vendredi 4 novembre 2011

A la recherche de l’avenir immédiat : le présent face au passé

A la recherche de l’avenir immédiat : le présent face au passé En compagnie d’un mois d’octobre vieillissant je me trouve à rendre visite au « 22 septembre» et à certains de celles et ceux qui l’ont fait. Ce n’est point que je veuille transmettre à autrui une nostalgie qui m’habiterait. L’irritation que provoque en moi la multiplication des errements visibles dans la vie publique et dans le traitement des affaires de la nation, me pousse à prendre à témoin « les compagnons de la renaissance » du Mali dont, hélas, les rangs sont de plus en plus clairsemés. Qu’y a-t-il donc pour qu’il me vienne de vouloir recourir à nos « aînés du 22 septembre » ? En un : il y a que la reforme constitutionnelle est encore en débat. Et je n’ai pas l’impression que tous les protagonistes connaissent bien l’histoire de la pensée politique du Mali. En deux : il y a que le code de la famille est toujours en débat. Et je n’ai pas l’impression que les principaux protagonistes sachent bien en quoi la République du Mali est, par naissance, laïque. En trois : il y a que les élections générales se mènent vers nous. Et je n’ai pas l’impression que tous les aspirants souverains connaissent les vertus sous lesquels le Mali nouveau a été baptisé en 1960. En quatre : il y a que l’école malienne est moribonde. Et je n’ai pas l’impression que tous les acteurs aient conscience du rôle assigné dès le départ à l’instruction du citoyen dans l’agenda de notre nation. En cinq : il y a que l’économie de notre pays est étouffée par la corruption et la criminalité pendant que le budget 2012 de la présidence de la république connait un accroissement de 44,5% par rapport à celui de 2011. Et je n’ai pas l’impression qu’il existe une volonté politique de redresser la situation. Alors j’invoque les aînés. Tous les aînés qui sont encore avec nous. Je les invoque à travers Amadou Seydou « Djikoroni » Traore et Seydou Badian Kouyaté. Que nos anciens, sous le serment de leur passé patriotique commun veuillent redresser ma parole délivrée ci-dessous si elle est tordue. Le but de ce papier est de rappeler aux uns et aux autres les serments et l’esprit qui fondent les communautés dans lesquels nous vivons. La violation de principes originels est la cause, très souvent, que les prédictions apocalyptiques se réalisent plutôt que les espérances de nos baptêmes. Le pourquoi se trouve dans la persistance, l’entêtement quelque fois, trop de fois, des hommes, à agir dans l’ignorance de ce qui a fait que nous soyons où nous sommes et qui a fait que nous soyons ce que nous sommes. Si nous ignorons où nous sommes et d’où nous venons, alors où pouvons-nous aller? Comment notre culture politique a-t-elle été construite ? Dans la génération de mes parents, on n’allait pas très longtemps à l’école. Souvent, très souvent, on n’y allait pas du tout. Nos aînés ont pu mener le Mali du jouc colonial à l’indépendance sans violence ni rancune contre le peuple de l’ancienne métropole. Je ne suis pas entrain de dire que nos aînés furent des anges ou qu’ils ont réussi tout ce qu’ils ont entrepris. Je veux dire que même lorsqu’ils se sont trompés, lorsqu’ils furent d’un coté ou d’un autre, ils ont fait des choix en se fondant sur deux choses : la conscience politique et la volonté patriotique. Même lorsqu’il leur est arrivé de se séparer, ils étaient reliés par un fil comportant deux nœuds : une vision politique et un attachement au pays. Ils avaient découvert l’arme politique, l’avaient maitrisée et s’en étaient servie. Des associations ont été le lieu de l’apprentissage de la politique. Les premières associations furent le « Foyer du Soudan » de Makane Makoumba Diabaté et Mamadou Konaté, « Art et Travail » de Modibo Keita, « Esperance » de Fodé Toure. Deux autres associations s’étaient également établies sous la forme de sections locales d’associations métropolitaines de tendances socialistes et communistes. Les « associations indigènes », « Foyer du Soudan », « Art et Travail », « Esperance » furent des lieux de rassemblement et de prise de conscience mais en réalité ce sont les deux associations à ascendance métropolitaine qui furent les vraies places de la formation politique. L’une était le « Centre d’Etude Franco Africain » (CEFA) que dirigeait Makane Makoumba Diabaté. L’autre était le Groupe d’Etude Communiste (GEC) dirigé par deux européens et trois soudanais : Morlet un agent des PT&T, Fayette un instituteur, Idrissa Diarra et Abdoulaye Diallo deux commis des PT&T, Lazare Coulibaly, un ouvrier du bâtiment. Les courants de pensée socialiste et communiste, fondamentalement et essentiellement républicains, laïcs, vont marquer la formation de la pensée politique moderne du Mali. Signalons que certaines personnalités marquantes de l’époque avaient peu participé à la formation politique. Ils avaient plutôt consacré leurs efforts à la recherche académique. Ce fut le cas, en particulier, de Fily Dabo Sissoko et de Mamby Sidibé. Ils ont porté leurs efforts sur la recherche en sciences sociales, particulièrement la sociologie, l’anthropologie et l’histoire. Beaucoup plus tard, certains jeunes « indigènes » arrivèrent et contribuèrent efficacement à l’éducation politique, souvent sur la base de théories radicales. Ces jeunes furent fortement encouragés par les échos des voix éminentes du Tiers Monde symbolisées par Ahmed Soekarno, le Pandit Nehru, le Colonel Gamal Abdel Nasser, et le Premier Ministre Chou En Lai. Voix qui furent particulièrement amplifiées par la Conférence de Bandoeng. Ces jeunes savaient désormais depuis la défaite française de Dien Bien Phu que malgré sa puissance le colonialisme pouvait être battu. Deux de ces jeunes parmi les plus représentatifs nous intéressent ici. L’un est Amadou Seydou Djikoroni Traore qui fut autant sévèrement persécuté par l’administration coloniale que ses aînés le furent. L’autre est Seydou Badjan Kouyaté, un des premiers universitaires engagés. Ce dernier fut très attentif à ce qui se passait en Chine. Avant de modifier un seul texte de base que nous avons hérité de la période de l’indépendance, né du travail méticuleux de ces femmes et hommes dotés d’une haute culture politique, risquant ainsi de déséquilibrer notre société, nous devons, en premier lieu, comprendre comment ce texte est né. La question de la double nationalité Le 22 septembre 1960, « aux douze coups de minuit », la voix du Président Modibo Keita déclara la cessation de tout lien de dépendance de notre pays d’avec la France. Débuta alors la tâche de la construction d’une nation moderne. La globalisation n’existait pas mais il y avait la guerre froide. Rappelons qu’en Guinée voisine, Sékou Toure, avait été moqué à cause des multiples complots qu’il dénonçait. Je ne dis pas que des innocents n’ont pas été victimes du régime du PDG-RDA, mais je signale que les historiens nous ont appris, depuis, qu’en vérité Jacques Foccart et les forces étatiques, clandestines et néocoloniales qui étaient entre ses mains n’ont jamais laissé de répits ni à la nouvelle Guinée ni au Mali naissant. Aujourd’hui on sait que l’utilisation de binationaux etait une des cartes maitresses que Foccart voulait jouer contre ces pays. Le Mali de l’époque était entouré, à part la Guinee, par les pays suivants tous acquis à Foccart : le Sénégal de Léopold Sédar Senghor, la Cote d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, la Haute Volta de Maurice Yaméogo, le Niger de Hamani Diori, l’Algérie francaise, la Mauritanie de Moctar Ould Dada. A cette liste de voisins immédiats, il faut rajouter des anciens partenaires de l’originelle Fédération du Mali ayant rejoint le Conseil de l’Entente créé par Houphouët-Boigny avec l’aide de Foccart : le Dahomey de Hubert Maga et Marcellin Sourou Migan Apithy. Dans ce contexte, même un pays comme le Mali ouvert, constitutionnellement, à l’abandon de sa souveraineté au profit d’un ensemble africain plus large se devait de se protéger. La moins coûteuse des protections, tout en attribuant des passeports maliens à des patriotes africains du Kameroun, de l’Azanie, pourchassés, etait de se garder contre la double nationalité offerte à certains de ses ressortissants. La menace des forces néocoloniales contre l’indépendance nationale ; voila ce qui a conduit le Mali à ne pas reconnaitre la double nationalité dans le monde dangereux de 1960. Je rappelle que déjà sous l’autonomie interne en 1959, afin de limiter la tentation du mariage mixte à laquelle des étudiants maliens en séjours d’études en Europe pouvaient être soumis, le gouvernement territorial avait envisagé d’offrir des bourses d’études aux fiancées de nos étudiants. Ainsi de nombreuses jeunes filles maliennes iront rejoindre en France leurs fiancés étudiants. Cela permit de former certaines de la première génération d’infirmières et de sages-femmes du Mali indépendant. Le Secrétaire General des Etudiants et Stagiaires maliens en France de l’époque, Moussa Baba Diarra (qui lui se maria à une francaise, si ma mémoire est correcte), deviendra ministre du travail, quelques années plus tard. Une des raisons de sa promotion était qu’il avait réussi à implémenter ce projet. Cette période est révolue. La globalisation a ouvert une nouvelle existence à la tradition malienne du voyage initiatique permettant aux jeunes de connaitre le monde en le parcourant. Nos textes doivent reconnaitre cette réalité : il est devenu naturel pour le malien d’avoir une identité multiple, malienne à 100%, autre chose, également, à 100%. Le code de la famille dans la république laïque Au Mali, dans la période coloniale, il y a avait quatre sortes d’individus : les sujets français (la grande majorité), les évolués, les citoyens français, les étrangers (les intermédiaires libano-syriens, les commerçants grecs, les fonctionnaires extraterritoriaux). Si ma mémoire est fidele et pour donner une idée, il y avait à Bamako au milieu des années quarante, 57.000 habitants dont environ 500 citoyens français, 300 évolués et les autres, plus de 56.000 personnes représentant plus de 98% de la population qui étaient des « sujets français ». Ces chiffres transposés à l’échelle nationale signifient que plus de 98% des habitants de ce pays étaient régis par « la coutume » et « la loi de l’indigénat » qui gérait entre autres, le travail forcé. Ainsi la presque totalité des habitants de notre pays étaient sans droits humains. Après le 22 septembre 1960, il fallait donner une identité au malien et donner une identité à la brique constitutive de la société, c'est-à-dire la famille. Pour cela il fallait une Loi. Cette Loi, appelée « Code de la Famille » s’est inspirée de sources comme la coutume, la religion, et d’autres sources y compris les vertus de la république, les savoirs nouveaux provenant du progrès de la science et de la technologie. La République du Mali née le 22 septembre 1960 est héritière de la République Francaise, qui après deux siècles de réflexion a choisi de reposer sur cinq vertus qui sont : « la Liberté, l’Egalite, la Fraternité, la Justice, la Solidarité ». La République Française a choisit de fonder le progrès social sur les savoirs nouveaux et le progrès scientifique. De son aînée la République Française dérivent certains serments de baptême de la République du Mali tel le « Pacte Républicain ». Non écrit, il fonde notre laïcité. Selon ce pacte, tout apport à la loi n’est acceptable que s’il respecte les vertus précités et que s’il n’est pas contraire aux savoirs nouveaux tirés des progrès de la science. Par ailleurs, le 28 septembre 1960, en acceptant librement d’adhérer à l’Organisation des Nations Unies, la République du Mali a aussi accepté de reconnaitre que désormais le Droit International devenait une source éminente de son Droit National. En foi de cela, par exemple, défavoriser une personne selon son sexe ou selon le statut matrimonial de ses parents ne peut être la loi du fait que cela n’adhère ni à la vertu d’égalité, ni à celle de justice, ni à celle de solidarité. Par conséquent, une discrimination basée sur le sexe ou sur le statut matrimonial ne peut être loi en République du Mali, à moins de changer les bases de notre République. De même de ce que la science moderne nous dit, la République du Mali ne peut accepter, par la loi, de valider le mariage d’une fille immature. La force de la démocratie est son esprit : une saine compétition des idées La démocratie ne peut se réduire à un folklore. Etre un démocrate se manifeste par un état d’esprit et des comportements. La santé de la démocratie se retrouve dans la santé des élections. Sur cette base, si nous ne prenons garde, les élections de 2012 peuvent être entachées de deux défauts. Le premier défaut tient de l’administration. Les calculs montrent (confère un papier précédent de la Coalition Patriotique pour le Mali) que l’administration dispose d’un réservoir de votants fictifs potentiels lui permettant de faire élire quiconque avec le taux de son choix y compris au premier tour. Je n’ai pas dit que l’administration envisageait de se servir du pouvoir (illégal) qu’elle détient à travers ce stock de votants fictifs. Le second défaut vient de la liste électorale malienne, alphabétique. Une bonne liste pourrait identifier un votant à l’aide de onze (11) paramètres (nom, prénom, prenom du père, nom et prenom de la mère, date de naissance, région d’habitation, ville, commune, numéro de la rue et de la porte). La liste alphabétique actuelle se contente de sept paramètres dont deux (nom, prénom) sont vérifiables à l’aide de la carte d’électeur. Un calcul simple de combinatoire à la portée de n’importe quel élève de terminale en mathématiques, montre que chaque électeur pris comme un élément d’un espace de dimension sept identifié uniquement à l’aide de deux coordonnées peut engendrer 2500 individus. Cela signifie que chaque parti a la possibilité de se créer autant de listes et d’électeurs qu’il le souhaite puisque d’une seule vraie carte d’électeur (digitalisée ou non), on peut créer 2500 (vrais-faux) votants. Je ne suis pas entrain de dire que les partis et leurs candidats feront usage de ce pouvoir (illégal). Ce que je suis entrain de dire est que seule la volonté de respecter les vertus républicaines et la sincérité du vote peut nous garantir des élections apaisées. Les enjeux sont tels qu’il serait imprudent de sous estimer la fraude et ses conséquences dans les élections à venir. L’école du savoir et du savoir-faire au service de l’émancipation Le savoir et le savoir-faire constituent et ont toujours constitué la principale délimitation entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas. Nos aînés, par rapport au colon ne savaient pas. Ceux des nôtres qui savaient un peu s’étaient vus coller l’étiquette « d’évolués ». Les autres, « les indigènes », « les sujets », étaient soumis à l’arbitraire et à la brutalité de l’administration coloniale. C’est pour cela que le 22 septembre 1960, une des premieres tâches que se sont assignées nos aînés rassemblés étaient d’instruire les maliens. Leur volonté pris corps dans la reforme de l’éducation de 1962 dont l’objectif était d’apporter au plus grand nombre de maliens le savoir scientifique et technique. Cette reforme appartient à l’histoire de notre pays. La reforme de 1962 était une bonne réponse à de vraies problèmes dans le monde tel qu’il était en 1960. En entrant dans le 21eme siècle, le monde est devenu un village global où la compétition entre les nations est âpre et les meilleures sont déterminées par la capacité de leurs populations à produire du savoir et à résoudre les problèmes de la vie réelle. L’école du 21eme siècle qui procure ce savoir est basée sur l’esprit critique et la capacité d’analyse. Ce savoir émancipe nos populations qui acquièrent par lui la capacité de « fabriquer » les outils de son bien-être grâce à la technologie. Grâce à Internet, le savoir scientifique et technologique est disponible pour tous les peuples du monde. Cependant un peuple ne peut en tirer profit que si la vision politique, stratégique de ses leaders le permet. Le Mali a-t-il mis en place un équivalent actualisé de la reforme de 1962 ? La réponse est clairement : non. Pourquoi ? Parce que les clés pour ouvrir la porte d’accès au savoir du 21eme siècle, chaque période historique a ses caractéristiques, se compose de trois parties qui sont: (1) l’utilisation de la technologie dans l’éducation comme moyen d’amplifier l’exploration et la découverte scientifique, (2) le partenariat public-privé comme moyen d’accroitre l’efficacité de l’enseignement, (3) l’interdisciplinarité et la multidisciplinarité comme modalités nouvelles d’acquisition du savoir. Si les autorités maliennes voulaient une modernisation de l’éducation alors, elles auraient : (i) mis en place un programme subventionné d’accès à Internet pour toutes les écoles, y compris privées, en tout point sur l’étendue de la République du Mali où cela est possible, (ii) suscité entre les établissements publics et privés performants des relations de partenariat qui serviraient « l’employabilité » des diplômés, (iii) enrichir chaque établissement par création de départements divers en lieu et place de la scission actuelle de l’Université de Bamako en quatre entités excluant la multidisciplinarité et l’interdisciplinarité. Si nous voulons que nos diplômés soient employables, il faut combiner la capacité des (lourdes) institutions publiques à former dans les sciences fondamentales à la flexibilité des légères structures privées, destinées par nature, à s’adapter promptement aux besoins du marché de l’emploi. La pertinence d’un responsable du secteur de l’éducation consiste soit à discerner cela, soit à discerner et à écouter ceux qui sont capables de le lui dire. Quel gâchis cela est-il de laisser à la rue des milliers de jeunes par défaut d’opérabilité des établissements publics d’enseignement supérieur alors que bien de méritants établissements privés ne demanderaient qu’à les recevoir et à les éduquer. Quitte à encadrer ces établissements par un système approprié d’inspection. Le gouvernement malien commet, dans le traitement des problèmes de l’éducation, une faute économique, politique et sociale grave qui est d’ignorer ou de sous-estimer ce que les économistes appellent « l’analyse des coûts d’opportunité ». Dans une très large mesure, la qualité de la vie dans le futur dépend essentiellement de la façon dont les autorités courantes traitent les opportunités présentes. Pour ma part, je n’ai pas l’intention de rester immobile. Je vais écrire aux deux ministres en charge de l’éducation pour leur soumettre des propositions concrètes. Je vous tiendrai au courant. Nous n’avons pas le droit, malgré tout, de laisser le Mali dépérir surtout par son système éducatif. Politique monétaire, politique budgétaire et développement La crise économique mondiale en cours démontre à souhait, même aux yeux des plus intransigeants adeptes du néolibéralisme, l’intérêt et l’importance du rôle de l’Etat dans le développement national. Particulièrement en période de crise. L’Europe est entrain de risquer la mort en raison de déficits au delà de 6%PIB et de dettes publiques au delà de 90%PIB. Ce qui est terrible c’est que le malien vit en permanence dans cette situation de crise où le déficit dépasse 10%PIB et la dette 120%PIB !!! Rappelons à ce sujet qu’un décret colonial en date du 17 avril 1900 avait enjoint à la Colonie du Soudan de ne pas avoir de déficits budgétaires. Ce décret, il est vrai a conduit, entre autres, à l’institution du travail forcé, mais a prouvé que les ressources de ce pays peuvent être bien gérées afin de subvenir aux besoins de ses populations. Alors que tous les Etats européens s’enfoncent dans la rigueur économique (diminution des dépenses publiques, augmentation de la pression fiscale), le budget du Mali pour 2012 prévoit une augmentation de 44,5% du budget de la seule présidence !!! Les politiciens prévoient la création d’un Sénat. De nombreuses catégories professionnelles parmi les plus favorisées ne paient pas d’impôts. De nombreuses exonérations diminuent les recettes de l’Etat et enrichissent des rentiers. L’Etat a, aussi, maintenu le financement de l’université qui, depuis trois ans, ne fonctionne pas. Au profit de qui ? A ce niveau également on peut observer une grande différence entre l’attitude des fondateurs de la République du Mali et leurs successeurs. En 1960, le Président Modibo Keita qui n’avait de connaissances économiques modernes que le peu qu’il avait appris durant sa formation politique au sein du GEC et du RDA. Le President Modibo Keita décida qu’il lui fallait connaitre plus sur l’économie et particulièrement sur la monnaie. Avec ses collaborateurs, il décida de prendre des cours à distance. Ces cours furent conçus et développés à la Banque Centrale de l’Europe du Nord (BCEN), une structure financière contrôlée par l’URSS et installée à Paris dans le quartier de la Gare Saint Lazare, à deux pas des Grands Boulevards. Afin d’éviter des actions de sabotage qui auraient pu voir ces cours interceptés et travestis, il fut décidé de camoufler leur acheminement. Les cours étaient, comme d’usuels matériels scolaires, envoyés à la Librairie Populaire du Mali (LPM) dirigée par Amadou Djikoroni Traore. A son tour celui-ci remettait les colis à sa secrétaire qui était l’épouse du Ministre Louis Nègre. Celle-ci remettait le courrier, le même jour, à son mari, Louis Nègre, qui à son tour, dès le lendemain, remettait les cours au Président Modibo Keita. Je peux vous garantir que la déclaration que le Président a faite en juillet 1962 sur la monnaie a été écrite sa main. Signalons cependant que le Président Modibo Keita s’était choisi depuis l’époque du Gouvernement Territorial de 1959, une très solide équipe de conseillers économiques. Cette équipe dirigée par le Professeur français Jean Bénard comprenait l’Egyptien Samir Amin, le français Jean Leroy, l’israélien Eli Lobel et le portugais Da Nombrega. De même c’est Seydou Badian Kouyaté qui présenta au retentissant « Second Séminaire du RDA » en juillet 1962 l’orientation de la politique malienne en matière économique et monétaire. Le Docteur Seydou Badian Kouyaté, un médecin de formation, avait pris la peine de s’instruire en économie. C’est ce séminaire qui bâtit l’historique « Sixième Congres » du RDA et confirma la ligne politique dont les grandes orientations avaient été édictées le 22 septembre par le Congres Extraordinaire sous la forme « d’un Mandat Impératif adressé à la Direction du Parti ». Ce congrès est historique en ce sens qu’il a été le seul tenu par le RDA entre le Congres Extraordinaire du 22 septembre 1960 et le 19 novembre 1968. A ce titre, je voudrais signaler aux jeunes que le livre de Seydou Badian publié à Présence Africaine en 1963 intitulé « Politiques de Développement et Voies Africaines du Socialisme » situent de façon non encore dépassée les problèmes de fond de l’économie malienne. Conclusions Pour terminer ce papier je vais observer que nos aînés se sont distingués, globalement par leur acharnement à se mettre au service de nos populations par une vision et un engagement politique progressistes éclairés par les savoirs scientifiques de leur époque. Loin de moi l’idée de vouloir affirmer qu’ils furent des anges et de divins bienfaiteurs. J’ai cependant l’ardente obligation de dire aux jeunes, que j’ai vu en eux des femmes et des hommes mus par des idéaux patriotiques. J’ai beau regarder autour de moi, ces jours présents, je suis en mal de trouver, parmi nous, autant de don de soi. J’ai, hélas, la triste sensation de constater que l’enrichissement personnel sans effort de l’élite et l’extension de l’ignorance à tous, sont devenus les principales ambitions et peut être les seules que nous développons. Il y a des jeunes, certains sont remuants, mais la plupart sont sans la moindre culture politique. Ils sont donc comme des serpents sans têtes, des tigres sans griffes et sans dents, donc de simples épouvantails. Le système dans son cynisme s’amuse à les affamer avant d’en acheter quelques-uns. Je vais rappeler a nous tous ces paroles de sagesse de nos terroirs en remontant encore plus loin que le 22 septembre 1960 ; elles nous apprennent que la pire forme d’esclavage est la servitude volontaire à l’argent sale et facile (Nata de be horon ke jon ye). Chère sœur, cher frère, nous sommes et demeurerons, toi et moi, responsables et de façon irrévocable du présent et du futur du Mali. Dialla Konaté, Bamako,

Mali: Belle croissance menacée par la démographie

Pour l’économie malienne, tous les feux sont au vert ou presque. « La croissance y est stable à 5,7 % en moyenne depuis 2005, constate Jan Walliser, responsable gestion macroéconomique pour le Nigeria, le Sahel et l’Afrique centrale à la Banque mondiale. Le déficit budgétaire est soutenable. Bien utilisées, les réserves d’or peuvent permettre de diversifier l’économie. Toutefois, le Mali demeure très dépendant de l’aide extérieure. » Même optimisme mesuré pour Hervé Bougault, directeur de l’antenne bamakoise de l’Agence française de développement, qui constate que « l’État paie impeccablement sa dette extérieure », que « le pays va redevenir cette année le premier producteur de coton d’Afrique subsaharienne grâce à une météo favorable », et conclut : « Le Mali peut se targuer d’avoir la meilleure et la plus stable des croissances de la zone UEMOA [Union économique et monétaire ouest-africaine, NDLR], mais il demeure l’un de ses pays les plus pauvres. » L’année 2011 devrait effectivement être excellente, avec une croissance qui pourrait friser les 6 % grâce à la reprise des ventes d’or et aux 500 000 tonnes de coton attendues, contre 240 000 t lors de la dernière campagne. Les pluies abondantes ont fait bondir de 16,1 % la production agricole totale. Inflation sage fluctuant autour de 3 %, dette contenue à 27 % du PIB (après avoir connu un taux de 100 %), déficit budgétaire en partie compensé par la privatisation de la compagnie de télécoms Sotelma pour 180,3 milliards de F CFA (275 millions d’euros), amélioration des rentrées fiscales par la mise en place d’une taxe sur les plus-values foncières au second semestre 2011, balance des paiements excédentaire à partir de 2012 selon les prévisions… Les signes de bonne santé sont nombreux. Le marché du travail devra accueillir 300 000 jeunes supplémentaires par an à l'horizon 2030 Mais ils ne suffisent pas à rassurer sur l’avenir du Mali, qui risque fort d’être asphyxié par sa démographie galopante. Sous l’effet d’un taux de croissance de 3,6 % de 1998 à 2009, sa population devrait passer de 15,2 millions d’habitants à 30 millions en 2030. Les moins de 15 ans représentant la moitié de la population actuelle, c’est une marée de jeunes qui arrivera sur un marché du travail anémique, lequel devra accueillir 300 000 deman¬deurs d’emploi supplémentaires par an en 2030. Cet afflux nécessiterait d’abord d’énormes efforts budgétaires en matière de scolarisation et de formation que le Mali n’est pas en état de fournir. Il faudrait une croissance économique de 8 % l’an au minimum pour absorber ce bond démographique. Autre défi : l’urbanisation débridée (Bamako comptera 5 millions d’habitants en 2030), qui empêche les pouvoirs publics de suivre le mouvement avec des infrastructures adaptées en matière d’assainissement, d’eau et de transport. Des problèmes d’insécurité du même type qu’au Nigeria pourraient résulter du cocktail explosif de la montée de la pauvreté urbaine et du chômage des jeunes. Dans ces conditions, on voit mal comment le Mali pourrait se passer des aides multilatérales et bilatérales massives qui représentent un quart du budget de l’État et 80 % des investissements publics. Proportions mal¬saines, car elles anesthésient les capacités d’initiative gouvernementales. Si les autorités maliennes veulent éviter une catastrophe économique et sociale annoncée, il est temps qu’elles se projettent sur vingt ans, tant leur marge de manœuvre est étroite par manque de moyens. Le développement des cultures vivrières et d’exportation est incontournable. L’agriculture occupe toujours les deux tiers de la population active. Or le Mali exploite seulement 3,2 millions d’hectares, alors que les terres cultivables recensées sont treize fois plus étendues. Les investissements devront en priorité aller à une utilisation plus intense et plus rationnelle des ressources en eau. Par ailleurs, au moment où la Chine voit ses coûts de main-d’œuvre augmenter rapidement, la Banque mondiale étudie la possibilité pour le Mali de se substituer à celle-ci pour la fabrication de biens de consommation requérant des technologies simples, comme l’habillement ou les chaussures. De la multiplication de ces réalisations modestes dépend une création de richesse sans laquelle ni le marché de l’emploi ni les services publics ne seront à la hauteur des besoins. Faute de quoi, l’émigration pourrait être le seul exutoire à la désespérance.

Etre un Chef d'Etat en Afrique

Calixthe Beyala Etre un Chef d'Etat en Afrique, n'est point une sinécure, à moins d'être un homme sans cœur, un ectoplasme sans âme, une coquille décorative, une plante en plastique pour donner l'impression à un environnement misérable que tout n'est pas si mal dans un monde odieux ! Oui, être un dirigeant Africain est une malédiction. C'est pactiser avec le diable et ses cornes. C'est brader la joie de vivre de son peuple pour un plateau de feuilles de vignes desséchées ! C'est tout, sauf une charge intéressante, un déshonneur pour le devenir de ceux qui porteront votre nom maudit pour des siècles ! C'est tout, c'est rien, sauf à se satisfaire des voitures climatisées, de jolies maisons frigorifiques, tandis que croupissent dans la misère les quatre-vingt-dix-neuf pour cent du reste de la population. Etre un Président Africain est une mauditation ; c'est accepter d'écraser les siens avec la bénédiction des autres ; c'est être un caca-chien, un caca-poule et accepter la tête baissée, l'échine à ras terre d'être traité de dictateur, de spoliateur, d'être charrié et moqué par ceux-là même qui vous ont nommé à travers des élections truquées, des coups d'états masqués en élection, des vrais fausses révolution à la Libyenne. Finalement, être un chef Africain, c'est devenir ce que je ne souhaite pas à mes pires ennemis ! Oui, être un chef d'Etat Africain, c'est porter sur sa conscience la mort de ses concitoyens ; c'est fermer les yeux et sourire en disant que l'on a œuvré pour la paix de son pays tandis que des chars et de kalachnikovs, vendus par le Maître tuent, massacrent, éventrent la vie pour le plaisir du Maître. Etre un chef d'Etat Africain, c'est la pire chose qui saurait arriver à un être respirant, puisqu'il doit accepter avec plaisir d'affamer son peuple, de le laisser mourir de maladie tout en laissant l'Autre piller les richesses du Pays pour enrichir sa femme et ses enfants. Etre un Chef d'Etat Africain est parmi les plus grandes horreurs de ce millénaire, à moins de n'avoir aucune conscience, car c'est vivre avec une épée de Damoclès du Maître sur la tête ! C'est sourire avec le canon du fusil du Maître pointé en permanence sur la tempe. Être un Chef d'Etat Africain, c'est courir le risque de voir ses biens confisqués par le Maître comme au bon temps de l'esclavage ; c'est courir le risque à la moindre résistance de se faire expédier dans un camp de Concentration réservé par le Maître et qui s'appelle CPI ! Oui, être un dirigeant Africain est une position que je ne souhaiterais pas à mon intime ennemi car je ne suis pas méchante. Et dire que certaines personnes dites de l'opposition rêvent de devenir cette chose-là ? J'y ai pensé. Ils savent qu'ils n'y changeront rien tant que le milliard d'Africains ne se lèvera d'une seule voix pour dire non ! Non, non et non ! Ils savent déjà, les opposants les mille traumatismes que cette fonction implique mais eux aussi veulent jouir simplement des voitures climatisées, des maisons frigorifiées, des garde du corps qui gardent les enfants l'expression farouche, des joies de baiser moitement les mains du Maître lorsque celui-ci leur accorde le privilège de faire un tour dans leur pays qui n'est à leurs yeux qu'une plantation ou une mines, un puit de pétrole ou de diamants, rien de plus, où des africains affamés bossent pour un salaire de misère. Définitivement, être un Président Africain est une punition... Divine !

Réponses de Pougala aux questions de Serges Tchaha

Réponses de Pougala aux questions de Serges Tchaha pour le quotidien camerounais l'ACTU édition du 3/11/2011 1. Dévaluation ou réévaluation du FCFA, quel est le scénario que vous pronostiquez? La parité fixe du CFA par rapport au Franc Français d'abord et à l'euro est une conception des plus artificielles. Le problème à mon avis ne se pose pas en terme de dévaluer ou réévaluer le CFA avec les déconvenues de l'Euro, mais de profiter de ce tourbillon pour nous poser les bonnes questions : pourquoi en sommes-nous à ce point de subalternité totale de notre économie où on a complètement renoncer au levier monétaire pour ajuster notre politique économie ? La monnaie est le reflet de l'économie d'un pays ou d'un ensemble de pays. Nous sommes arrimés à l'Euro sans qu'on ait la moindre convergence de nos économies à celles de la France qui nous y a amenés. C'est venu, donc le moment d'arracher cette indépendance monétaire sans laquelle l'indépendance politique est un leurre. L'assassinat de Kadhafi repousse la date de la sortie de la monnaie unique africaine. Il est dans cette nouvelle donne urgent pour nous de nous doter de notre propre monnaie. Le Cameroun souffre d'un déficit de compétitivité avec notre principal et puissant voisin qu'est le Nigeria à qui nous ne vendons presque rien, alors que nous aurions pu enrichir notre pays grâce au Nigeria voici. Ni nous, encore moins le Benin, le Tchad ou le Niger n'en profite pour une seule et même raison : LE FRANC CFA qui reflète le taux de change praticable en Europe, et le gouvernement Camerounais ou Béninois ne peut nullement jouer sur les taux pour favoriser une quelconque politique d'exportation vers une zone donnée ou de freiner l'importation en provenance d'autres pays, exactement ce que fait le Nigeria aujourd'hui pour pomper des devises en provenances de ses voisins qui ont le Franc CFA, simplement en abaissant le taux de change du Naira quand il le désire. Ce qui donne la fausse impression aux Camerounais et Béninois qui vont au Nigeria de se sentir plus riches, mais qui en définitive signifie que nos pays sont peu attractifs aux Nigérians, parce qu'ils trouvent tout trop cher, à commencer par le prix des chambres d'hôtel. La deuxième urgence une fois notre monnaie créée doit être de la rendre inconvertible. La convertibilité du Franc CFA est la principale source de corruption et de transfert illicite vers l'étranger de la richesse des pays qui l'utilisent aujourd'hui. C'est le choix de puissants pays comme la Chine et la Russie qui avec leurs monnaies inconvertibles, peuvent ainsi disposer d'un montant très important de devise parce qu'il devient dès lors plus facile d'exercer un contrôle sur tout détournement de fonds qui quitteraient le pays. Lorsqu'une monnaie est non convertible, comme le Yuan chinois, un fonctionnaire ne peut pas virer le moindre centime dans une banque Suisse, parce que lorsque vous quittez le territoire chinois avec vos billets de Renminbi, une fois à Paris ou à New-York, cela se transforme en simple bouts de papiers qui ne valent absolument plus rien du tout. Ce qui dissuade tous les mal intentionnés qui voudraient causer un tort financier au pays. Le choix de la France de rendre le Franc CFA convertible était une consciente opération de spoliation de ses ex-colonies, ce qui a plutôt bien marché pour elle jusqu'à ce jour. Car les entreprises françaises installées en Afrique constituent pour la plupart des fonds occultes qu'ils rapatrient en France, en échappant au contrôle fiscal des pays africains. Selon les chiffres fournis par la Banque de France, de 1990 à 1993 en seulement 3 ans devant les rumeurs de la dévaluation du Fcfa, ce sont 928,75 milliards de francs Cfa (1.416 milliards d’euros) qui ont quitté allègrement et clandestinement nos pays en Afrique pour la France. C'est à nous, au moment où on réfléchit de mettre sur pied notre propre monnaie d'éviter de répéter les mêmes erreurs. 2. Quelles conséquences pour une éventuelle disparition de l’euro? En temps qu'Africain, je ne me sens nullement concerné par une éventuelle disparition d'une monnaie qui sert d'instrument de soumission de toute une partie de l'Afrique, si ce n'est de profiter de son malheur pour faire un vrai sursaut pour créer notre propre monnaie ou d'adhérer à la monnaie Nigériane, ce qui serait plus logique et de loin moins dommageable que le CFA actuel. La Chine par exemple réussit un tel exploit de s'enrichir sur le dos des Européens, c'est parce qu'elle joue légitimement son jeu de d'utiliser sa monnaie pour rendre ses produits encore plus compétitifs sur les marchés Européens. Le ridicule pour nous c'est que l'Afrique qui n'a rien demandé paye le prix fort de ces manœuvres monétaires chinoises contre les Européens, parce que ces mêmes produits se trouvent aussi chez nous et tout autant compétitifs en Afrique alors que notre niveau de vie est de loin plus bas qu'en zone Euro. Ce qui empêche les producteurs de la zone CFA de résister à la déferlante de produits chinois. Plutôt que d'accuser les Chinois de concurrence déloyale, nous n'avons qu'à faire comme eux, utiliser notre propre monnaie (à créer) pour rendre nos produits compétitifs sur les marchés européens où on pourrait alors songer à des exportations impensables aujourd'hui avec l'arrimage cet arrimage à l'Euro. La France nous a liés à l'Euro pour être sure que nos éventuellement productions africaines ne pourront jamais menacer l'économie française. et nous avons naïvement applaudi à cet arrimage sans comprendre les profonds motifs qui animaient son initiateur. Peut-on rester indéfiniment adolescent dans le concert des nations avec des relations figées qui nous sont dommageables au lieu de cibler nos relations saisons par saisons en fonction de nos intérêts du moment. Malheureusement, nous ne pouvons pas quitter le Franc CFA sans l'accord de la France. C'est pour contourner cette arnaque que Kadhafi avait mis le paquet pour la création de la monnaie unique africaine, parce que sur le plan juridique, une juridiction continentale prenant le dessus sur une autre nationale, la France n'aurait plus eu rien pour s'agripper et continuer de nous spolier. Aujourd'hui quoi faire ? Comment conquérir notre véritable indépendance devant cette situation ? Jean-Paul Pougala http://www.pougala.org/

OPERATION EXODUS - L'AFRIQUE FAIT REVER LES EUROPEENS, ET LA DIASPORA ?

OPERATION EXODUS - L'AFRIQUE FAIT REVER LES EUROPEENS, ET LA DIASPORA ? Comme il semble loin, le temps où pour consoler les Européens de leur misère, les journaux télévisés européens aimaient mettre à la une les photos des enfants Noirs dénutris. Aujourd'hui, des pays comme l'Ethiopie ont atteint en 2010 un taux de croissance à 2 chiffres. Tout le monde l'a compris, seuls peut-être les Africains de la diaspora qui sont pour la plupart dans une posture de catastrophisme, qui fait qu'on a souvent envie de leur demander sur quelle planète ils vivent. Il est temps que nous abandonnions nos petits privilèges en Occident et la position facile de la critique et de la dénonciation pour rentrer former nos jeunes. C'est notre opération EXODUS. L'Afrique a besoin de tous ses fils et toutes ses filles pour consolider la forte croissance en cours. C'est dans cette logique que je viens d'accepter de rentrer mettre mon savoir au service de la formation et de la conscientisation de nos jeunes. Pays de destination : Cameroun Matière à enseigner : Géostratégie C'est la première fois que je vais enseigner en Afrique. Le but est de contribuer à la dés-infantilisation de nos jeunes pour les amener à comprendre le monde et les différentes stratégies qui le gouvernent, pour qu'ils soient capables de prendre en main leur propre destin d'abord et celui de notre continent ensuite. Ils doivent être des protagonistes, des acteurs et non des sujets en attente de l'hypothétique providence. Lorsqu'un jeune quitte les bancs de l'enseignement supérieur, il doit pouvoir créer du travail, son propre travail, créer de la richesse et non plus multiplier des demandes d'emplois ou les concours dans l'administration publique. La tache est rude, et c'est justement le défi et la mission de chacun de nous : partager nos connaissances avec les nôtres, partager nos expériences avec nos jeunes pour accélérer le processus pour la conquête de la dignité humaine dans notre chère Afrique. N.B. Il ne s'agit pas d'imaginer toute la diaspora de retour comme des enseignants de profession, non ! Le transfert à la jeunesse africaine de connaissances muries sur d'autres continents, à hauteur de quelques heures de notre temps par semaine aurait des conséquences positives incalculables sur le devenir du continent si chacun de nous s'y met. Le taux de croissance toujours très soutenu ne va pas toujours de paire avec une disponibilité locale de ressources humaines adéquates. Ce serait dommage que ce vide ne soit pas comblé par nous. Nous avons le choix entre laisser nos places en Afrique occupées par les "Coopérants" non qualifiés, avec les rafistolages et leur médiocrité évidente que nous connaissons, pendant que nous cumulons nos prestigieux diplômes mis au placard, pour laver les chiotes ou tout simplement passer notre vie à subir l'apartheid dans une Europe mourante. Nous assistons déjà à l'exode des pauvres Européens vers l'Afrique. L'avenir de l'Europe est très sombre. Nul ne sait comment ils viendront à bout de la très grande désertification industrielle en cours. en Espagne par exemple 20% de la population est sans emploi dont 50% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Dans les pays dits "riches" de l'OCDE, on compte aujourd'hui 44 millions de chômeurs. La réaction naturelle est cet assaut de l'Afrique qui vit le début de sa gloire économique. En 2010, l'ambassade d'Angola à Lisbonne a reçu 30.000 demandes de visas des Portugais voulant fuir leur pays pour aller vivre en Afrique, c'est-à-dire 115 demandes par jour ouvrable. Luanda a ainsi été la première capitale africaine à fixer un numerus clausus (quota, nombre maximum) par an d'Européens qui peuvent se rendre en Afrique. Et quelques mois ont suffit pour remplir ce quota. Les contrevenants payent par des peines de prison. C'est ainsi que dans plusieurs pays africains, la première cause d'emprisonnement des Européens est l'immigration clandestine. L'Afrique fait déjà rêver les jeunes Européens. Aux Africains de la diaspora de le comprendre et de prendre leur place dans cette nouvelle Afrique qui voit le jour malgré l'assassinat de nos chefs d'Etat qui osent travailler pour que cette prospérité soit possible et profite d'abord aux populations africaines. Jean-Paul Pougala

Les dix stratégies de manipulation de masse –

Les dix stratégies de manipulation de masse – Noam Chomsky par Fatou Samba Sow, lundi 17 octobre 2011, 08:52 Les dix stratégies de manipulation de masse – Noam Chomsky Noam Chomsky a élaboré une liste de dix stratégies de manipulation à travers les médias issues de ses observations. Sans parler pour Chomsky, il me semble que le machiavélisme nécessaire à la mise en œuvre de ses stratégies est sans doute variable d’une clique politique à l’autre, sans distinction a priori d’appartenance à la gauche ou à la droite. L’ensemble de ces stratégies fait partie du “système d’Etat” peu importe qui est au pouvoir, chaque gouvernement ne modifiant quel le niveau d’intensité de telle ou telle approche. Le contrôle d’une partie importante des médias est évidemment un prérequis pour que tout cela fonctionne, que ce soit par nomination directe des directeurs ou par copinage. 1/ La stratégie de la distraction Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » 2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. 3/ La stratégie de la dégradation Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement. 4/ La stratégie du différé Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. 5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » 6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements… 7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » 8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte… 9/ Remplacer la révolte par la culpabilité Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!… 10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Afrique des rares héros, Afrique d’innombrables traitres.

Afrique des rares héros, Afrique d’innombrables traitres. (Partie I) Il aurait pu s’enfuir, se réfugier chez son ami Chavez au Venezuela ou se rendre en Biélorussie. Pour sauver sa tête, il aurait pu prendre la direction de l’Afrique du sud qui lui doit beaucoup dans sa lutte contre l’apartheid, il aurait pu conclure un pacte même avec le diable pour brader les intérêts suprêmes de son pays, ramper à terre devant les Occidentaux dont nos dirigeants ont tant peur. Mais l’homme a le sens de la fierté et de la dignité humaine. Il a préféré la mort à la honte. Il s’est courageusement battu contre la horde de l’Otan et est tombé en martyr, les armes dans la main. Mouammar Kadhafi était un leader hors pair. Imprévisible, exigeant, des fois très impulsif, il était la bête noire d’un Occident pris depuis peu dans le piège du tourbillon financier qui le malmène actuellement. 63-ième économie du monde, la Lybie était en tête du peloton sur le plan du bien-être dans une Afrique championne de toutes les misères du monde. Bien des Etats européens, prétendus démocratiques, étaient loin derrière son pays. Avec 12.000 dollars de revenus par an, Les Libyens faisaient les autres avaler leur salive de jalousie. 30 milliards de dollars pour donner aux populations l'accès à l'eau; éducation et soins médicaux gratuits, des crédits à long terme et sans intérêt accordés aux Libyens, des logements sociaux gratuits. Parmi les leaders africains, Kadhafi reste inégalé pour son souci du peuple. En 42 ans de règne, son pays est passé de la pauvreté au niveau intermédiaire! Ce beau pays africain florissant a subi tous les foudres d’une coalition internationale à « l’irakienne » au nom d’une pseudo démocratie que les pays occidentaux veulent lui imposer. Si nous jetons un regard sur ce qui se passe tant sur notre continent qu’ailleurs, nous nous rendons compte que la « démocratie » n’est qu’un prétexte pour faire main basse sur les richesses de la Libye. Les causes évoquées de cette agression aussi barbare qu’impudente et humiliante sont que le Guide massacrait son propre peuple à l’arme lourde. Soyons sérieux. Que dire de la Palestine dont le peuple, je dirais même de pauvres gamins, n’ayant pour toute arme que des pierres, sont brûlés vifs par des bombes israéliennes ? Le rapport de force est-il le même ? Combien de civils les Américains ont tués en Irak et en Afghanistan ou des bombes ont été larguées même sur des mariages ? Où se trouve l’ONU ? Nous ne voyons jamais de résolutions qui condamnent ou autorisent la Communauté internationale d’intervenir pour y mettre fin. Ni même de casques bleus en guise de force d’interposition ! Nous devons voir ailleurs les causes réelles de l’agression occidentale contre la Libye. Le Guide avait signé avec la France un accord d'achat de plus de 15 milliards d'euros: réacteurs nucléaires, 21 avions Airbus, 14 avions Rafale, 35 hélicoptères de combat, 6 bateaux de guerre, engins blindés, radars, etc. Mais pour des raisons, cet accord n'a pas pu être honoré, le Guide a tourné dos à la France au profit de...la Russie et de l’Ukraine ou il a trouvé des prix plus bas. Rappelons les autres « griefs » que Kadhafi a commis : il a annoncé à Londres que la part des Anglais dans le pétrole libyen serait réduite à 20% contre 50% auparavant. Londres croyait faire plaisir au Guide afin qu’il revienne sur sa décision en faisant libérer l’agent libyen, Abdel Basset Al Megrahi, emprisonné pour l’attentat de Lockerbie. Peine perdue. Kadhafi a, par ailleurs, refusé la privatisation de la société d'Etat qui exploite et contrôle le pétrole. Avec la crise de 2008, le Guide a proposé aux pays arabes de créer une nouvelle monnaie: le dinar arabe en vue d'abandonner le dollar US. A cette fin, il a acheté 150 tonnes d'or qu'il a préféré garder dans les banques de son pays et non en Occident, comme le font nos autres leaders. Cette initiative du Guide était vue d’un mauvais œil à Washington dont la monnaie constitue un instrument de domination économique mondiale. Cette année 2011 devait voir la naissance du Fonds monétaire africain avec un budget de 42 milliards de dollars US, soit presque le double de celui du FMI. Les clauses avaient été signées en novembre 2010 au Cameroun qui devait en abriter le siège. L’Europe avait frappé à la porte pour se faire inviter comme membre à part entière. Mais elle a été remerciée. En plus, la banque centrale africaine avec son siège au Nigeria devait voir le jour cette même année dans le cadre de la création d’une monnaie unique africaine. La grande partie des fonds financiers a été accordée par la Libye. Le Fonds monétaire africain et la banque centrale africaine auraient permis à nos Etats de se défaire de l’instrument de domination financière qu’est le franc CFA, de ne plus se plier aux exigences humiliantes du FMI. En 2015, les Etats unis d’Afrique devaient être crées, en grande partie sous financement libyen, car force est de le dire, sans une union effective de nos Etats, nous ne réussirons pas à faire face aux appels du 21-ième siècle. Cela fait déjà cinq siècles que notre continent n’arrive pas à se défendre et à se défaire de la domination. Si nous téléphonons ou écrivons des messages électroniques aujourd’hui en Afrique ou vice versa à des coûts assez bas, c’est aussi grâce au Guide qui a mis sur table 300 millions de dollars pour le lancement par les Russes et les Chinois du premier satellite africain de communication. Notre continent économise actuellement 500 millions de dollars par an, somme qu’il versait annuellement à l’Occident pour frais de communication à travers ses satellites. Kadhafi a créé un fonds d'investissements, il voulait occuper la deuxième place en Afrique après la Chine dont les investissements ont dépassé les 100 milliards de dollars en 2010. Nous savons que le FMI a déjà plié bagage en Angola à cause des Chinois. Le Guide a obligé l’Italie à reconnaître la colonisation de son pays et à verser des réparations sous forme d’investissement. La Suisse, quant à elle, avait failli être privée du pétrole libyen suite à l’arrestation d’un des fils de Kadhafi, Hannibal, en juillet 2008. Pour contenir la fureur du Guide, ce pays, européen entendez bien, a dû présenter ses excuses à la Libye. Quel « crime » de lèse-majesté commis par un pays africain! Enfin, le fils de Kadhafi a déclaré que la Libye aurait financé la campagne de Sarkozy. C’était en quelque sorte le comble de l’humiliation pour une Europe habituée à la mégalomanie et à l’arrogance Le seul tort de Kadhafi est qu’il est trop longtemps resté au pouvoir sans avoir instauré la démocratie dans son pays. Mais cette accusation ne relève d’aucune logique car il n’est pas le seul en Afrique. Il y en a qui sont devenus présidents alors que la grande moitié des Africains actuels n’étaient pas encore nés. A 85 ans, Wade est bien décidé à modifier la Loi suprême de son pays pour briguer un troisième mandat présidentiel. Cependant, aucun politique européen ne trouve à redire. Au contraire, ils estiment tous normal que ces « dinosaures » politiques soient incessamment réélus, par tripatouillages, avec des résultats-fleuve qui frisent le ridicule ! La Chine est-elle plus démocratique que le régime de Kadhafi ? Que dire de la Corée du nord ? Ban Ki Moon, le Coréen, n’en parle presque jamais. Par contre, il est très brave dès que l’on met sur sa table un sale dossier concernant l’Afrique. Tout comme Louis Moreno qui trouve que les bancs des accusés de la CPI ne sont conçus que pour les Africains. La Russie est régulièrement indiquée pour son manque de démocratie. Mais quel soldat européen oserait y mettre les pieds ? Les bombes de l’Otan ne sauraient tomber partout sans châtiment! Qu’ont pu apporter réellement ces prétendus démocrates africains à leurs peuples ? Rien. Dans leurs Etats, la misère fait rage. Les citoyens de leurs pays exerçaient les boulots les plus sales en Libye pour gagner de quoi aider leurs pauvres parents restés au village sans pain ni espoir. Pendant ce temps, des mallettes et des djembés bourrés de liasses d’argent tombent à Paris. Campagnes électorales, vacances ou autres caprices de la classe politique française, tout est financé par ces dirigeants sur le dos du contribuable africain. En quelque sorte, ils achètent le titre de démocrate et sont traités en retour comme tels. Ils ont voulu se rabaisser, ont accepté l’humiliation et la servitude volontaire ; donc les voilà qui sont démocrates ! Nous voyons clairement le type de démocratie que l’Europe veut instaurer chez nous. C’est juste pour maintenir à la tête de nos nations ceux qui sont prêts à les détruire au profit des autres. Cela, Kadhafi l’a refusé. Sa dignité ne lui permettait pas de se mettre volontairement sous la botte d’autrui. Il savait qu’une nation ne réussissait que dans la lutte. Il a résisté autant qu’il a pu. Face à l’Occident qui s’est uni contre lui, Il a perdu la bataille faute d’avoir été assisté par ses confrères africains. Par ceux-là qu’il voulait libérer du joug néocolonial, qui venaient hier chez lui dans son salon à Tripoli ou à Syrte pour lui quémander de l’aide et de l’argent. Il le leur distribuait volontiers. Hélas ! Le guide ne savait pas peut-être qu’il avait affaire avec des mendiants et des ingrats qui retournent la veste au moindre bruit des pas de quelques soldats otaniens. L’officier d’armée qu’il était, le colonel digne de ce nom s’en est allé dans l’honneur. Il n’est pas un lâche. Avec son fils, Il a trouvé la mort dans sa ville natale, Syrte, sous les bombes de l’Otan. « Je me battrai jusqu’à la dernière goutte de mon sang, je ne quitterai pas la Libye. » avait-il déclaré. Il a tenu sa parole d’homme. On a plusieurs fois clamé que le but des frappes n’était pas l’élimination physique du Guide. Mais Kadhafi a été tué par les soldats de l’OTAN. Raison de plus de ne pas croire à des mensonges au nom d’une démocratie. Les réactions n’ont pas tardé à venir. De Londres à Washington en passant par Paris, partout on saluait le triomphe de cette pseudo démocratie. Seuls les chefs d’Etat africains et l’UA sont les grands muets comme d’habitude. Quand il s’agit de quémander ou de voler, ils sont inégalés. Mais quant à défendre les intérêts du continent et à préserver leur dignité, même les carpes sauraient mieux parler qu’eux ! Le CNT cachait à peine sa joie. Des musulmans qui se réjouissent d’avoir tué un frère musulman dans des cris de « Allah Akbar » et qui exposent au grand public son corps pour le plaisir général et pour des photos en souvenir. Quoi d’étonnant ? Depuis la mort de Saddam Hussein, la solidarité islamique est devenue un vain mot. Cette année, le Coran a été brulé aux USA sans que ces musulmans lèvent le ton. Seuls les Afghans ont manifesté une semaine après. Il est lieu de se demander si ces piètres religieux ont droit à nous faire la morale. Plus étrange encore, c’est le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, qui se réjouit qu’un chef d’Etat ait été tué. Une organisation dont le but premier est le maintien et la sauvegarde de la paix dans le monde. Mais qui est devenue aujourd’hui la plus mafieuse de toutes les instances internationales. Qui ordonne la guerre contre ses Etats membres pour destituer ou tuer ses leaders. Gbagbo hier, Kadhafi à présent, à qui le tour demain? Coïncidence ou pas, Sarkozy est devenu père d’une fille au moment de la mort du Guide. Comme si le Ciel veut faire comprendre que pour que vive un Européen, il faut que meurent des Africains. Cela depuis déjà cinq siècles. Pour l’Occident, nous ne sommes pas des hommes, nous sommes des animaux à dresser ou à abattre. La preuve ? Vous ne verrez jamais le corps des dirigeants des autres pays exposé devant des journalistes et des badauds qui prennent des photos à leur guise. Même Hussein a été épargné d’un tel traitement. Il n’y a que l’Africain qui subit de telles humiliations. Images véhiculées de l’arrestation de Gbagbo, dépouille exposée du Guide tel un chien, tout est préparé pour faire de nous la risée. Syrte qui a vu naitre les fondements de l’Union africaine a été pilonnée par l’Otan. On s’évertue à nous faire savoir ainsi que notre continent n’est qu’un chiffon dont on essuie la table pour le festin des autres. C’est l’Afrique entière qui est morte hier. L’avant dernier des résistants africains est tombé. Il n’y a plus d’obstacles devant l’Occident en Afrique car nombre des dirigeants qui sont restés sont ceux qui aident les autres à piller, à humilier, à affamer et à faire descendre notre continent aux enfers. Les djembés d’argent occulte ne tarderaient pas à parvenir à Paris sous forme de félicitation pour la victoire. Nul doute qu’au nom de la démocratie imposée de l’extérieur, on est en train de placer à la tête de nos Etats des marionnettes et des sous-préfets qui sont complices et traitres. Le pétrole libyen coulera d’ores et déjà à flot pour alimenter la moribonde économie européenne afin de mettre fin à son agonie. L’Afrique ne serait-elle pas un continent maudit ? La Libye en chiffres : Population : 6.410.000 personnes. P.I.B : 77.912 millions US (données du FMI 2010), 63-ième place du monde. Le P.I.B par habitant: 14 192$. (48-ième place du monde). Plus élevé qu’en Russie. Indice de développement humain : 53-ième place du monde. Dette publique: 3,30% du P.I.B. (Données de 2010) Réserves de pétrole : 46,42 milliards de barils. Réserves de gaz : 1,55 trillion de m3. Extraction de pétrole par jour : 1,58 million de baril par jour. Extraction de gaz : 15,9 milliards de m3 par année. Il faudrait aussi ajouter ce qui suit: A chaque membre de la famille l'État paie par an 1 000$ de subventions. L'allocation chômage — 730$. Le salaire de l'infirmière — 1 000$. Pour chaque nouveau-né l’Etat paye 7 000$ aux parents. Aux nouveaux mariés sont offerts 64 000$ pour l’achat d’un appartement. Pour entreprendre son business privé, l’Etat accorde une aide matérielle (START capital) de 20.000$. Les grands impôts et les exactions (pots de vin) sont interdits. L’instruction et la médecine sont gratuites. La formation des étudiants et le stage à l'étranger sont aux frais de l'État. Magasins spéciaux à prix symboliques pour les familles à plusieurs enfants. Grosses amendes et incarcération pour la vente des produits périmés. Médicaments gratuits dans une partie des pharmacies. Pour la contrefaçon des médicaments, peine de mort. Le loyer est interdit. Les agences immobilières sont interdites. Le paiement pour l'énergie électrique n’existe pas. La vente et la consommation de l'alcool sont interdites. Crédits sans intérêts pour achat d'automobile ou d'appartement. Achat d'automobile: jusqu'à 50 % du prix payé par l'État ; aux combattants, jusqu'à 65 % du prix. L’essence coûte moins cher que l'eau. 1 litre d’essence fait 0,14$. Jugez vous-mêmes. La démocratie que nous voyons actuellement et que l’Europe veut imposer n’est pas la vraie. C’est plutôt l’ « IRAKocratie ». A un enfant africain, si vous tendez un morceau de cette « démocratie » et un morceau de pain, il choisira le dernier.