mardi 18 décembre 2012

BON DÉBARRAS . UMP : Bye Bye Jean-François Copé…Fillon gagne par KO !



François Fillon
François Fillon
C’est la fin du vaudeville. la fin de la triche de Jean-François Copé. En effet, il a rencontré François Fillon et les deux ont conclu en début de soirée un accord de « sortie de crise » à l’UMP, après un mois de conflit. Ouf ! L’homme qui voulait s’accrocher au pouvoir a finalement lâché prise. Entre impopularité et révélations des trucages, avec ceux qui étaient derrière condamnés en plus par la justice pour abus de faiblesse, fallait mieux s’éclipser.
Selon cet accord « en sept points » indique l’AFP, qui sur ce sujet de peut pas désinformer comme sur la Syrie, « une nouvelle élection à la présidence de l’UMP aura lieu au plus tard avant la reprise de la session parlementaire ordinaire d’octobre 2013 et sera précédée d’une campagne électorale, qui devra se dérouler dans l’intersession » qui s’écoule du 1er juillet au 30 septembre. L’élection pourrait avoir lieu le 15 septembre pour le premier tour. Fillon prendra enfin son dû…
L’usurpateur Jean-François Copé qui sera président de l’UMP jusqu’au nouveau scrutin, avec Luc Chatel comme vice-président délégué et Michèle Tabarot comme secrétaire générale, aura un marquage à la culotte avec « une équipe dirigeante qui sera constituée ». Elle comprendra notamment « un vice-président et une secrétaire générale déléguée », respectivement Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse.
Fini l’action en justice, fini la séparation au palais Bourbon avec la réunification de l’UMP et du R-UMP. Une défaite lourde de l’entêté Jean-François Copé !

lundi 17 décembre 2012

PALESTINE : Un peuple face aux équivoques du « Monde Libre » et à la félonie du « Monde arabo-monarchique »

TRIBUNE LIBRE DE DJERRAD AMAR

amarPar cette agression sanglante et incessante, sur Gaza, contre les Palestiniens, un peuple spolié de sa terre par un « Israël » factice encrassé par une idéologie colonialiste et fasciste que soutien par allégeance et ressemblance un Occident à histoire jalonnée de contradictions, surtout de déshumanisation, on doit retenir la résurgence sinon la persistance des idéologies extrémismes et nihilistes entraînant de récurrentes ruptures d’équilibres qui se manifestent par des souffrances et des incertitudes.
Si une dizaine de simples missiles «fadjr 5» ont créé l’affolement en Israël que dire si des centaines de ces redoutables missiles iraniens, de haute technologie, s’abattent sur les israéliens?
Incontestablement, le «Dôme de fer» n’est plus désormais qu’une imposture, qu’un ‘couscoussier’ et l’entité sioniste sera dorénavant à la portée de tous les missiles de la résistance; un colosse aux pieds d’argile. Et dire que ces bandits sionistes veulent attaquer ce pays qui peut en faire une bouchée y compris les roitelets du golfe!
Même si la réaction limitée de la résistance palestinienne ne peut ébranler un régime fasciste surarmé que soutien tout l’occident, il demeure que les sionistes ont été surpris par la réaction farouche qui a mis à néant la fable de leur invincibilité. D’où cette diversion par la «fausse victoire du Hamas». Passons!
En fait, ce qui a été obtenu de l’accord du Caire est d’abord un droit basique inaliénable qui ne devrait pas constituer un élément de négociation. Où est donc cette victoire quand vous obtenez le droit de manger, de boire etc. après vous en avoir privé par un embargo illégal et inhumain? C’est une des tactiques ignobles des sionistes qui n’ont d’humain que l’apparence. Ils trompent le monde en montrant qu’ils sont vertueux alors qu’ils ne font que restituer, par la pression, un droit. Comme si on vous autorisait de mettre un pantalon après vous avoir mis nu! Un commentateur éclairé compare cet «accord» du Caire à cette histoire de Jeha (personnage légendaire de contes et anecdotes populaires au Maghreb): A chaque assemblée des gens d’un douar, un villageois ne cesse de perturber les débats avec ses sempiternelles lamentations sur ses conditions de vie en particulier l’exiguïté de son gourbi. Il avait âne, un bouc, 2 chèvres et 2 moutons. Jeha connu pour sa sagesse et ses capacités à résoudre les problèmes intervient en lui promettant de résoudre son problème en 5 jours à condition qu’il respecte à la lettre ses recommandations. La 1ère du 1er jour est qu’il doit mettre, dans son gourbi, tous ses animaux. Le paysan s’exécuta. Le lendemain il s’en plaint pour avoir vécu un ‘enfer’ surtout à cause de l’âne. Jeha l’autorise au 2ème jour de sortir l’âne. Le lendemain il s’en plaint de l’odeur du bouc, mais il est ‘mieux qu’hier’. Jeha le débarrasse du Bouc. Le 3ème jour il déclare ‘commencer à respirer ‘ et ce jusqu’à le débarrasser de tous les animaux. Au dernier jour le paysan annonce, avec soulagement, avoir ‘passé la nuit la plus paisible de ma vie’ ! Conclusion du commentateur : « croire qu’une réunion de 2 jours entre les représentants des spoliateurs sionistes et des hypocrites puissent apporter un rayon de lumière aux palestiniens est une vue de l’esprit». Au-delà du gain politique et stratégique, les palestiniens savent mieux que quiconque qu’ils n’ont encore rien obtenu de leurs droits fondamentaux légitimes qui est leur terre, leur droit au retour. Le combat demeure entier face à la réalité et les leçons à tirer après chaque action et épreuve.
La réalité et que les palestiniens pouvaient régler leur problème avec Israël si leurs congénères arabes, du golfe en particulier, avaient cette volonté. La même volonté et promptitude qui a permis, par leur «Ligue», de se réunir plusieurs fois en quelques mois, dont 2 fois en 24 heures, pour décider d’une série de sanctions contre la Syrie pour faire tomber son régime qui se trouve être le nœud gordien politiques des sionistes sur la Palestine avec l’Iran et le Hezbollah. Contre Israël, il suffit de se réunir une seule fois prendre des mesures radicales, comme menacer l’occident par l’arme du pétrole (proposition de l’Irak), pour voir, par enchantement, le problème réglé définitivement! Ce n’est pas dans leurs intérêts…. « stratégiques ».
Serait bien naïf celui qui attend des organisations dites « arabes » ou « islamiques » une quelconque prise de position contre Israël et ceux qui les soutiennent tant que des États perfides œuvrent pour leurs intérêts personnels; qui pour accaparer le pouvoir (les frères musulmans), qui pour perpétuer leur dynastie (les ploutocraties du golfe) qui, tel un Cheval de Troie, rêve en ‘Otanien’, de devenir le nouvel Ottoman des arabes !
Tous sont d’accord avec ce projet « Nouveau Moyen-Orient » américano-sioniste qui devait ôter toute puissance aux arabes en les pulvérisant en petit États sur des bases religieuses, sectaires et ethniques pour en faire des peuplades amorphes et obéissantes. La Palestine étant la question nodale qui unie, il fallait donc anéantir toute forme de résistance à son sujet.
Il faut comprendre la visite, autorisée par Israël, du cheikh qatari plus comme une tentative alléchante de corrompre la résistance armée, en espèce et en nature, pour l’emmener à abandonner le combat de leurs ascendants qu’un acte de bienfaisance visant à soutenir une cause et à rebâtir une ville martyr. N’est-il pas bizarre que c’est au lendemain de cette visite qu’Israël assassine un important responsable de la résistance, « récalcitrant » ?
La leçon est que rien ne vaut la lutte armée contre un colonisateur en comptant sur ses propres forces, unies, avec les aides d’amis sûrs. C’est pénible, coûteux, long, mais l’issue est certaine. Les exemples dans le monde ne manquent pas. Il reste, cependant, ces deux pétro-monarchies perfides qui constituent l’obstacle majeurs des arabo-musulmans qu’il faudra, par tous les moyens réduire, car ne cessant pas d’affaiblir la large coalition anti-sioniste en la simplifiant à une coalition «sunnite» inopérante pour enterrer, définitivement, la lutte d’un peuple pour un État viable.
Des palestiniens, victimes permanentes des exactions d’un “Israël” – englué dans les contradictions d’une idéologie colonialiste et fasciste – avec la bénédiction de l’Occident et de certains états arabes sans que l’on reconnaisse leur droit à se défendre, les voilà défier par eux-mêmes et par les armes leur bourreau en mettant à nu, irrémédiablement, sa vulnérabilité. Pour le faire, ils n’avaient pas eu besoin de l’aval de la «Ligue Arabe» ou de son soutien. Ils avaient compté sur leurs propres forces soutenues par leurs amis… non arabes.Il ne reste donc aux arabes, encore fidèles, aux musulmans sensés et aux pays épris de paix et de liberté qu’à accabler ces scélérats pour les neutraliser, à jamais, avec leur funeste idéologie. Il faut croire que le sionisme est arrivé au point nodal de son évolution historique dont il est impératif d’exploiter la situation pour en faire un moment de rupture. Le monde est assez convaincu qu’il est face à un gouvernement israélien hypocrite, paranoïaque et usurpateur que pilotent des bandits sans origines et sans vertus, sous tutelle de lobbies influents dotés de moyens redoutables et immoraux.
L’offensive doit être engagée, à notre avis, sur trois directions : économique, politique, médiatique.
  • Lier les intérêts économiques des Américano-sionistes et de certains pays européens au règlement définitif et juste du problème palestinien. Lier toute adversité par des conséquences économiques. L’arme la plus décisive est celle du pétrole/gaz qui a donné ses preuves par le passé.
  • L’action politique doit passer par la refondation des institutions arabes, les regroupements régionaux d’intérêts communs en intégrant sans attendre l’Iran, l’offensive diplomatique doit viser la réorganisation des instances et organisations internationales qui se caractérisent par leur partialité tout en améliorer les politiques intérieures afin d’enlever tout prétexte sur la question des droits de l’homme.
  • L’action médiatique et fondamentale pour contrer leur propagande. Elle doit se faire en anglais, espagnol, français et viser à démystifier le sionisme en dévoilant son vrai visage, c’est-à-dire une idéologie coloniale inhumaine qui ne survie que par l’agression et le mensonge. Elle doit toucher les opinions occidentales qui influent sur les décisions politiques.
Toute chose a ses limites. Les limites de l’adversité et du chantage des États sont leurs intérêts qui peuvent être compromis par les excès de celui qu’ils sont censés protéger.
La Palestine vient d’être admise à l’ONU, comme État observateur non membre, avec 138 voix pour, 9 voix contre et 41 abstentions (dont 5 pays africains). Une autre victoire d’importance. Un cauchemar pour les sionistes d’Israël et d’Amérique. Quelques jours avant, il était inimaginable que des missiles palestiniens s’abattent aux portes de Tel-Aviv, montrant que désormais aucune ville ne sera à l’abri en cas d’agression. La Syrie, le Hezbollah et l’Iran (ainsi que d’autres) restent, en le réaffirmant à toutes les occasions, leurs soutiens puissants et inconditionnels. Les États du golfe, surtout les pétro-monarchies Saoudiennes et du Qatar restent les seuls États à l’origine du malheur arabe, par leur félonie, qui empêche toute évolution et émancipation. Les délégués du Qatar et de l’Arabie Saoudite qui ont montré leur « indignation » devant les crimes de l’armée israélienne lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de la « Ligue arabe » est de la pure comédie. C’est lors de la réunion du 13 novembre 2012 au Caire que le Ministre des AE Tunisien, et non moins gendre de Ghannouchi, réplique à son homologue algérien ainsi – alors qu’il s’adressait au Ministre Qatari auquel il demandait des «solutions concrètes dans le soutien à Gaza » – comme un ignorant et un «brosseur»: « En cinquante ans, qu’a-t-elle donc fait l’Algérie pour la cause palestinienne ?». Mal lui en pris, il a reçu la foudroyante réponse suivante: « A ceux qui s’interrogent où était l’Algérie, je répondrai que nous n’avions pas à renvoyer un ambassadeur sioniste qui ne rêve même pas de mettre les pieds chez nous. Devons-nous par exemple cesser d’exporter notre gaz à l’Etat sioniste ? Devons-nous expulser les bases américaines et celles de l’OTAN de nos territoires dont nous avons juré qu’ils n’y mettront jamais les pieds ? Dites-nous ce que nous devons faire, partir au djihad contre Israël ? C’est ce qu’il y a de plus facile pour un algérien libre, mais garantissez nous votre non trahison, assurez nous que vous ne nous poignarderiez pas dans le dos comme à chaque fois…garantissez nous l’ouverture de vos frontières et nous… Nous avons été éduqué dans la haine du sionisme et vous avez été éduqué dans la trahison ». (Selon « Tunisie-secret »)
La levée complète du blocus sur Gaza est une exigence non négociable et indiscutable!Qu’est-ce que c’est ce monde qui ferme les yeux sur une immoralité et une illégalité imposée par un ramassis des voyous, colonialistes, sans origines et mercenaires, sur un peuple chez lui, qui ne fait que défendre sa terre et sa dignité? Sinon, il faut dissoudre toutes ces institutions dites «internationales» en se retirant au plus vite, car complice d’une idéologie qui sème le désordre et la désolation là où elle s’y introduit!
Il appartient, impérativement, au Monde de l’équité et de la liberté de riposter pour extirper, sans appréhensions, cet “abcès purulent”, de la planète, que condamnent la raison et l’histoire. Ils l’avaient fait pour les systèmes et idéologies qui visent la domination et l’avilissement de l’homme, pourquoi pas pour le sionisme qu’il faut en urgence mettre au rebut de l’Histoire !
Djerrad Amar

«ATT s’est joué de l’Algérie au point de l’insulter à plusieurs reprises»

Ibrahim Boubacar Keïta. Président de l’alliance IBK-2012

 


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Ancien Premier ministre, ancien président du Parlement et ex-président de l’Adema, devenu la bête noire de l’opposition, Ibrahim Boubacar Keïta, que les proches appellent IBK, est à la tête d’une alliance qui porte son nom : Alliance IBK-2012.

Bamako (Mali). De notre envoyée spéciale

- Vous êtes parmi les plus fervents défenseurs des concertations, pourtant certains partis politiques affirment que telles qu’elles ont été préparées, elles ne pourront pas atteindre leur objectif. Qu’en dites-vous ?

J’étais partisan de ces concertations parce que du point de vue du droit, le cadre imposé par la Cédéao ne reflétait pas le souci d’une quelconque résolution de la crise malienne. La période de 40 jours prévue par la Constitution, en attendant les élections, a été écartée. Il est raisonnable et logique, pour un apaisement souhaitable, que les forces de la nation se réunissent pour apprécier la situation et mettre en place une feuille de route pour sortir de la crise. Mais la Cédéao a imposé une transition de 12 mois, avec un président et un Premier ministre intérimaires. Malgré cela, nous avions souhaité que durant les 40 jours, il puisse y avoir un dialogue interne et s’entendre sur une décision consensuelle. Or, cela n’a pas eu lieu. Nous sommes actuellement dans des négociations et des compromis de pouvoir. Aucun de ceux qui sont actuellement aux commandes du pays n’a une légitimité réelle. La seule force organisée, c’est ce qui reste de l’armée malienne, à sa tête le capitaine Sanogo qui, faut-il le préciser, jouit d’une grande estime de la part du peuple.

- Le FDR estime que ces concertations sont biaisées à partir du moment qu’elles ne sont pas inclusives et n’ont pas respecté les principes fondamentaux…

Le FDR s’est exclu de lui-même. Ses composantes sont connues, des proches de ATT de l’Adema, le parti qui a une grande responsabilité dans la tragédie. Ces gens prennent le Mali en otage pour l’empêcher d’avancer. Ils auraient été les premiers à applaudir si le climat leur était favorable. Ils veulent que le pays reste dans cette situation. Le chef de l’Etat par intérim est le président de l’Adema, et jusqu’à présent, il n’a pas démissionné de ce poste.

- Ne pensez-vous pas que cette volonté de prolonger la transition est due au fait que la Cédéao a obligé ceux qui dirigent le pays à ne pas se présenter aux élections ?

La Cédéao a donné un délai de 12 mois pour les élections, et c’est elle qui a décidé de la clause de la non-éligibilité des responsables. Le Premier ministre est aujourd’hui très contesté non seulement au niveau national, mais aussi sur le plan international. Sur les 32 membres du gouvernement, 22 faisaient partie de l’ancien régime. Lorsque ce même Premier ministre parcourt le monde sans informer le chef de l’Etat de ses déplacements, à quoi vous attendez-vous ? Il faut que les voix des forces nationales soient entendues pour sortir de cette situation. En réalité, le pays ne peut être remis sur les rails qu’avec des élections.

- Peuvent-elles se tenir avant la libération du Nord ou après ?

Aujourd’hui, si les choses vont dans le sens que nous souhaitons, c’est-à-dire dans le cadre d’un dialogue, les villes de Kidal et autres vont être sécurisées et peuvent prendre part au scrutin. Le Mali est victime de calculs faits ailleurs sur le timing. L’urgence pour la Cédéao étant de placer rapidement le Président et le Premier ministre, mais curieusement, pour sortir de la crise, on traîne le pas. Si l’on passe aux élections directement sans le Nord, c’est cautionner la partition du pays. La libération du Nord va prendre du temps et doit passer par des discussions dont des avancées sont déjà perceptibles avec les dernières déclarations d’Ançar Eddine et du MNLA. Si l’on arrive à sécuriser les grandes villes, tout sera possible.

- Comment, selon vous, cette région a sombré dans le chaos ?

En vérité, ce qui est arrivé était prévisible. Nous étions très vigilants par rapport à la question du Nord. En 2006, nous avions publié un communiqué dans lequel nous avions exprimé notre mécontentement contre l’accord d’Alger. Nous étions certains que les autorités algériennes étaient responsables dans leur médiation. Mais si l’on inversait les rôles, est-ce que l’Algérie demanderait assistance à un quelconque pays, dans le cas où elle fait face à des mutineries dans ses casernes ? Je ne le pense pas. L’Algérie a beau être un pays ami, mais elle sait ce que c’est l’autorité de l’Etat. Elle n’acceptera jamais de dégarnir ses bases arrière de défense pour satisfaire le diktat d’un groupe de mutins. Or, qu’est-ce qui est sorti de l’accord d’Alger ? Tout simplement le départ de l’armée des points sensibles du Nord vers le Sud. Je ne sais même pas comment qualifier cet accord. Peut-être que les juristes et les constitutionalistes pourraient le faire. Des engagements économiques ont été arrachés, alors que tout le monde savait que l’Etat malien ne pouvait les tenir, vu ses maigres moyens. Donc, quelque part, les prémices de cette rébellion étaient là. En réalité, nous avons assisté à une déliquescence de l’Etat, à une déresponsabilisation presque programmée qui ne pouvait épargner son armée. Une base aussi importante que Tessalit était la clé de voûte. Dès lors qu’elle est occupée, le reste est un boulevard. Cela a précédé le coup d’Etat du 22 mars.

- Voulez-vous dire que c’est une situation voulue ou s’agit-il d’une mauvaise gouvernance ?

Il y a eu une non-gouvernance. Quand un système est corrompu jusqu’à la moelle, quand les narcotrafiquants s’en mêlent et qu’un Boeing déverse de la cocaïne au vu et au su de tous, attendez-vous au pire. Savez-vous que la piste sur laquelle le Boeing a atterri était protégée par des éléments de l’armée, pour effacer toute trace après ? Lorsque les forces de sécurité se mettent au service de l’enrichissement, l’on ne peut plus parler de pays.

- Pensez-vous que cette rébellion était prévisible ?

Certains disaient que nous étions dans une ambiance de coup d’Etat eu égard à la violence sociale que le pays subissait. Une simple manifestation pour le pain aurait eu raison du système. Mais le souci du régime était de faire dans le clinquant, en montrant un soldat en uniforme, en se présentant comme un démocrate à l’africaine, en négociant pour la libération des otages. Le peuple malien savait ce qui se passait. Le pourrissement a atteint un tel degré que tout était possible. D’humiliation en humiliation, l’armée s’est retrouvée dans une colère intense, notamment après le massacre d’une centaine de soldats à Aguelhoc. Ces jeunes femmes ont marché sur le palais présidentiel parce que leurs enfants, leurs  pères, ou leurs maris avaient été massacrés ou livrés aux rebelles. Lorsqu’elles ont été reçues, elles ont accusé les responsables d’intelligence avec l’ennemi. C’est dans cette ambiance que le coup d’Etat a eu lieu. J’ai condamné cet acte, mais je ne suis pas dupe. Je sais qu’il a suscité un soulagement. Pas uniquement chez les Maliens, mais aussi au niveau international. Aucun pays n’a appelé au retour de ATT au pouvoir. Personne ne l’aimait, même si par la suite, la gestion de son post-départ a été malhonnête. On a fait comme si le départ de cet homme n’était pas une occasion pour notre pays de se relever et de revenir à la démocratie réelle.

- Vous voulez dire que la Cédéao a mal géré la crise après le départ de ATT en axant plus sur l’intervention militaire pour la réoccupation du Nord ?

J’ai dit que sur le plan humanitaire, les conséquences d’une telle action doivent être bien évaluées et qu’il faut demander avis à nos voisins algériens, qui ont souffert durant toute une décennie du terrorisme. J’ai même affirmé que nous devons nous retrouver avec l’Algérie pour rentabiliser ce qui nous a toujours liés à travers l’histoire. Je n’ai jamais mis en doute l’amitié et la solidarité de l’Algérie à l’égard du Mali. Lorsque j’analyse ses positions, je découvre qu’au fond elles n’ont jamais été contre l’intérêt du Mali. Quant à Alger, on me dit que nous ne sommes ni pour l’indépendance, ni pour l’autonomie, ni pour le fédéralisme, cela est une garantie absolue pour moi. Le Mali a juste besoin de moyens pour soulager son peuple des souffrances. Il faut faire très attention à l’équilibre du tissu social au niveau de nos frontières, ouvrir le débat sur cette question avant d’aller vers une quelconque tragédie. Regardons dans quel état sont les pays qui ont subi des interventions militaires étrangères. Evitons d’ouvrir plusieurs fronts en même temps et réfléchissons d’abord avec qui doit-on dialoguer afin de savoir qui est qui. Je sais que tout est fait pour arriver à la solution militaire, aujourd’hui, la communauté internationale commence à se réviser. Il n’y a qu’à lire le rapport de l’ONU qui dit que les conditions d’une telle action ne sont pas réunies, que ce soit sur le plan humanitaire, logistique, financier, etc. Les pays amis ont promis d’aider l’armée malienne et l’Algérie a déjà commencé à le faire. Certains s’impatientent de voir les militaires au Nord, mais il faut des préalables et du temps. Maintenant que toutes les failles du concept de la Cédéao sont battues en brèche, l’espoir est permis…

- Selon vous, cette intervention ne cache-t-elle pas autre chose que la libération du Nord ?

Tous les éléments d’analyse nous permettent de dire qu’il y a des enjeux économiques. Nous savons très bien que la géophysique de la région est au cœur de tous les conflits. Ces mêmes enjeux qui ont poussé la France à vouloir couper l’Algérie de son Sud, avant l’indépendance.

- Certains affirment que la Cédéao sous-traite pour des puissances étrangères la reconfiguration géopolitique de la région. Etes-vous d’accord ?

Quand je dis que la position de l’Algérie est très responsable, c’est parce que nous savons qu’elle n’acceptera jamais une telle reconfiguration. Nous connaissons très bien ces enjeux et les velléités qui visent le Mali. A l’indépendance du Sud-Soudan, j’avais dit que ce jour n’était pas un jour de bonheur. De nombreux Etats africains ont éclaté et d’autres sont sur le point de l’être. Le mépris pour nos peuples demeure. Nous ne sommes acceptables que dominés. Et c’est dans cette optique que le Mali et plus tard l’Algérie risquent de se voir visés par des politiques de partition. Toutes les richesses sur lesquelles ces puissances ont bâti leurs pays viennent de chez nous, de l’Afrique. Ce sera très difficile pour elles de s’en détacher.

- L’Algérie est accusée par certains politiques de n’avoir rien fait ou peu. Comment trouvez-vous la position algérienne ?

ATT s’est joué de l’Algérie au point de l’insulter à plusieurs reprises à travers sa gestion des otages allemands, ou encore lors de la libération des terroristes algériens. Pourtant, lors de sa dernière visite à Alger, le tapis rouge a été déroulé. Le président Bouteflika a exaucé toutes ses demandes, cela va de l’armement à l’aide humanitaire. Sincèrement, pensez-vous que l’Algérie a intérêt à laisser le Mali dans une aventure aussi dangereuse ? Je ne le pense pas. Il n’y a aucune ambiguïté dans la position algérienne. Ce n’est pas par hasard qu’une puissance comme les USA n’est pas sur le même plan que la Cédéao et nous demande de garder et d’aller rapidement aux élections pour désigner ceux qui vont discuter et avec qui reprendre la coopération militaire.

 

Salima Tlemçani

vendredi 14 décembre 2012

Petition Nord Mali : Pour Une Implicatio​n Citoyenne Forte

Pour signer la pétition, prière de :
1.       Cliquer sur le lien suivant : http://www.petitionduweb.com/Petition_nord_mali_our_une_implication_citoyenne_forte-37248.html
2.       Lisez le texte adressé à Monsieur le Président de la république et dont le titre est « Objet : Pétition pour une meilleure prise en compte des opinions citoyennes à l’occasion des négociations en passe de s’ouvrir avec les groupes rebelles et terroristes (MNLA, Ansar-Din, MUJAO) du Nord du Mali ».
3.       Défiler et aller au bas de texte et de la page. Vous trouverez deux boutons contenant des écritures bleus sur font noir :
a.       Un premier intitulé « SIGNER / SIGN »
b.      Un deuxième bouton intitulé « Recommander / Recommand »
4.       Cliquer sur le bouton 3a « SIGNER / SIGN »
5.       Dès que vous aurez cliquer (en fonction de la vitesse de votre connexion), vous verez la page où vous devez remplir un formulaire d’inscription ; Remplissez là (Obligatoirement si vous voulez signer la pétition) ; Tous les champs marqués par une « étoile » sont obligatoires ;
6.       Après avoir fourni les informations d’identification, vous serez demander de « Recopiez le code de sécurité sans les espaces * » ; C’est le chiffre que vous voyez. Recopiez le !
 
A.      Pour ceux qui ne veulent pas recevoir des informations de MSF, répondez par non à la question « Je souhaite recevoir des informations de Médecins Sans Frontières : ». Cliquer sur le bouton « non » ;
B.      Pour ceux qui ne veulent pas recevoir des offres des partenaires de Petitionduweb, laissez décoché la case à cocher « Newsletter : Les pétitions à la une, les nouvelles fonctionnalités, les offres de nos partenaires : Cochez si vous voulez la recevoir » ;
7.       Cocher « OBLIGATOIREMENT » la case à cocher « Je reconnais avoir lu les conditions générales dans son intégralité et en accepter tous les termes. Cliquez ici »
8.       Cliquer sur le dernier Bouton bleu avec des écritures blanches « SIGNER ».
9.       TERMINE. Vous avez signé la pétition.

mercredi 12 décembre 2012

Sortie de crise au mali : «L’armée malienne n’est pas prête pour la reconquête du Nord», dixit l’Ambassad​eur de France

Sortie de crise au mali : «L’armée malienne n’est pas prête pour la reconquête du Nord», dixit l’Ambassadeur de France
A travers l’Ambassadeur de France au Mali, Christian Rouer, les responsables de l’AMS-UNEEM et la Presse nationale et internationale ont été édifiés non seulement sur la position de la France relative à la crise du Nord, mais aussi sur son point de vue concernant la «guerre à reculons» de la communauté internationale.

Au cours de cette entrevue médiatique dont le thème portait sur «La politique de la France au Sahel : le cas du Mali», les propos du diplomate français ont fait ressortir que le Mali ne peut non seulement pas aller seul au front, mais qu’au aucune date d’intervention militaire n’est envisageable. La récupération mordicus de cette partie du p ays occupée depuis des mois par les terroristes n’est pas une idée unanimement partagée par la communauté internationale. Si par ailleurs, en termes d’avancées satisfaisan
tes au sein de cette communauté internationale, on peut se réjouir aujourd’hui de la levée du blocus sur les armements maliens dans les ports de la sous-région ouest-africaine et le recrutement, dans la même foulée, de 2000 jeunes dans l’armée malienne, l’étape d’une confusion totale en matière d’actes concrets se profile à l’horizon. C’est pourquoi, de l’autre côté de Ouagadougou, il est question de la formalisation d’un énième protocole d’accord avec les djihadistes avec, au préalable, des déconnections avérées avec AQMI. Au même moment, à Bamako, par rapport au démarrage de l’intervention militaire (car il est impossible d’attendre septembre-octobre prochain), il semble que les choses ne sont pas comme on l’imagine.

L’armée malienne n’est pas prête, encore moins les forces étrangères. Pire, on accorde peu d’importance à la souffrance des populations du Nord. Cette situation vient d’être soulignée par l’Ambassadeur de la France au Mali suite à une entrevue organisée par l’AMS-UNEEM. Concernant la position de la France dans le contexte actuel de la crise malienne, il faut souligner que de Sarkozy à Hollande, les choses ont légèrement changé en façade, mais pas au fond. L’intégrité du territoire malien demeure intacte quand on sait que c’est à partir des médias français que certains responsables du MNLA osent se faire entendre à travers le monde. La France se dit rassurant quant à la lenteur du système des Nations Unies en affirmant que l’armée malienne n’est pas prête à mener à bien cette mission seule. Il va donc sans dire que si jamais le contraire se passe, il y a de fortes probabilités que le Mali échoue au front. La politique française au Sahel se manifeste surtout dans ces volets : l’humanitaire, la coopération militaire, l’appui en termes de droits de l’homme et de patrimoines. Selon le diplomate français, la négociation en question se fera avec l’ensemble des communautés du Nord. Ainsi se confirme alors le caractère politique de cette crise.

SOUDAN : Découverte d’un vautour israélien d’espionnage

Vautour
La découverte a été faite dans la ville soudanaise de Kereinek, située dans la région du Darfour, au Soudan occidental, selon un média égyptien en ligne, El Balad, relayé par les médias israéliens. Les autorités soudanaises qui ont capturé l’oiseau ont découvert qu’il était équipé d’un GPS et d’équipements à énergie solaire capable de diffuser des images par satellite.
Le vautour a également une étiquette attachée à sa patte avec la mention « Service d’Israël Nature » et « Université hébraïque de Jérusalem ». Selon les autorités soudanaises, l’oiseau était certainement entrain d’effectuer une mission de surveillance pour les services secrets israéliens. On se souvient qu’Israël accuse le Gouvernement soudanais d’armer le Hamas, l’organisation palestinienne qui gère la Bande de Gaza.
On se souvient qu’Israël avait mené des bombardements d’un dépôt de munitions près de la capitale soudanaise, à Khartoum, capitale du Soudan, en octobre dernier, après avoir bloqué les radars de défense aérienne du pays.
Israël n’avait fait aucun commentaire sur ce raid, qui avait fait deux morts.

mardi 11 décembre 2012

Le PM Cheick Modibo Diarra démissionne avec son Gouvernement

Cheick Modibo Diarra s'apprêtait à prendre l'avion pour Paris quand il a été arrêté.Cheick Modibo Diarra s'apprêtait à prendre l'avion pour Paris quand il a été arrêté.© AFP
Nommé le 17 avril, moins d’un mois après le putsch contre Amadou Toumani Touré, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra a été arrêté par des militaires, lundi 10 décembre au soir. Quelques heures plus tard, mardi matin, il présentait sa démission et celle de son gouvernement à la télévision nationale.
Le petit capitaine a encore frappé. Après avoir renversé l’ancien président Amadou Toumani Touré en mars, Amadou Haya Sanogo a fait arrêter à son domicile le Premier ministre pourtant issu du putsch - il avait été nommé le 17 avril -, Cheick Modibo Diarra. Quelques heures après, celui-ci présentait sa démission lors d’une brève allocution télévisée. Retour sur des événements qui fragilisent un peu plus la transition démocratique malienne.
Lundi soir, Cheick Modibo Diarra devait prendre l’avion pour Paris afin d'y passer un contrôle médical, selon un proche. Mais alors qu’il s'apprêtait à se rendre à l'aéroport, il a appris que ses bagages venaient d’être débarqués de l'avion. Il a donc attendu à son domicile des explications qui n’ont pas tardé à venir.
« Le Premier ministre a été arrêté par une vingtaine de militaires venus de Kati », la ville garnison proche de Bamako et base des ex-militaires putschistes, a déclaré un membre de l'entourage du Premier ministre. « Ils lui ont dit que c'est le capitaine Sanogo qui leur a demandé de l'arrêter », a-t-il ajouté. Avec leur délicatesse habituelle, les militaires « ont carrément défoncé la porte de la résidence du Premier ministre et l'ont emmené un peu brutalement », a ajouté le témoin de l'arrestation.
Sans explication
On ne reverra le Premier ministre que quelques heures plus tard, tôt mardi matin, quand il présentera sa démission sur les ondes de l'Office de radio-télévision du Mali (ORTM). « Moi Cheick Modibo Diarra, je démissionne avec mon gouvernement », a-t-il déclaré, l’air grave et les traits tendus, sans donner plus d’explication. Il a simplement remercié ses collaborateurs et souhaité que « la nouvelle équipe » qui lui succédera réussisse sa mission : reconquérir le Nord-Mali, actuellement occupé par des islamistes liés à Al Qaïda, et organiser une élection présidentielle démocratique.
L’enlisement de la perspective d’une intervention rapide d’une force africaine au Nord, mais aussi l'absence de consensus autour de sa personne, lui ont peut-être coûté son poste.
L’enlisement de la perspective d’une intervention rapide d’une force africaine au Nord lui a peut-être coûté son poste. Les putschistes entendaient que Cheick Modibo Diarra usent des ses relations internationales pour accélérer la reconquête. Mais c’est finalement la prudence qui l’a emporté chez les partenaires du Mali. L'envoyé spécial de l'ONU au Sahel, Romano Prodi, estime ainsi qu’« une action militaire dans le nord du Mali ne sera possible qu'en septembre 2013 ». Et le secrétaire général de l’organisation, Ban Ki-moon, a mis en garde dans un récent rapport contre un usage précipité de la force qui pourrait « ruiner toute chance d’une solution politique négociée à cette crise, qui reste le meilleur espoir d’assurer la stabilité à long terme au Mali ».
Revanche
Alors que les militaires qui trépignent d’impatience espéraient partir à la reconquête du Nord au début de 2013 – l’Union européenne déploie sa mission de formation militaire à partir de janvier – il faut désormais négocier sérieusement avec les rebelles touaregs et les islamistes. Un non-sens pour des militaires humiliés qui n’aspirent qu’à prendre leur revanche. De fait, Amadou Haya Sanogo aime à se comparer au général Charles de Gaulle entré en résistance contre l'occupant pendant la seconde guerre mondiale (1939-1945).
Sanogo a été nommé par le président malien par intérim, Dioncouda Traoré, à la tête d'une structure chargée de réformer l'armée malienne, sous-équipée et démoralisée. La démission forcée du Premier ministre survient après le report de « concertations nationales » convoquées par le gouvernement de transition qui devaient se tenir pendant trois jours à partir de mardi. La concertation avait pour but de tenter d'établir une « feuille de route » pour les mois à venir entre tous les acteurs - politiques, militaires, sociaux, organisations de la société civile - face à la crise sans précédent que traverse le pays. Mais les partis politiques comme les associations citoyennes sont divisées sur la marche à tenir. Cheick Modibo Diarra paie aussi, sans doute, le fait qu’il n’a pas su créé de dynamique et de consensus autour de sa personne.
(Avec AFP)