vendredi 3 août 2012

MALI : REQUETE AUX FINS D’APPRECIATION DE LEGALITE DES DECISIONS DE LA CEDEAO



REQUETE AUX FINS D’APPRECIATION DE LEGALITE DES  DECISIONS, INSTITUANT ET ORGANISANT UNE PERIODE DE TRANSITION POLITIQUE EN REPUBLIQUE DU MALI,  DE LA CONFERENCE DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENTS      DE LA CEDEAO DU JEUDI 26 AVRIL 2012.

REQUERANT :
Le Parti Politique dénommé Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance, dit SADI,  régulièrement constitué suivant récépissé de déclaration N° 0133/MATCI-DNI, dont li siège social est à Djélibougou, Rue : 255, Porte : 506bp/ 2865 Bamako-République du Mali Tel : +223) 20 24 21 02 Courriel : partisadi@partisadi.net Site web :www.partisadi ;
Agissant  aux poursuites et diligences de son  Représentant Légal et statutaire Monsieur  Oumar Mariko  de nationalité malienne  comme étant né le 04 Février 1959 à Bafoulabé , médecin généraliste,  domicilié à Djélibougou, Rue : 246, Porte : 559, BPE : 678 BAMAKO, Tél : +223  66 76 22 44, Secrétaire Général dudit Parti ; ayant pour conseil Maître Mariam Diawara Avocate à la Cour à Darsalam Rue 603, Porte 116, BP 696, Tél / Fax : +223 20 22 81 33 /                +223 66 74 81 23 ;
Laquelle opte expressément recevoir, pour  le compte du requérant en l’absence d’une élection de domicile au siège de la Cour, les significations et notifications des actes de procédures par télécopie, Fax et tout autre moyen approprié en son étude ci-dessus identifiée   .
Contre :
DEFENDERESSE :
LA  COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST, Dite CEDEAO, Située à  101, Yakubu Gowon Crescent, Asokoro District P.M.B. 401 Abuja, Nigeria Tel : (234) (9) 31 47 647-9, Fax : (234) (9) 31 43 005, 31 47 646info@ecowas.inthttp://www.ecowas.int Représentée Par Monsieur Kadré Désiré Ouedraogo, Président de la Commission  de la CEDEAO, élisant domicile en ses Bureaux  sis au Siège social ;
A LA HAUTE ATTENTION DES JUGES DE LA COUR DE JUSTICE DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE            DE L’OUEST

I.                  EXPOSE SOMMAIRE DES FAITS  ET OBJET DU LITIGE
Le 22 Mars 2012  un groupe de Militaires Maliens, sous la dénomination de Comité National de Redressement  de la Démocratie et de la Restauration de l’Etat dit CNRDRE, s’empare du pouvoir d’Etat  dans un contexte de crise sociopolitique délétère marquée par une insurrection militaro-civile ;
Ces événements  ont ainsi mis un terme aux préparatifs de l’organisation des élections présidentielles, dont  le requérant  avait pour candidat éventuel Monsieur Mariko Oumar  Secrétaire Général, au premier tour des élections  prévu pour le  29 Avril 2012 ;
Sous la pression de la Communauté Internationale, particulièrement  la CEDEAO,    l’accord-cadre  de mise en œuvre de l’engagement solennel du 1er  Avril  2012  est signé le 06 Avril 2012 à Bamako entre Le Capitaine AMADOU HAYA SANOGO, Président du CNRDRE, et Monsieur le Ministre YIPENE DJIBRIL BASSOLE  Représentant le Médiateur  de la CEDEAO Son Excellence Monsieur BLAISE COMPAORE Président du Faso ;
Cet accord prévoit la mise en œuvre des dispositions de l’article 36 de la constitution de la République du Mali, permettant au Président de l’Assemblée Nationale  Monsieur DIONCOUNDA TRAORE  d’assumer les fonctions de président  de la République par intérim,  la mise en place d’organes de transition, dans l’impossibilité matérielle d’organiser les élections présidentielles dans le délai constitutionnel de 40 Jours  à cause de l’occupation de la partie Nord du Pays par des rebelles Touaregs  et l’adoption de mesures législatives d’accompagnement  par le Parlement Malien ;
En exécution dudit accord,  la Cour Constitutionnelle, saisie par le Premier Ministre et le Président de l’Assemblée Nationale,  suite à la démission du Président de la République Son excellence Monsieur AMADOU TOUMANI TOURE, constatait la vacance de la présidence de la République au terme de l’Arrêt N° 2012-001/CC/Vacance du 10 Avril 2012, permettant ainsi à Monsieur Dioncounda Traoré, Président de l’Assemblée Nationale, d’exercer les fonctions de président de la République par intérim ;
Le 26 Avril 2012,  la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernements, à l’issue de sommet extraordinaire  de la CEDEAO tenue à Abidjan-Côte d’Ivoire, après avoir << pris acte de la mise en place  des organes des organes de transition conformément à l’Accord Cadre  ……..décident de porter la transition au Mali sur une période de 12 Mois, au cours desquels les élections présidentielles doivent être organisées pour choisir un nouveau président. Le sommet décide également d’étendre le mandat des organes de transition, notamment  le Président par intérim, le Premier Ministre et le Gouvernement sur cette période  de 12 Mois pour assurer, dans la limite des pouvoirs qui sont conférés par la constitution, la continuité de la gouvernance  du Pays >> ;
Les élections présidentielles qui devraient être organisées au plus tard le 40è Jour de la constatation de la vacance de la présidence de la République  , à savoir le 21 Mai 2012 , seront  reportées de 12 Mois  par décision de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO au mépris  des stipulations constitutionnelles de la République du Mali , empêchant ainsi le Requérant de participer aux élections présidentielles  aux dates prévues par la constitution  de la République du Mali   ;
Ces décisions litigieuses  prises en violations des textes communautaires de  la CEDEAO, appellent la censure de la Cour de Justice de la CEDEAO  conformément aux dispositifs  légaux qui régissent son fonctionnement et ses attributions.
II.               Les Moyens de droit

A.   Sur la Compétence de la Cour 
Le protocole additionnel A/SP.I/01/2005 du 19/01/2005 portant amendement du protocole A/P1/7/91 en son article  9 nouveau  paragraphe C   stipule que  «  la Cour de Justice de la CEDEAO est compétente  pour apprécier la légalité des règlements, directives, décisions et tout autre instrument juridique subsidiaire adopté dans le cadre de la CEDEAO ».
Ainsi, la simple évocation de griefs de violation de textes communautaires  par les décisions litigieuses objets du présent recours induit la compétence de la cour.

B.   Sur la Recevabilité  du recours en Annulation des décisions litigieuses
Aux termes de l’article 10 Nouveau paragraphe C du protocole additionnel  A/SP.I/01/2005 du 19/01/2005 « toute personne physique et morale peut saisir la Cour d’un recours en appréciation de légalité contre tout acte de la Communauté lui faisant grief ».
IL  s’en évince que le simple fait de se prévaloir de la qualité de victime d’une violation de la législation communautaire par  un acte d’un organe de la communauté, et de saisir la cour de céans sur la base de l’article 10 Nouveau du protocole additionnel susvisé suffit à déclarer  la requête recevable.
C.   Du caractère non exécutoire des décisions litigieuses relatives à la transition politique au Mali
L’article 9 des statuts de la CEDEAO donne des prescriptions de forme pour permettre l’exécution  de tout acte juridique pris, voire les décisions, par la conférence des chefs d’Etats et de gouvernements ; ainsi aux termes du paragraphe 5 de l’article précité toute décision prise par cet organe doit être écrite et signée  par le président de la conférence et publiée au Journal officiel de la CEDEAO  par les soins  du président de la Commission ;
Le paragraphe 6 du même article précise que la décision devient exécutoire  de plein droit 60 Jours après la date de publication  de la décision au Journal officiel de la communauté.
Or en l’espèce, les décisions litigieuses du 26 Avril 2012 qui n’ont fait que l’objet d’un simple communiqué final n’ont satisfait à aucune de ces exigences légales pour être valablement exécutoire.
Au mépris de ces dispositions du statut de la CEDEAO,  les décisions litigieuses ont été mises en œuvre  et des  communiqués produits attestent du soutien  de la conférence à la transition et à ses organes :
-         Communiqué du 03 Mai 2012 ;
-         Communiqué du 07 Juin 2012 ;
Pour ne citer que ces actes.
La requérante relève que la publication  des décisions de la conférence  au Journal officiel de la Communauté, prescrite par le paragraphe 6 de l’article 9 des statuts de la CEDEAO, conditionne leur caractère exécutoire ; ainsi en l’absence de cette publication les décisions litigieuses ne peuvent recevoir application  et son gravement entachées d’un vice de forme.
La Cour est priée de constater que les décisions de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO  du 26 Avril 2012 instituant période de transition politique de 12 mois en République du Mali n’ont pas vocation à exécution.
D.   De l’incompétence Ratione Materiae de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO
La requérante fait observer à la cour  que la Conférence , au travers des décisions litigieuses du 26 Avril 2012 ,  se comporte en un organe législatif  de la République Mali  au mépris  de son indépendance politique et de sa souveraineté nationale pourtant  reconnus et consacrés , en sa qualité  d’Etat Membre  de la CEDEAO , par  l’article 2 du protocole relatif au mécanisme de prévention, de Gestion, de règlement des conflits , de maintien de la paix et de la sécurité .
Aucune disposition du traité du 28 Mai 1975, ni celui du traité révisé du 24 Juillet 1993, les protocoles  et  instruments juridiques subsidiaires de la CEDEAO  n’autorise  la conférence à prendre les mesures de la nature de celles critiquées  devant la cour ;
IL y a manifestement une incompétence matérielle  de la conférence au regard de la législation communautaire.
E.   De la violation des textes communautaires
-         Le protocole A/SP1/12/01, sur la démocratie et la bonne gouvernance, additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, ou de maintien de la paix et de la sécurité  stipule  en son :
-         Article 1 Paragraphe  C que  << Tout changement anti-constitutionnel est interdit de même tout mode non démocratique d’accès ou de maintien au pouvoir. >>
Le requérant  attire l’attention de la cour que le maintien dans les fonctions de président par intérim de Monsieur Dioncounda Traoré  sur simple décision de la conférence  en dehors de toute élection présidentielle qu’il devrait organiser dans le délai constitutionnel de 40 jours à compter de la constatation de la vacance  par la cour constitutionnelle du Mali , est un mode non démocratique  de maintien au pouvoir ;
En agissant ainsi, au mépris des stipulations de l’article 36 alinéa  4 de la constitution Malienne, la conférence  expose ses décisions de transition à annulation pour avoir  méconnu les dispositions de l’article 1alinéa C du protocole susvisé.
Au surplus, les décisions litigieuses violent les stipulations de l’article 2 paragraphe 2  dudit protocole qui énonce que << Les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates ou aux périodes fixées par la constitution ou les lois électorales >>.
L’article 36 alinéa 4 de la Constitution de la République du Mali  prescrit que le Président de la République par intérim doit organiser les élections présidentielles 21 Jour au Moins et 40 Jours au plus à compter de la date de sa prise de fonction qui est celle de la constatation de la vacance de la présidence de la République  par la cour constitutionnelle, en l’occurrence  au plus tard le 21 Mai 2012 ;
Or, la conférence  des chefs d’Etat et de Gouvernement  au travers des décisions prises le 26 Avril 2012 substitue leur date et période à celles prévues par la constitution et les lois électorales du Mali  au mépris des dispositions de l’article 2 paragraphes 2 du protocole susvisé.
La Cour n’aura de peine à constater cette violation flagrante du texte communautaire visé au moyen   et censurer  les décisions litigieuses.
F.    Le Grief Subi par le Requérant
L’article 10 Nouveau du protocole additionnel A/SP.1/01/05/2005  n’ouvre le recours en appréciation de légalité des actes pris par un organe communautaire que si  cet acte fait grief au requérant ;  le législateur communautaire consacre ainsi le principe procédural << pas d’intérêt  pas d’action >> ;
Ainsi, après avoir démontré  la pertinence de la violation des textes communautaires par  la conférence des chefs d’Etat et Gouvernement  de la CEDEAO, le requérant qui est un parti politique régulièrement constitué, et qui participe à la vie politique du Mali  est  injustement privé de la participation  aux élections présidentielles qui devraient se tenir au plus tard le 21 MAI 2012. Le préjudice causé par les décisions litigieuses est donc évident ;
La cour est donc priée de le constater  pour  déclarer sa requête bien fondée.
PAR CES MOTIFS :
Le requérant prie la Cour de Justice de la CEDEAO :
-         Vu le traité révisé de la CEDEAO du 24 Juillet 1993 ;
-         Vu le protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO ;
-         Vu le protocole additionnel A/SP.1/01/O5 du 19/01/2005  portant amendement du protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO ;
-         Vu le protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne Gouvernance ;
-         Vu le protocole relatif au mécanisme de maintien de prévention, de gestion, de règlement des conflits, ou de maintien de la paix et de la sécurité ;
-         Vu le règlement de procédure de la Cour de Justice de la CEDEAO du 28 Aout 2002 ;
De bien vouloir   :
-         Se déclarer compétente pour connaitre  de son recours en appréciation  de légalité des décisions  du 26 Avril 2012  de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO prescrivant et organisant une période de transition de 12 Mois  en République du Mali , et prévoyant l’organisation des élections présidentielles dans cette période ;
-         Déclarer le présent recours recevable ;
-         Constater que les décisions litigieuses ne sont pas exécutoires dans la République du Mali   et sont inopposables à tous les Etats Membres de la CEDEAO ;
-         Constater que lesdites décisions sont prises en violation des dispositions pertinentes  du protocole A/SP.1/12/01 sur la démocratie et la bonne Gouvernance et le protocole additionnel  relatif au Mécanisme de prévention, de Gestion, de règlement des conflits, ou de maintien de la paix et de la sécurité ;
-         Constater que la conférence n’est pas habilitée  à prescrire une transition politique en République du Mali et à l’organiser.
-         Liquider les dépens de la procédure et les mettre à la charge  de la CEDEAO ;

En conséquence, annuler purement et simplement les décisions litigieuses.

Fait à Bamako le Lundi 30 Juillet 2012
Pour le Requérant
Maitre Mariam Diawara
Avocate à la Cour Bamako-Mali.














BORDEREAUX DE PIECES :
-         5 copies originales de la présente requête pour les Juges de la cour ;
-         1 copie certifiée conforme à l’originale  destinée à la CEDEAO partie défenderesse ;
-          L’accord cadre de mise en œuvre de l’engagement solennel du 1er  Avril 2012 ;
-         Carte Professionnelle  de la qualité d’Avocate au Barreau de Bamako-Mali de Maître  Mariam Diawara ;
-         L’arrêt N°2012-001/CC/Vacance du 10 Avril 2012  de la Cour Constitutionnelle  de la République du Mali ;
-         Communiqué  Final de la CEDEAO du 26 Avril 2012  de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO ;
-         Les communiqués de la CEDEAO des 03 Mai et 07 Juin 2012 ;
-         Statuts et règlement intérieur du parti politique SADI ;
-         Récépissé de déclaration du parti SADI ;
-         Liste des membres du bureau politique du Parti SADI ;
-         Photocopie de la Carte Nationale d’identité du président du parti SADI ;
-         Le traité révisé de la CEDEAO du 24 Juillet 1993 ;
-         Le protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO ;
-         Le protocole additionnel A/SP.1/01/O5 du 19/01/2005  portant amendement du protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO ;
-         Le protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne Gouvernance ;
-          Le protocole relatif au mécanisme de maintien de prévention, de gestion, de règlement des conflits, ou de maintien de la paix et de la sécurité ;
-         Le règlement de procédure de la Cour de Justice de la CEDEAO du 28 Aout 2002.





REQUETE AUX FINS DE JUGEMENT SELON LA PROCEDURE ACCELEREE PREVUE PAR L’ARTICLES  59 DU REGLEMENT        DE PROCEDURE DE LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO

REQUERANT :
Le Parti Politique dénommé Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance, dit SADI,  régulièrement constitué suivant récépissé de déclaration N° 0133/MATCI-DNI, dont le siège social est à Djélibougou, Rue : 255, Porte : 506bp/ 2865 Bamako-République du Mali Tel : +223) 20 24 21 02 Courriel : partisadi@partisadi.net Site web :www.partisadi ;
Agissant  aux poursuites et diligences de son  Représentant Légal et statutaire Monsieur  Oumar Mariko  de nationalité malienne  comme étant né le 04 Février 1959 à Bafoulabé , médecin généraliste,  domicilié à Djélibougou, Rue : 246, Porte : 559, BPE : 678 BAMAKO, Tél : +223  66 76 22 44, Secrétaire Général dudit Parti ; ayant pour conseil Maître Mariam Diawara Avocate à la Cour à Darsalam Rue 603, Porte 116, BP 696, Tél / Fax : +223 20 22 81 33 /                +223 66 74 81 23 ;
Laquelle opte expressément recevoir, pour  le compte du  requérant en l’absence d’une élection de domicile au siège de la Cour, les significations et notifications des actes de procédures par télécopie, Fax et tout autre moyen approprié en son étude ci-dessus identifiée   .
Contre :
DEFENDERESSE :
LA  COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST, Dite CEDEAO, Située à  101, Yakubu Gowon Crescent, Asokoro District P.M.B. 401 Abuja, Nigeria Tel : (234) (9) 31 47 647-9, Fax : (234) (9) 31 43 005, 31 47 646info@ecowas.inthttp://www.ecowas.int Représentée Par Monsieur Kadré Désiré Ouedraogo, Président de la Commission  de la CEDEAO, élisant domicile en ses Bureaux  sis au Siège social ;
A LA HAUTE ATTENTION DES JUGES DE LA COUR DE JUSTICE DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE            DE L’OUEST

Le requérant a saisi le Lundi 30 Juillet 2012 la Cour de Céans aux fins d’appréciation des décisions prises par la conférence des chefs d’Etats et de Gouvernements de la CEDEAO du Jeudi 26 Avril 2012, objet d’une  requête annexée aux présentes ;
Cependant, le requérant souhaiterait voir juger la cause selon la procédure accélérée. 
Motifs du recours à la procédure accélérée :
Le suivi de la procédure normale  peut rendre le recours en annulation sans objet, d’autant plus les formalités procédurales peuvent aller au-delà de la période de transition largement entamée ;
Au surplus, il y a un blocage de la situation sociopolitique  du fait des mesures de transitions imposées par la CEDEAO, en témoigne  les manifestations politiques  et  «  l’agression récente » du président par intérim  qui vient de subir des soins en France. La classe politique dans sa large majorité désapprouve cette immixtion intolérable  de la CEDEAO  dans l’ordre constitutionnel Malien de sorte  que la saisine de la cour cristallise les passions politiques et une décision rapide peut faire baisser la température sociale.
C’est pourquoi, le requérant prie la cour de bien vouloir déclarer recevable la présente requête, et constater que l’urgence requiert  de l’affaire que la cour statue  dans les brefs délais.
Par ces Motifs
Déclarer  la présente  recevable  et fondée
En conséquence retenir  la requête aux fins d’appréciation  des décisions litigieuses du 26 Avril 2012  en procédure accélérée.
Fait à Bamako, le  Lundi 30 Juillet  2012 ;
Pour le requérant ;
Maitre Mariam Diawara, avocate à la Cour Bamako-Mali ;
BORDEREAUX DE PIECES :
-         5 copies originales de la présente requête pour les Juges de la cour ;
-         1 copie certifiée conforme à l’originale  destinée à la CEDEAO partie défenderesse ;
-          L’accord cadre de mise en œuvre de l’engagement solennel du 1 Avril 2012 ;
-         Carte Professionnelle  de la qualité d’Avocate au Barreau de Bamako-Mali de Maître  Mariam Diawara ;
-         L’arrêt N°2012-001/CC/Vacance du 10 Avril 2012  de la Cour Constitutionnelle  de la République du Mali ;
-         Communiqué  Final de la CEDEAO du 26 Avril 2012  de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO ;
-         Les communiqués de la CEDEAO des 03 Mai et 07 Juin 2012 ;
-         Statuts et règlement intérieur du parti politique SADI ;
-         Récépissé de déclaration du parti SADI ;
-         Liste des membres du bureau politique du Parti SADI ;
-         Photocopie de la Carte Nationale d’identité du président du parti SADI ;
-         Le traité révisé de la CEDEAO du 24 Juillet 1993 ;
-         Le protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO ;
-         Le protocole additionnel A/SP.1/01/O5 du 19/01/2005  portant amendement du protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO ;
-         Le protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne Gouvernance ;
-          Le protocole relatif au mécanisme de maintien de prévention, de gestion, de règlement des conflits, ou de maintien de la paix et de la sécurité ;
-         Le règlement de procédure de la Cour de Justice de la CEDEAO du 28 Aout 2002.





REQUETE AUX FINS  DE MESURES CONSERVATOIRES                   EN APPLICATION DE L’ARTICLE 19  PARAGRAPHE 2                      DU PROTOCOLE A/P.1/7/91 RELATIF A LA COUR DE JUSTICE         DE LA COMMUNAUTE  
Monsieur ou Madame le président
De la Cour de Justice de la CEDEAO
101, Yakubu Gowon Crescent, Asokoro District P.M.B. 401 Abuja, Nigeria
Tel: (234) (9) 31 47 647-9, Fax:  (234) (9) 31 43 005, 31 47 646
info@ecowas.int http://www.ecowas.int
REQUERANT :
Le Parti Politique dénommé Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance, dit SADI,  régulièrement constitué suivant récépissé de déclaration N° 0133/MATCI-DNI, dont li siège social est à Djélibougou, Rue : 255, Porte : 506bp/ 2865 Bamako-République du Mali Tel : +223) 20 24 21 02 Courriel : partisadi@partisadi.net Site web :www.partisadi ;
Agissant  aux poursuites et diligences de son  Représentant Légal et statutaire Monsieur  Oumar Mariko  de nationalité malienne  comme étant né le 04 Février 1959 à Bafoulabé , médecin généraliste,  domicilié à Djélibougou, Rue : 246, Porte : 559, BPE : 678 BAMAKO, Tél : +223  66 76 22 44, Secrétaire Général dudit Parti ; ayant pour conseil Maître Mariam Diawara Avocate à la Cour à Darsalam Rue 603, Porte 116, BP 696, Tél / Fax : +223 20 22 81 33 /                +223 66 74 81 23 ;
Laquelle opte expressément recevoir, pour  le compte du requérant en l’absence d’une élection de domicile au siège de la Cour, les significations et notifications des actes de procédures par télécopie, Fax et tout autre moyen approprié en son étude ci-dessus identifiée   .
Contre :
DEFENDERESSE :
LA  COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST, Dite CEDEAO, Située à  101, Yakubu Gowon Crescent, Asokoro District P.M.B. 401 Abuja, Nigeria Tel : (234) (9) 31 47 647-9, Fax : (234) (9) 31 43 005, 31 47 646info@ecowas.inthttp://www.ecowas.int Représentée Par Monsieur Kadré Désiré Ouedraogo, Président de la Commission  de la CEDEAO, élisant domicile en ses Bureaux  sis au Siège social ;
Objet du Litige :
Le 22 Mars 2012,  un groupe de Militaires Malien, sous la dénomination de Comité National de Redressement  de la Démocratie et de la Restauration de l’Etat dit CNRDRE, s’empare du pouvoir d’Etat   dans un contexte de crise sociopolitique délétère marquée par une rébellion militaro-civile ;
Ces événements  ont ainsi mis un terme aux préparatifs de l’organisation des élections présidentielles, dont  le requérant  avait pour candidat éventuel Monsieur Mariko Oumar  Secrétaire Général, au premier tour des élections  prévu pour le  29 Avril 2012 ;
Sous la pression de la Communauté Internationale, particulièrement  la CEDEAO,    l’accord-cadre de mise en œuvre de l’engagement solennel du 1 Avril  2012  est signé le 06 Avril 2012 à Bamako entre Le Capitaine AMADOU HAYA SANOGO, Président du CNRDRE, et Monsieur le Ministre YIPENE DJIBRIL BASSOLE  Représentant le Médiateur  de la CEDEAO Son Excellence Monsieur BLAISE COMPAORE Président du Faso ;
Cet accord prévoit la mise en œuvre des dispositions de l’article 36 de la constitution de la République du Mali, permettant au Président de l’Assemblée Nationale  Monsieur DIONCOUNDA TRAORE  d’assumer les fonctions de président  de la République par intérim,  la mise en place d’organes de transition , dans l’impossibilité matérielle d’organiser les élections présidentielles dans le délai constitutionnel de 40 Jours  à cause de l’occupation de la partie Nord du Pays par des rebelles Touaregs et l’adoption de mesures législatives d’accompagnement  par le Parlement Malien ;
En exécution dudit accord,  la Cour Constitutionnelle, saisie par le Premier Ministre et le Président de l’Assemblée Nationale  suite à la démission du président de la République Son excellence Monsieur AMADOU TOUMANI TOURE, constate la vacance de la présidence de la République au terme de l’Arrêt N° 2012-001/CC/Vacance du 10 Avril 2012, permettant ainsi à Monsieur DIONCOUNDA TRAORE, Président de l’Assemblée Nationale, d’exercer les fonctions de président de la République par intérim ;
Le 26 Avril 2012 la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernements, à l’issue de sommet extraordinaire  de la CEDEAO tenue à Abidjan-Cote d’Ivoire, après avoir << pris acte de la mise en place  des organes des organes de transition conformément à l’Accord Cadre  ……..décident de porter la transition au Mali sur une période de 12 Mois, au cours desquels les élections présidentielles doivent être organisées pour choisir un nouveau président. Le sommet décide également d’étendre le mandat des organes de transition, notamment  le Président par intérim, le Premier Ministre et le Gouvernement sur cette période  de 12 Mois pour assurer, dans la limite des pouvoirs qui sont conférés par la constitution, la continuité de la gouvernance  du Pays. >>
Les élections présidentielles qui devraient être organisées au plus tard le 40è Jour de la constatation de la vacance de la présidence de la République  , à savoir le 21 Mai 2012 , sont  reportées de 12 Mois  par décision de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO au mépris  des stipulations constitutionnelles de la République du Mali , empêchant ainsi le Requérant de participer aux élections présidentielles  aux dates prévues par la constitution  de la République du Mali   ;
Par requête datée du  Lundi 30 Juillet 2012  le requérant a saisi la cour de céans aux fins de constater l’inapplicabilité, à défaut  annuler purement et simplement, des décisions litigieuses ;
Par une autre requête datée du même jour  la requête a sollicité le jugement de sa requête selon la procédure accélérée  prévue par l’article 59 du règlement de procédure ;
Cependant, dans l’attente que la cour de céans vide sa saisine   les circonstances, soutenues par des moyens de  fait et de droit ,  établissent l’urgence   à  voir ordonner des mesures propres à empêcher  la CEDEAO ainsi que tout Etat Membre  de poser  toute action susceptible  d’ entraver le règlement du conflit élevé devant la cour , notamment  par une interdiction de soutenir activement la transition  au Mali , par quelque procédé que ce soit ou mesures quelconques ,  au mépris des règles constitutionnelles en vigueur  et des textes  communautaires de la CEDEAO , et  de s’abstenir  de toute immixtion  dans la vie politique  Malienne qui ne justifie pas la compétence de la CEDEAO .
Moyens de fait et de droit  justifiant la demande
Aux termes de l’article 19 paragraphe 2 du protocole A/P.1/7/91 relatif à la cour de Justice << lorsque la cour est saisie d’un différend, les Etats membres ou les institutions de la communauté doivent s’abstenir  de toute action susceptible  de l’aggraver ou d’entraver le règlement. >>
 Ainsi, le requérant  qui est victime  d’une voie de fait qui  a privé son candidat de se présenter  aux élections présidentielles  à la période fixée par l’article 36 alinéa 4 de la constitution Malienne,  s’expose à  une série de mesures arbitraires prises chaque fois que de besoin par la conférence  des chefs d’Etats et de Gouvernements   pour consolider la transition contestable ;
La situation sociopolitique est précaire du fait de la contestation  populaire de la transition et de ses  organes  mérite d’être préservée par des mesures conservatoires susvisées.
Par ces Motifs :
Le requérant, vu :
-         Les articles 79, 85 et 86  du règlement de procédure de la cour de céans ;
-         L’article 19 paragraphe 2 du protocole A/P.1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO
Prie la cour de  recevoir sa requête et ordonner   des mesures propres à empêcher  la CEDEAO ainsi que tout Etat Membre  de poser  toute action susceptible  d’ entraver le règlement du conflit élevé devant la cour , notamment  par une interdiction de soutenir activement la transition  au Mali , par quelque procédé que ce soit ou mesures quelconques ,  au mépris des règles constitutionnelles en vigueur  et des textes  communautaires de la CEDEAO , et  de s’abstenir  de toute immixtion  dans la vie politique  Malienne qui ne justifie pas la compétence de la CEDEAO .
Fait à Bamako, Lundi 30 Juillet 2012 ;
Pour le requérant
Maître Mariam  DIAWARA,
Avocate à la Cour Bamako-Mali.



BORDEREAUX DE PIECES :
-         5 copies originales de la présente requête pour les Juges de la cour ;
-         1 copie certifiée conforme à l’originale  destinée à la CEDEAO partie défenderesse ;
-          L’accord cadre de mise en œuvre de l’engagement solennel du 1 Avril 2012 ;
-         Carte Professionnelle  de la qualité d’Avocate au Barreau de Bamako-Mali de Maître  Mariam Diawara ;
-         L’arrêt N°2012-001/CC/Vacance du 10 Avril 2012  de la Cour Constitutionnelle  de la République du Mali ;
-         Communiqué  Final de la CEDEAO du 26 Avril 2012  de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEDEAO ;
-         Les communiqués de la CEDEAO des 03 Mai et 07 Juin 2012 ;
-         Statuts et règlement intérieur du parti politique SADI ;
-         Récépissé de déclaration du parti SADI ;
-         Liste des membres du bureau politique du Parti SADI ;
-         Photocopie de la Carte Nationale d’identité du président du parti SADI ;
-         Le traité révisé de la CEDEAO du 24 Juillet 1993 ;
-         Le protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO ;
-         Le protocole additionnel A/SP.1/01/O5 du 19/01/2005  portant amendement du protocole A/P1/7/91 relatif à la cour de Justice de la CEDEAO ;
-         Le protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne Gouvernance ;
-          Le protocole relatif au mécanisme de maintien de prévention, de gestion, de règlement des conflits, ou de maintien de la paix et de la sécurité ;
-         Le règlement de procédure de la Cour de Justice de la CEDEAO du 28 Aout 2002.





MALI: Avis de Me Amadou Tioulé Diarra, professeur de droit à l’Université




Dans l’interview qui suit, Me Amadou Tioulé Diarra nous livre sa vision sur les propositions de Dioncounda Traoré visant à renforcer les institutions de la transition. L’avocat, professeur de l’histoire du droit et des institutions à l’université de Bamako, ne mâche pas  ses mots sur la vie sociopolitique malienne.
Afribone : Le président de la République, Dioncounda Traoré, a annoncé une série de mesures visant à mieux organiser la transition malienne. Que vous inspirent ces décisions ?
Me Amadou Tioulé Diarra : Lors de son message à la nation, le président Dioncounda a effectivement énuméré des organes de la transition : un Haut Conseil d’Etat comprenant le président et deux vice-présidents, un Conseil National de Transition et une Commission Nationale aux Négociations. Ça veut dire, en terme juridique constitutionnel, qu’il s’est doté d’un certain nombre de pouvoirs constituants. Il est devenu un constituant, quelqu’un qui a pris sur lui l’initiative de constituer des pouvoirs dans la République. La question qui va se poser, Est-ce qu’il en a le droit ? Non !
Voulez-vous dire que la constitution malienne ne permet pas la mise en place d’un Haut Conseil d’Etat (HCE) comprenant des postes de vice-présidence ?
Jusqu’à présent, on ne sait pas si Dioncounda Traoré est président par intérim ou président de la transition. En fonction des circonstances nous lisons les deux termes dans les journaux. Même à la télé du Mali, c’est le président par intérim. En fait, la communauté internationale le considère comme étant le président de la transition.
Mais qui doit définir réellement ce cadre juridique ?
La chose ne change pas dans son fond. Président par intérim, président de la transition, rien de ceci ne lui permet - juridiquement - d’être un législateur constituant. La constitution du 25 février 1992 donne le pouvoir constituant à l’Assemblée nationale. Si l’Assemblée nationale décide de créer des institutions de la République, cela s’apparente à une révision constitutionnelle. Et la révision constitutionnelle doit être entérinée par un référendum. Nous savons que nous sommes dans une situation exceptionnelle.
Le président lui-même a été sage en disant que ce sont des propositions. Si ce sont des propositions, elles doivent être acceptées par qui et comment ?
Son adresse était une adresse à la nation malienne. Hors la nation malienne dans sa globalité ne peut pas dire « oui nous acceptons ». Nous sommes dans un jeu de partis et un environnement composé de la société civile.



Comment voyez-vous donc l’avenir des organes en voie de création ?
Puisque nous ne fonctionnons pas sur la base de la constitution de 1992, l’accord cadre avait prévu un premier ministre de pleins pouvoirs mais la question de la présidence de la transition n’a pas été réglée. Ce qui suppose que les forces vives de la nation devraient se rencontrer pour doter la transition d’un président de la République. Aujourd’hui nous évoluons non seulement en dehors de la constitution mais aussi en dehors de l’accord-cadre.
Sommes-nous dans un système de pilotage à vue ?
Pilotage à vue, si vous voulez ! On est quand même dans un système juridiquement sans non. Mon apprentissage de juriste ne m’a pas permis de voir un scénario du genre. Nous fonctionnons sur la base du fait plus que sur la base du droit. Rien n’indique dans l’accord-cadre que le premier ministre peut être révoqué avant un an ou que le président par intérim ou, je ne sais pas, de transition, peut le contraindre à la démission.
Or, nous sommes actuellement dans une situation de forcing pour le contraindre à la démission. S’il n’accepte pas cette démission, je vois très clairement que nous nous retrouverons dans une situation de deux gouvernements parallèles. Ces institutions annoncées sont des organes qui ont retiré l’essentiel des pouvoirs du premier ministre de « plein pouvoir ».
Si le premier vice-président s’occupe du Comité militaire de suivi de la reforme de l’armée, à quoi vont servir le ministre de la défense et l’état-major ? Le deuxième vice-président se chargera des forces vives de la nation, donc à quoi va servir l’Assemblée nationale dont on a prorogé le mandat ?
Je vois également dans le Conseil National de Transition un peu comme le Conseil de Transition pour le Salut Public (CTSP) de 1991-1992. Une sorte d’Assemblée qui regarde, entérine les différentes décisions que le président du CTSP de l’époque prenait par ordonnance. Dans cet ordre d’esprit, il y aura des difficultés. On a violé l’accord-cadre et la CEDEAO encourage sa violation ! Si le premier ministre reste en fonction, il est diminué. S’il ne reste pas, les fonctions de celui qui lui succédera laisseront à désirer. Nous allons vraiment vers de pires situations.
Si la CEDEAO aime le Mali et ne veut pas le pousser vers l’irréparable, elle ne manque pas de moyens pour mettre le président Dioncounda Traoré et le premier ministre Cheick Modibo Diarra face-à-face pour voir ensemble ce qui est faisable. On a même mis « Jeune Afrique » à contribution pour discréditer Cheick Modibo. Ce ne sont pas les fonctions de navigateur de celui-ci qui sont en jeu mais ses compétences et sa probité morale par rapport à une mission spécifique.
Pensez-vous donc qu’une tension existe entre le président et le premier ministre ?
Les politiciens fabriquent la tension entre les deux hommes parce que simplement Cheick Modibo Diarra a eu la malchance d’être le beau-fils de Moussa Traoré [président du Mali de 1968 à 1991, Ndlr]. Ce n’est pas la dictature de Moussa Traoré qui est en cause ! Même si le fils de Moussa arrivait au pouvoir, il ne pourra jamais restaurer le régime de son père.
Il faut qu’on s’élève au dessus de tout cela et qu’on regarde sa mission. Si celle-ci n’est pas accomplie au bout de douze mois, on peut retirer la confiance au Dr. Cheick Modibo. Si elle est accomplie, on le félicitera et on organisera de nouvelles élections. On fait tout pour opposer Dioncounda à Cheick Modibo. Les maliens seront les grands perdants.





Quelle est donc la solution, à votre avis ?
La solution est très simple. L’Assemblée nationale aurait dû être sage en votant quelques lois constitutionnelles avant le 9 août [date de la fin de son mandat constitutionnel, Ndlr] en prévoyant le président de la transition, les organes de la transition et leurs missions et en définissant nos rapports avec les partenaires techniques et financiers. Après le 9 août, l’Assemblée ne devrait pas existé.
Néanmoins, nous aurions légalement des institutions. Ces nouvelles institutions qu’on cherche à créer le seront sur la base de quoi ? En tout cas pas la constitution de 1992 ni l’accord-cadre. C’est comme si les gens qui nous managent ainsi n’ont pas d’état d’âme. Ils sont dans l’eldorado. Ils n’ont même pas un enfant ici, à part quelques villas. Les villas détruites peuvent être reconstruites mais ce n’est pas le cas pour les vies humaines. J’en appelle vraiment à la sagesse.
Il faudrait, et là je sors complètement de l’analyse juridique, que les Niaré, les Dravé, les Touré et autres se lèvent encore pour essayer de créer un climat de dialogue entre le Dr. Cheick Modibo Diarra et le président Dioncounda Traoré. A moins qu’ils y aient d’autres intérêts dans cette affaire que nous ne maîtrisons pas. Dans ce cas, le mal est infini.
Propos recueillis par Seydou Coulibaly
02 Août 2012
©AFRIBONE

Syrie : 4 pays derrière la démission et la colère de Koffi Annan qui accuse



Kofi Annan
Kofi Annan
Diantre !
Une mauvaise foi, un comportement exécrable s’empare du monde autoproclamé juste, plus suspect qu’autre chose, toujours prompt à blâmer, accuser, fomenter et exclure les autres. Kofi Annan, le désormais ex médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe (qui n’a de nom qu’arabe) en Syrie, a jetté l’éponge. Les “regrets” se multiplient à travers le monde entier mais, trois seulement sont sincères, celui de la Russie, celui de la Chine et enfin, celui de la Syrie. Explication. 
Bien évidemment, vous ne lirez pas les vrais griefs de Kofi Annan contre ceux qu’il accuse d’avoir sapé sa mission. Lorsqu’on veut vous faire croire qu’il s’en prend à l’ONU, les médias “mainstream” évite de préciser que, il s’agit pour lui de dire vertement à l’encontre de l’institution ninternationale, qu’elle n’a qu’une seule position ou proposition, le ”départ de Bachar Al-Assad” comme préalable. Lorsque l’ex secrétaire général des Nations unies dit qu’Assad partira un jour, c’est dans le sens où, nul n’est éternel. Hélas, les médias occidentaux dominants laissent croire que lui aussi  demande le départ du président syrien. Pour lui, la “transition” signifie que Bachar Al-Assad doit “tôt ou tard” partir. Une arnaque supplémantaire donc car, tôt ou tard ne signifie pas “maintenant” et par conséquent, c’est un appel à une solution politique et pacifique.
Kofi Annan incrimine donc 4 pays: Les Etats-Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie.
Etats-Unis: Quand l’ex médiateur parle du manque d’unanimité au Conseil de sécurité, en disant n’avoir pas “reçu tous les soutiens que la cause méritait”, ajoutant, “Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs, c’est précisément le pays de Barack Obama qu’il vise. Primo, le Conseil de sécurité a des règles. Ces dernières doivent être repectées. Or, quand un des pays membres  oppose son veto, ce fut le cas de la Chine et de la Russie, les autres doivent se plier, pour chercher une solution politique. Deusio, les Etats-Unis ont toujours défendu Israël avec leur veto, et les autres pays membres se sont toujours pliés. Mais, sous l’impulsion de Barack Obama, les USA ont renversé la table, avec notamment des déclarations sans ambiguité de Susan Rice, ambassadrice américaine à l’ONU, qui déclara: “nous allons travailler en dehors de l’instance onusienne”. Une grande première, une violation du droit international. 
Qatar et Arabie saoudite: Quand Kofi Annan indique que  ”La militarisation croissante sur le terrain et le manque d’unanimité au Conseil de sécurité ont fondamentalement changé mon rôle”, il parle des pays du Golfe persique. Ces deux pays, valets des Etats-Unis, arment les terroristes et les mercenaires qu’ils ont recruté dans le monde entier. Selon de nouvelles informations, leur recrutement s’est aussi fait aux Etats-Unis où, des formateurs de la tristement célèbre officine terroriste Blackwater, entraînent lesdits mercenaires en Turquie, avant de les envoyer au front en Syrie. Tout ceci, par l’entremise du financement du Qatar, propriétaire chez nous, de Al Qaïda FC, ex PSG, et financier du terrorisme international. Fichtre.
Turquie: Comment le plan de paix de Kofi Annan pouvait-il fonctionner avec la mauvaise foi des pays comme la Turquie ? Le plan de paix en six points de M. Annan pour régler le conflit en Syrie, prévoyait une cessation des combats entre gouvernement et opposition armée ainsi qu’une transition politique. Hélas, la Turquie accueillait dans le même temps des terroristes. La Syrie avait accepté ce plan-là mais, la coalition machiavélique anti-Syrie avait demandé aux soi-disant rebelles de refuser de signer ce plan. Alors, quand la France, avec une mauvaise foi abyssale dit  que cette décision de Kofi Annan “illustre l’impasse dramatique du conflit syrien”, on ne peut que sourire.
Pour finir, et les médias auront tendance à l’ignorer, la Syrie a toujours et totalement approuvé le plan Annan. C’est le camp d’en face, celui qui veut toujours avoir raison, qui arme des terroristes syriens et ses mercenaires, finance le terrorisme international, qui a toujours refusé ce plan, puisque son diktat et/ou préalable est le départ de Bachar Al-Assad avant toute discussion. On se demande bien au nom de quoi et de quel principe ?

Les chroniques iraniennes et/ou perses de Jafar: Mossadegh, cherä, cherä ?



Cherä, cherä… Ce mot perse signifie « pourquoi », parfaitement approprié lorsque l’on pense à Mohammad Mossadegh. Pourquoi une chute aussi spectaculaire ? Pourquoi la condamnation de cet homme si brillant ? Pourquoi en 1953 l’Iran est-il retombé sous le joug des impérialistes alors que le pays était si proche de s’en défaire définitivement ? Cette chronique est destinée à toutes les personnes jouant les vierges effarouchées lorsque l’on évoque le fait que la CIA a pour habitude d’organiser des coups d’état à travers le monde. Ah, l’Amérique, ce beau pays, ce grand pays démocratique, la Constitution et caetera… Ne rigolez pas, il existe encore en Europe bien des andouilles pour qui ce « raisonnement » est incontestable et incontesté… Ce à quoi nous pouvons rajouter la phrase pouvant achever de rire toute personne censée : « les Israéliens, notre peuple ami qui souffre et que nous devons protéger… » Bref. Fin de ce petit hors-sujet de quelques lignes nécessaire, ce n’est pas sympathique de ridiculiser les raisonnements des gens lobotomisés par les médias “mainstream”.
Aujourd’hui donc, nous parlerons de Mohammad Mossadegh. Homme politique iranien né en 1882 et décédé en 1967. Il fut député, puis opposant à Reza Shah Pahvali (règne de 1925 à 1941, avant dernier Shah d’Iran) qui l’envoya notamment en exil. Il put reprendre ses activités politiques en 1942, dans la période la plus dure possible pour le pays. En effet, les américains et les britanniques venaient d’envahir l’Iran afin de faciliter aux Russes le ravitaillement par les lignes de chemin de fer iraniennes et suite au refus de Reza Shah de ne pas rester neutre dans la seconde guerre mondiale. Ces deux nations impérialistes se livreront comme ils en ont eu l’habitude dans leur histoire, à des exactions de la population. Le sentiment nationaliste du peuple iranien dans ce moment de douleur tripla, et un parti politique nationaliste fut créé, avec à sa tête Mossadegh : Jebhe Melli. Ce parti politique se veut avant tout nationaliste et protecteur des intérêts du peuple iranien. Suite au départ des occidentaux de l’Iran à la fin de la seconde guerre mondiale, le Shah Mohammed Reza Shah Pahvali (règne de 1941 à 1979, dernier Shah d’Iran) fait face à une forte opposition : du Jebhe Melli d’une part, du parti communiste Toudeh d’autre part. L’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala disait de ce sinistre personnage que l’on pouvait l’appeler le chien, car « quand les occidentaux lui lançaient un os, il le rapportait aussitôt ». Ce qui n’est pas dénué de vérité.
Le 29 avril 1951, le Shah se retrouve obligé de nommer Mossadegh premier ministre. Son action la plus rapide et importante fut de nationaliser l’ « anglo-iranian oil company » ayant la main-mise sur le pétrole du pays, afin que le peuple puisse bénéficier des rentes pétrolières. Quoi de plus normal aux yeux de personnes éprises d’équité ? L’argent du pétrole du peuple appartient au peuple et non aux requins en costume-cravate appelés patrons de multinationales ! Mossadegh mena également une politique fortement anti-britannique en expulsant tous les consulats de ce pays n’ayant jamais cherché autre chose que de mettre, en vain, la mainmise totale sur l’Iran. Le Shah tentera certes d’évincer son premier ministre, mais suite à d’immenses manifestations populaires il se verra forcé de rappeler Mossadegh 3 jours plus tard. Une humiliation qu’il ne digérera pas. Le 15 août 1953 une arrestation de Mossadegh est ratée, et Mohammed Reza Pahvali ayant peur d’assumer ses actes se réfugie lâchement à Rome. C’est alors que les impérialistes en bottes de cow-boys nommés américains et britanniques décidèrent que la situation était allée trop loin, qu’un pays ne pouvait se défaire de leur joug aussi facilement. Le digne peuple Perse debout et non soumis aux occidentaux ? Impensable pour ces requins déguisés en poissons rouges humanitaires ! Américains et Britanniques, conjointement, mettent en place l’opération Ajax. Des manifestants sont payés pour protester contre Mossadegh, le parti Toudeh est poussé par des membres infiltrés de la CIA à faire de même. Finalement, la CIA encouragera le général Zahedi, fidèle parmi les fidèles du Shah à prendre d’assaut le parlement. Mossadegh se verra arrêté et le Shah reviendra de son bref exil.
Mohammad Mossadegh sera condamné à 3 ans de prison, suivis d’une assignation à résidence à vie à Ahmadabad. La nationalisation est annulée et les Américains récupèrent 40% des parts du pétrole iranien. Nous ne devons pas oublier que Mossadegh, démocratiquement élu, fut renversé par les impérialistes ne jurant que par les billets vert et refusant toute amélioration de la condition de vie du peuple iranien. Mossadegh a payé sa volonté de voir l’argent du pétrole du peuple au peuple, et restera un des premiers symboles de la liberté arrachée par le peuple Perse aux Occidentaux et/ou dents de requin. Souvenez-vous en tous, lorsque vous voyez les rats de Benghazi où l’Armée (non) Syrienne (tout sauf) Libre ! Ceux croyant encore que ces clowns ne sont pas des agents financés et soutenus par l’occident vivent dans le monde des bisounours. Mossadegh, de là ou il est, pourrait le confirmer…
Bonne continuation du jeûne du Ramadan à tous ceux concernés, n’oubliez pas que remettre en cause les informations des médias mainstream est essentiel afin de voir la vérité dans l’actualité internationale, et ce, en partie, grâce à l’analyse de l’histoire. Les Occidentaux ont eu Mossadegh et Gaddafi, ne les laissont pas avoir Al-Assad et Ahmadinejad !
Rappelons en hors-sujet (que je tiens néanmoins à préciser) que Mossadegh se prononce « Mossader », en effet le son « gh » se prononce « r » en langue perse et arabe. Les rats libyens sont originaires de « Benrazi » et le pays à l’est de l’Iran est l’ « Afranistan » en terme de prononciation. Chaque fois que quelqu’un prononce ces noms à l’occidentale, un chaton meurt égorgé quelque part dans le monde, ne l’oubliez pas avant de prononcer un nom d’origine arabe où perse incluant un « gh »…
Je tiens à remercier mon frère de combat Allain Jules ainsi que la modératrice. Je vous dis à la semaine prochaine.
Salaam ahlikoum ! 

Jafar.

Syrie : Les Occidentaux et les salafistes dans le bal des faux-culs et des nazis



Barack Obama (USA) et Hamad bin Khalifa al-Thani (Qatar)
Barack Obama (USA) et Hamad bin Khalifa al-Thani (Qatar)
Peut-on encore ignorer les mensonges véhiculés par les héritiers d’Hitler dont Obama, le petit nazillon noir, est le porte flambeau avec le complot ourdi par ses maîtres contre la Syrie ? Le président américain est la plus grande arnaque que le monde ait connu. Souvenez-vous que ce mec est prix Nobel de la…….paix. Quelle hérésie ! Le casting était too much, et, nous n’avions que vu du feu. L’homme qui devait apaiser le monde en apportant la paix est entrain de semer la mort partout dans le monde.
Cette alliance diabolique entre les Occidentaux et les salafistes vient de produire aux yeux de tous, l’acte macabre commandité par leurs soins à Alep, où, nous rapporte Le Figaro:
 Les partisans de Bachar el-Assad exécutés mardi à Alep ne sont autres que les chefs d’un grand clan sunnite de la ville, lié au pouvoir et soupçonnés par les habitants d’activités mafieuses. Sur la vidéo mise en ligne par l’Armée syrienne libre (ASL) et qui a fait le tour du monde, on voit quatre hommes, en caleçon et le visage tuméfié, traînés contre un mur et tués de longues rafales de kalachnikov. Les suppliciés sont des notables du clan Berri, et parmi eux figure Zeinou Berri, considéré comme le chef du clan. 
Cardiaques, s’abstenir de regarder cette vidéo
Les Occidentaux et les salafistes sont donc dans le même bateau pour tuer la Syrie. Face à ce complot macabre, ne nous voilons pas la face, la Syrie sera définitivement affaiblie et, quand on est désuni et faible, tout vous échappe. Bye bye le Plateau du Golan, annexé par Israël. Dans ce bal des faux-culs et des nazis, les dindons de la farce sont les Syriens donc, surtout ces égoïstes qui croient que, une fois qu’on pactise avec le diable, on peut accéder au pouvoir mais, ils seront surpris. On sait où ça mène. D’ailleurs, à ce sujet, dès minuit pétante, votre chroniqueur du vendredi, qui parle si bien du pays de Mahmoud Ahmadinejad, est très en forme. Il éclairera la lanterne de beaucoup, sur ce pacte incestueux entre occidentaux et orientaux, qui fait que, les derniers sont toujours perdants…