont inculqué la bile et le dégoût poussés à l’extrême de l’Occident, dans des officines inavouées de cet Occident, ensuite, facilement, ils deviennent des exécutants chargés de basses œuvres, des idiots utiles de…l’Occident à qui on enseigne la haine viscérale de cet Occident-là. Occident, Occident, Occident ? Oui. Malheureusement, ces derniers ne savent pas les « qui » organisent cette haine de leur propre continent ou pays. C’est voulu, pensé, étudié, pour alimenter la flamme. La France annonce le départ de ses troupes pour mars et vlan, attentats suicides à Gao et combats dans la ville entre soldats maliens et salafo-islamo-terroristes 
Ce n’est pas anodin et ceci participe même du fait du renforcement de l’Occident, qui s’est toujours appuyé sur des traîtres et des condottieres pour sévir. Le cas libyen en est la matérialisation. Aujourd’hui, on a vu leur équipée sauvage au Mali. Le coup était savamment préparé et pensé. Rien, ici, n’est fait au hasard. C’est en Afrique et chez les Africains que l’improvisation fait force de loi. Pensez-vous un seul instant que 5000 hommes armés pouvaient tenir en joue une population estimée à 15 millions d’habitants ? Pensez-vous vraiment qu’il était possible que ces derniers puissent, par un coup de baguette magique, prendre le Mali tout entier ? Je ne le pense pas.
Le spectre d’une arrivée massive à Bamako de ces gens est de l’ordre de l’esbroufe, c’est une falsification, un faux grossier. De leur inculture est née leur défaite. Le cahier des charges n’ayant pas été respecté, le chevalier blanc, le geyser de désert, sur son cheval d’acier est arrivé. Comment en serait-il autrement face à une mystification qui ne dit pas son nom ? Détruire les mausolées des saints de l’islam soufi, cet islam tolérant ayant épousé les us et coutumes africaines et la tentative de destruction de la bibliothèque de Tombouctou, fut l’ultime syncrétisme d’une bouillabaisse mal ficelée.
La France annonce le départ de ses troupes pour le mois de mars et vlan, attentats suicides à Gao et combats dans la ville entre soldats maliens et salafo-islamo-terroristes. Un commando d’islamistes a affronté ce dimanche 10 février des soldats maliens dans le centre de Gao. Les échanges de tirs entre soldats et islamistes ont éclaté au cœur même de la ville faisant de nombreux tués côté djihadistes selon l’armée malienne, près du commissariat central. Dans la foulée, le Mujao (mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) a revendiqué cette attaque :
 « les fidèles de Dieu ont attaqué avec succès aujourd’hui l’armée malienne, qui a laissé venir les ennemis de l’islam à Gao. Les moujahidines sont dans la ville de Gao et y resteront ».  
Et là, sans surprise, le tour est joué. In fine, papa « Mali » Hollande aura alors un autre discours, celui de ne pas abandonner les Maliens. Les soldats français resteront donc sur place, et le Mali sera encore coincé, incapable de dire NON. Qui a dit que ce n’était pas une re-colonisation ? Les idiots utiles de l’Occident ont encore frappé…

MALI: Lettre-pét​ition initiée par Elmehdi Ag Muphtah

Lettre adressée au Président de la République, aux membres du Gouvernement, aux Députés de l’Assemblée Nationale de la République du Mali, aux organisations et institutions régionales et internationales, et aux pays frères et amis

« Nous, Touareg Maliens »

Excellence, Monsieur le Président,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres, membres du Gouvernement,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Responsables des organisations et institutions internationales,
Mesdames et Messieurs les Responsables de l’ONU, de l’Union Africaine, de la CEDEAO, de l’Union Européenne et du Parlement Européen,
Pays frères et amis,

Nous, Touareg Maliens, vieux et jeunes, fonctionnaires et non fonctionnaires, nomades et sédentaires, réfugiés et non réfugiés, souhaitons par la présente nous exprimer légalement, pacifiquement et démocratiquement afin de nous démarquer clairement et fortement du Mouvement National de Libération de l’Azawad qui parle et revendique injustement et sans aucun mandat au nom de tous les Touareg du Mali et ce depuis janvier 2012.

Nous, Touareg Maliens, vieux et jeunes, fonctionnaires et non fonctionnaires, nomades et sédentaires, réfugiés et non réfugiés, estimons que nous n’avons pas à prouver notre patriotisme et notre attachement indéfectible à notre pays, le Mali, à ses institutions et à ses valeurs, mais qu’il est de notre devoir de nous dissocier officiellement et publiquement d’un mouvement armé qui a utilisé et utilise encore des moyens violents pour s'exprimer en notre nom, en celui de notre peuple, sans jamais avoir consulté au préalable ses populations, ses leaders traditionnels, ses responsables politiques et religieux.

Nous, Touareg Maliens, vieux et jeunes, fonctionnaires et non fonctionnaires, nomades et sédentaires, réfugiés et non réfugiés, rejetons donc toute revendication exprimée au nom des Touareg du Mali et de surcroit par des méthodes violentes, anti-démocratiques, et illégales.

Nous, Touareg Maliens, vieux et jeunes, fonctionnaires et non fonctionnaires, nomades et sédentaires, réfugiés et non réfugiés, rejetons toute revendication d’indépendance et d’autonomie exprimée et portée en notre nom par le MNLA. Nous avons été, nous sommes, et nous demeurerons des maliens à part entière.

Nous, Touareg Maliens, vieux et jeunes, fonctionnaires et non fonctionnaires, nomades et sédentaires, réfugiés et non réfugiés, rappelons que nous sommes un peuple pacifique qui n'a qu'une seule aspiration : celle de la paix, de la cohésion sociale, du respect des religions et des libertés, et du développement économique et social dans les régions du nord du Mali et pour toutes les ethnies qui y vivent et y cohabitent pacifiquement et fraternellement depuis des millénaires.

Nous, Touareg Maliens, vieux et jeunes, fonctionnaires et non fonctionnaires, nomades et sédentaires, réfugiés et non réfugiés, lançons un appel à tous les patriotes sincères, afin qu'ils s'impliquent pour sauver le Mali, la terre de nos ancêtres nomades et sédentaires.

Nous, Touareg Maliens, vieux et jeunes, fonctionnaires et non fonctionnaires, nomades et sédentaires, réfugiés et non réfugiés, demandons aux partis politiques de mettre l'intérêt supérieur de la nation au dessus des querelles politiciennes et d'œuvrer à l'édification d'un Mali pluriel, uni et solidaire.

Nous, Touareg Maliens, vieux et jeunes, fonctionnaires et non fonctionnaires, nomades et sédentaires, réfugiés et non réfugiés, rappelons a notre armée nationale qu'il est de son devoir de répondre à l'esprit du 26 Mars, c'est-à-dire être une armée républicaine, une armée assurant la vie et les biens de toutes et de tous aussi bien au Nord qu'au Sud.

Compte tenu de ces faits, il est temps que tout le monde comprenne que le MNLA ne représente ni officiellement, ni politiquement, et en aucun cas, la très grande majorité des Touareg du Mali qui restent profondément pacifiques et attachés à la République du Mali et à ses institutions.

Par conséquent: nous souhaitons par la présente :

⇒ Demander au gouvernement, aux organisations et institutions internationales, aux pays amis et frères, de considérer que le MNLA ne représente pas les Touareg du Mali.

⇒ Rappeler que nous avons toujours cohabité pacifiquement et fraternellement avec l’ensemble des populations du nord du Mali ainsi que celles du sud du Mali et qu’il n’existe en aucun cas un rejet de part ou d’une autre.

⇒ Nous élever contre tout amalgame et tout acte de violence et de vandalisme contre les populations civiles innocentes.

⇒ Affirmer notre foi en la justice de ce pays, exiger que toute la vérité soit faite et publiquement connue sur les actes de violence et de vandalisme commis contre les populations innocentes, et faire savoir notre désir de voir les coupables renvoyés devant le tribunal correctionnel pour y être jugés.

⇒ Enfin et surtout, nous voulons affirmer notre soutien et notre solidarité à tous les citoyens victimes d’amalgames, de violence et de vandalisme depuis janvier 2012 et réitérer notre confiance en nos élus qui, nous l’espérons, sauront prendre d’urgence les mesures nécessaires face à cette situation.

Vive le Mali un et indivisible!

LISTE DES SIGNATAIRES DE LA LETTRE

1. Elmehdi Ag Muphtah, Philadelphie, USA
2. Aboubacrine Assadeck Ag Hamahady, Bamako, Mali 3. Hamza Ag Hamid, Bamako, Mali
4. Fati Walet Mohamedoun, Bamako, Mali
5. Fatimata Walet Bayes, Paris-Menaka-Bamako, France-Mali
6. Hamada Ag Ousmane, Ansongo, Mali
7. Ehya Ag Abdoulaye, Bronx, New York

vendredi 8 février 2013

Guerre au Mali : Les idiots utiles, Aqmi, Nicolas Sarkozy et François Hollande



stop-arnaqueLors d’une opération aéro-terrestre de ses forces spéciales, l’armée française a pris ce vendredi de Tessalit, l’un des derniers bastions des groupes islamistes dans le nord-est du Mali, a indiqué l’état-major des armées. Ah, Tessalit ! le fameux Tessalit, le rêvé Tessalit, objet de tous les fantasmes français au Mali. J’ai bien peur que les Maliens ne se réveillent quand il sera trop tard, avec une langue de bois indescriptible. On les aura interpellé, averti. Derrière les plis de l’actualité, se cache les détails. C’est dans les détails que se cache le diable dit-on…
Souvenez-vous, le 27 janvier dernier, dans un billet intitulé « Guerre au Mali : La re-colonisation et l’incroyable arnaque France-CEDEAO-djihadistes« , voici ce que nous disions:
Les Maliens savent-ils que le rêve secret de la France réside dans l’espoir d’obtenir des autorités maliennes… illégitimes, la base de Tessalit dans l’Azawad, hautement stratégique au plan économique et militaire ? Or, l’ex Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) ne voulait pas en entendre parler. Si la France était l’ami du Mali, elle n’allait jamais accepter ce coup d’Etat et allait exiger le rétablissement sans conditions de la légalité constitutionnelle…Mais bon, il est parfois utile de le dire, redire et re-redire, même si parfois, on a l’impression de prêcher dans le désert, vu le rapport de force.
Un nœud coulant est entrain d’être mis au cou des Maliens qui constatent peu à peu la dissymétrie française dans ce dossier qui devient encore plus complexe qu’il n’y paraît. Pour la plèbe, il s’agit d’une guerre contre le terrorisme et par conséquent, puisque tout le monde est contre, le message devait passer comme une lettre à la poste. Les maliens, découvrent, aussi, que l’ONU est le vecteur de toutes les injustices vues à travers le monde. Comment peut-on accepter d’envoyer des casques bleus sur place au lieu d’équiper l’armée malienne ? Cherchez l’erreur !
Ce que nous dénoncions ici, depuis le début de ce conflit de re-colonisation, vient encore plus nous éclairer sur ce qui s’est réellement passé bien avant. Nous parlions de l’affaire libyenne, de l’assassinat macabre du frère Guide Mouammar Kadhafi, corroborer par de nombreux témoignages. On a appris aujourd’hui sur I>Télé, que, la France a payé en 2010 une rançon d’environ 17 millions de dollars pour la libération de 4 otages français enlevés au Niger en 2010. La même année donc, selon l’ex ambassadrice américaine au Mali  Vicki J. Huddleston. Comme ça se fait de façon indirecte, c’est au Gouvernement malien que les sommes provenant semble-t-il de grandes multinationales françaises ont été versées. On peut donc comprendre pourquoi, sous la pression française, le régime d’Amadou Toumani Touré (ATT), n’a pas été restitué après le coup d’état militaire.
François Hollande s’est donc engagé au Mali, pas vraiment pour les beaux yeux des Maliens, mais pour mieux enfoncer Nicolas Sarkozy, père de ce chaos dans le sahel, l’homme qui ne négocierait pas avec les terroristes. Avec déjà 70 millions de d’euros dépensés pour cette opération au Mali, selon la version officielle, on peut imaginer la réalité des chiffres qu’on ne peut divulguer de peur qu’il y ait grogne, surtout que la France est en récession. Aqmi et l’ex Gouvernement malien sont punis pour avoir désobéi, ou plus prosaïquement, pour avoir volé l’argent français. Mais, dans cette affaire, les alliés d’hier que son Aqmi en Libye, et l’ex Gouvernement malien se sont-ils tous moqués de la France ou que c’est l’ex gouvernement malien qui s’est moqué d’Aqmi ?
La vérité arrive toujours après le mensonge…