vendredi 2 septembre 2011
QUI PEUT OU DOIT SUCCEDER A ATT
QUI PEUT OU DOIT SUCCEDER A ATT
A l’image de la fin des années 2001 et début 2002 où l’énigme est restée longtemps posée sur qui devrait succéder à Alpha Oumar Konaré, suspens qui n’a finalement été levé qu’en avril 2002, les maliens se poseront encore longtemps la question « qui remplacera ATT ».
Sujet de plus en plus à l’ordre du jour depuis que l’équivoque d’une éventuelle prolongation du mandat présidentiel a été levée, aucun calcul politicien ne peut aboutir à un résultat certain. Dans l’équation généralement posée, le choix du président sortant demeure comme une constante déterminant le futur occupant du palais de Koulouba. L’ADEMA serait en attente de connaître ce choix pour enfin se décider de se rallier. Quel mauvais calcul au lieu de compter sur ses propres forces !
ATT ne dévoilera pas le nom de celui qui se trouve dans son cœur. Ce serait salutaire pour le jeu démocratique donnant une chance égale à tous à partir du verdict des urnes.
L’opinion publique risque d’être prise au dépourvu car le général souhaite garder la neutralité contrairement à l’idée selon laquelle son ancien premier ministre Modibo SIDIBE serait son candidat caché. Loin s’en faut.
Si l’on pouvait lire sur le cœur d’autrui, ATT devrait avoir nourri l’ambition de passer le drapeau à celui dont la victoire lui a été extorquée en 2002 à son profit et qu’il a aidé par la suite à occuper le perchoir de l’Assemblée Nationale. OUI, IBK serait le dauphin caché de ATT, mais la ‘’real politique’’ en a décidé autrement.
A ce jour, ATT préfère ne pas se prononcer au risque de voir son vœu non réalisé vu le contexte actuel de l’affaiblissement du RPM. En effet, à sa réélection en 2007, les prérogatives annoncées en faveur du président de l’opposition laissaient présager un favoritisme en vue de préparer celui là pour la future présidentielle. Ne croyant plus aux chances de IBK qu’il a lui-même contribué à affaiblir pour sa propre cause (lui barrer la route jusqu’en 2012), ATT se trouve aujourd’hui désolé car lui-même ne peut dire avec assurance qui le remplacera le 08 juin. Autant garder la neutralité. ATT n’aime pas l’échec.
Entre celui qui a des chances d’être président en 2012 et celui qui doit le devenir, il y’a bien un fossé et une différence notoire car de plus en plus dans la conquête du pouvoir actuel au Mali, celui qui gagne n’est pas forcement le meilleur (avec tout le sens positif que le mot peut comporter).
S’il est vrai que le président sortant a toujours une influence quant au choix de son successeur, ATT devrait faire en sorte que le drapeau passe de main en dehors de ces anciens dirigeants à la tête de nos vieux partis politiques. S’il doit s’impliquer, son choix devrait porter sur un technocrate sincère, aimant et connaissant bien son pays.
Le Mali a juste besoin d’un réformateur après ATT, en rupture avec l’ordre ancien.
A moins d’un an de l’élection présidentielle, les langues se délient déjà autour de nombreux présidentiables dont la plupart sont des anciens acteurs de la scène politique ou des maliens vivant à l’étranger s’étant fait connaître par leur aura internationale ou le rôle qu’ils ont joué à un moment donné dans le pays.
Dans le premier groupe nous pouvons citer IBK, Soumaïla CISSE, Tieblé DRAME, Oumar MARIKO, Mountaga TALL, Choguel Kokala MAÏGA, …etc.
Le parti ADEMA a-t-il été omis ? Non ! Seulement que cette formation souffre du manque de candidat charismatique dont le choix est sans équivoque. Ce choix risque pour la nième fois d’entraîner des ruptures ou de nouvelles exclusions du sein de ce grand parti. Modibo SIDIBE serait indiqué pour donner plus de chance à l’ADEMA, mais son statut de nouveau militant ne plaiderait pas pour lui si l’on s’en tient aux déclarations de Dioncounda TRAORE, l’un des candidats à la candidature de l’ADEMA et non moins président du parti. Si Modibo SIDIBE est choisi comme candidat de l’ADEMA, il pourrait aller loin. Autrement ses chances seraient limitées du fait que sans formation politique ou de nombreux soutiens à la base, il est difficile de s’accaparer le pouvoir au Mali. Le cas ATT a bien été une exception difficilement reproductible. Ce dernier, pendant 10 ans a préparé son retour et le président Alpha Oumar KONARE avait juré pour cette cause.
Dans le deuxième groupe, les technocrates auxquels on peut penser sont Cheick Modibo DIARRA et le Dr Soumana SACKO, ancien premier ministre sous le régime de Moussa TRAORE et sous la transition démocratique avec ATT de mars 1991 à juin 1992.
La liste pourrait être plus longue que celle annoncée. Nous allons, selon nos propres jugements et sensibilités, nous évertuer à identifier les forces et faiblesses de ces candidats potentiels pour la conquête de Koulouba en 2012.
Revenons aux candidats potentiels en citant leurs atouts et forces, mais aussi leurs limites.
Le groupe 1 des acteurs politiques ou chefs de parti :
1. Soumaïla CISSE:
Deuxième à l’élection présidentielle d’avril 2002 avec comme challenger ATT, ce candidat est reconnu pour sa technocratie et les différents postes ministériels qu’il a occupés sous le règne du président Alpha Oumar KONARE. Sa candidature de 2002 lui a donné des leçons dont il saura tirer des enseignements lors des prochaines batailles politiques. La sagesse qu’il a su garder depuis l’expérience malheureuse de 2002 lui a valu de nombreuses sympathies depuis la création du parti URD considéré depuis comme la deuxième force politique du pays. L’expérience de ses adhérents et les postes qu’ils occupent plaident en faveur de cette formation politique qui a des chances de venir en ballottage favorable avec un éventuel premier ou deuxième lors des prochaines échéances électorales.
Ce n’est pas la compétence qui manque au commissaire sortant de l’UEMOA, mais faudrait-il que le pouvoir lui soit prédestiné ? Une éventuelle déchirure de l’ADEMA augmenterait de facto les chances de l’URD bien implantée dans tout le pays.
La malchance de cette formation pourrait résulter de la position actuelle d’un de ses barons, l’ancien ministre de la santé impliqué dans le détournement du Fonds Mondial pour la Santé et ses antécédents avec le parti du fait qu’il s’était fait dissident, roulant beaucoup plus pour la mouvance présidentielle.
2. Ibrahim Boubacar KEITA
Cet homme a plutôt souffert de son charisme gênant, tant il a été craint depuis le règne de Alpha Oumar KONARE d’où il tire son aura politique. Premier ministre pendant 6 ans sous la troisième République, intransigeant et imbu d’une personnalité d’homme d’état, responsable et autoritaire, l’opinion publique nationale a mal jugé la période de son pouvoir cousu d’autoritarisme (à tort ou à raison). Il est indéniable que la malchance de ce candidat malheureux aux présidentielles de 2002 et 2007 résulte beaucoup plus du fait qu’il incarne le vrai pouvoir, ce que déteste là où règne l’impunité. Il fut alors redouté et piétiné chaque fois que c’est possible, ceci, de façon délibérée à l’aube de toutes les élections où il était pressenti être le challenger à abattre. Son parti, le RPM en a fait les frais avec les pertes de postes électifs et/ou de désignation à de hauts postes de responsabilité.
Les expériences accumulées au bout d’une décennie ont dû l’aguerrir pour pouvoir supporter les coups bas, les trahisons et la défaite. Les inconditionnels et les fidèles à ce parti sauront profiter de ces enseignements pour battre campagne au cours des prochaines échéances électorales qu’ils entendent participer avec tous les tenants et les aboutissants.
Dieu voudra-t-Il enfin rendre justice à ce parti que l’on craint de se venger? Le camarade Ibrahima Boubacar KEITA, apparemment loin d’être rancunier sait quand même se confier au bon Dieu d’Abraham et de Jacob. ‘’Dieu, mon Parti, le Mali’’ était parmi ces slogans de 2002 ou de 2007.
3. Tiéblé DRAME :
Le monde estudiantin des années 1976 à 1978 se souviennent de cet homme à la tête de l’UNEEM (Union Nationale des Elèves et Etudiants du Mali) avant qu’il ne laisse la place au regretté Abdoul Karim CAMARA dit CABRAL assassiné par le régime dictatorial de Moussa TRAORE. Le président du PARENA s’illustre par son refus d’être aliéné par le pouvoir en place quand bien même qu’il ait accepté de présider le comité d’organisation du Sommet France/Afrique en fin 2005. Cette distinction qui l’avait élevé et honoré s’est vite transformé en menace contre lui à laquelle il ne céda pas ayant suscité le courroux du général (le fait de n’avoir pas rejoint le camp présidentiel lors des élections de 2007).
Le PARENA a bien été le premier des derniers après les trois (3) principaux challengers en 2002 et en 2007. Il serait heureux pour ce parti de ne pas se lasser avant l’arrivée de son ‘’ère de règne’’ car telle que se présente sa composition, il regroupe un certain nombre d’élites intellectuelles capables de dire Non à chaque fois que les intérêts supérieurs de la Nation sont menacés.
Les limites de ce parti peuvent résulter du fait que les membres n’ont pas engrangé assez de richesses pour financer une désormais campagne très onéreuse au Mali. Quel drame que de ne compter que sur l’argent pour prétendre se mettre au service de sa nation par sa loyauté et son dévouement à la cause commune.
4. Oumar MARIKO.
Cadet de Tiéblé DRAME et de Cabral au sein de l’UNEEM, le Dr MARIKO s’est fait davantage distinguer à la tête de l’A.E.E.M (Association des Elèves et Etudiants du Mali) depuis le coup d’état de mars 1991 ayant renversé le Général Moussa TRAORE. Ancien membre du CTSP et figure emblématique du parti SADI, ce candidat potentiel mérite un jour d’être le Président de la République du Mali tant il croit au matérialisme dialectique (négation de la négation) et à la lutte des classes. Certainement, un jour, le temps lui donnera raison s’il continue comme il le fait à défendre la cause des pauvres et à lutter contre l’injustice sous toutes ses formes. Il a juste besoin d’un peu plus de modération pour ne pas se faire haïr. Comme le dit Blaise PASCAL ‘’ il y’a deux excès au monde :- Exclure la raison - N’admettre que la raison’’. .
Les limites de ce parti sont identiques à celles de son grand frère PARENA. Avec un peu de chance et de persévérance, le futur ou l’histoire leur donnera raison. Ce jour, le Mali sera au bord de l’implosion et il faudra un ‘’révolutionnaire’’ du cran du Dr MARIKO pour bouleverser l’ordre ancien qui aura trop perduré. Il risque d’être tard. Nous serons peut-être dans les années 2015-2020. « Les nations, écrit M. Henri KISSINGER, n’apprennent qu’à force d’expérience, et quand enfin elles ‘’savent’’ il est trop tard pour agir. » Mieux vaut tard que jamais, dit-on !
5. Mountaga TALL
Les chances de ce juriste avocat issu des ‘’Tallsi’’ ont diminué depuis sa position statique à la tête du CNID où il a intimé à son parti de ne participer à aucune échéance électorale des années 1997 quand il était l’un des grands mobilisateurs du COPPO (Collectif des Partis de l’Opposition) de l’époque. La plupart des militants du parti CNID qui lui sont restés fidèles ont été marginalisés ou exclus à tous les niveaux depuis les mairies jusqu’aux postes supérieurs de l’exécutif ou du législatif. Le parti continue de faire les frais malgré un léger mieux durant la période 2002-2007 quand Me TALL occupait la vice présidence de l’Assemblée Nationale.
Les querelles intestines au sein du parti l’ont affaibli davantage malgré la sagesse du compétent ex-ministre N’Diaye BAH de l’Artisanat et du Tourisme, aujourd’hui membre actif du PDES.
Les atouts de ce parti pour briguer la magistrature suprême sont limités eu égard à sa perte de notoriété et d’assises politiques solides, surtout en milieu rural depuis l’opposition ardue des années 1997.
6. Choguel Kokala MAÏGA
Le Dr Ingénieur en télécommunication n’aura plus à régler un conflit de leadership avec le Dr Cheick Modibo DIARRA qui ne se réclame plus du MPR, ayant créé sa propre formation politique, trop jeune pour se hisser en tête du peloton des partis. S’il faut prédire des chances de ce parti créé sur les décombres du l’UDPM de Moussa TRAORE, il lui faudra un peu de temps pour qu’il puisse prendre les reines du pouvoir au Mali tant certains rapprochements ont été faits avec le régime dictatorial défunt. En plus, le parti est en perte de vitesse, certains membres ayant fait défection au profit d’autres formations sans compter l’actuelle léthargie de son président apparemment démoralisé.
Le deuxième groupe des technocrates :
Cette classe de candidats semble être le plus méritant pour être soutenue car n’étant marquée d’aucune grande souillure ou accointance négative avec les ‘’rongeurs de la République’’. Cette expression ne paraît pas excessif car à vrai dire, ce pays est malade de sa corruption sévissant partout, même au sommet du pouvoir. Ce sont ceux-là, qui, apparemment dans leurs discours ne mettent en avant que les intérêts supérieurs de la Nation pendant qu’ils sont prêts à brader tout le patrimoine industriel ou immobilier de l’Etat pour des gains individuels et égoïstes. A quoi leur serviraient toutes ces fortunes amassées et extorquées sur le pauvre citoyen vivant de plus en plus dans la précarité. Quel slogan creux de prétendre lutter contre la pauvreté pendant que le pouvoir d’état épargne les voleurs qui payent pour se faire disculper. ‘’Que sert à l’homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? Qui veut garder son âme la perdra’’ pour paraphraser le philosophe. Ceux qui amassent ces grandes fortunes sans limite iront les laisser un jour à des héritiers qui le gaspilleront pendant que leur père n’a pas fini de rendre compte au bon Dieu. Ceci est indéniable pour qui croit au préceptes du Saint Coran.
Revenons à ceux- ci qui méritent d’être désormais choisis pour nous imposer une nouvelle façon de régner.
1. Cheick Modibo DIARRA
Nous avons fait intégrer le savant Interplanétaire à ce groupe en supposant que ce grand intellectuel n’a plus besoin d’amasser de la fortune sur le dos des pauvres contribuables maliens. Son niveau intellectuel et son ambition pour le Mali peuvent laisser augurer un dirigeant digne de confiance.
En réalité, nous connaissons peu cet homme sur le plan de la gouvernance d’un état et ne pouvons que nous en tenir à ses facultés intellectuelles. Son choix pourrait avoir des avantages car il aura à régner en premier lieu en sélectionnant ceux qui lui sembleraient compétents pour diriger avec lui le pays sans esprit partisan. L’inconvénient serait la non réversibilité du choix porté sur lui pendant au moins 5 années consécutives si jamais les résultats ne sont pas appréciables. Nous le connaissons moins. Les scientifiques sont assez cartésiens ou carrés dans leurs raisonnements et les stratégies adoptées peuvent aboutir à des dérives sociales parfois fatales. Que Dieu nous en préserve.
Faut-il alors choisir un économiste ? Il est dit d’eux qu’ils sont sans état d’âme face à la recherche de l’efficacité. Je pense qu’il faut aujourd’hui un dirigeant de cet acabit pour le Mali.
2. Soumana SACKO
‘’La compétence se réalise dans l’action. Elle ne lui préexiste pas. Il n’ y a de compétence que de compétence en acte. La compétence ne peut fonctionner à vide en dehors de tout acte qui ne se limite pas à l’exprimer mais qui la fait exister ’’ disait en 1994 LE BOTERF.
En effet, la compétence est dans l’action et non dans les discours écrits et lus.
Soumana SACKO, que l’on accepte ou pas est une référence au Mali pour la période passée à la primature au temps du régime défunt. L’équilibre macro-économique par l’assainissement des finances publiques qu’il a tenté d’atteindre à cette période est l’un des indices pertinents pour préjuger de sa capacité à assurer le rôle de chef d’état au Mali afin d’imposer sa vision du développement économique et social et d’opérer des choix judicieux.
Ceux qui font allusion à son deuxième mandat de premier ministre sous la transition démocratique pour ternir son image perdent de vue que ATT était son président (ils partagent donc la responsabilité) et que le pays à peine sorti du sang et la flamme était dans une euphorie de liberté tel qu’il fallait satisfaire assez de revendications corporatistes pour calmer les douleurs. Là encore, le premier ministre se serait plié à des injonctions de son président qui avait vite fait de nourrir cette ambition lointaine de revenir un jour à Koulouba, cela s’est passé dix (10) ans après.
Nul n’ignore l’état actuel de la nation où la déliquescence de toutes les valeurs économiques et sociales a atteint le seuil de l’insupportable. Il est urgent de choisir une autre race de dirigeants en dehors de ceux qui nous tiennent mal depuis bientôt deux décennies.
Si Soumana SACKO n’est pas parfait, loin s’en faut d’ailleurs puisqu’il demeure un être humain non exempt de faillibilité, il reste parmi les meilleurs qui peuvent, de part leur parcours à la tête de l’état, poser des actes que nous retenons encore. La rigueur et la fermeté qui le caractérisent apparaissent selon le jugement commun ‘’des petits maliens’’ (excusez du terme) comme des défauts. Selon une bonne majorité des opinions recueillies, il nous faut un président qui gère le social et laisse assez de liberté aux citoyens. Quel mauvais jugement dans un pays où l’incivisme va jusqu’à ne plus obtempérer aux injonctions d’un porteur d’uniforme ou à une décision de l’état et de la justice. Il faut restaurer cette autorité de l’état, instaurer en même temps plus de justice entre les hommes. La justice profondément ancrée au cœur des hommes est l’une des choses du monde la plus discutée et réclamée. La frontière du juste et de l’injuste fait bien sûr l’objet de débats infinis. A ce propos, Montesquieu disait que : « La justice sans la force est contredite…..La force sans la justice est accusée. Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste ».
Dans l’évolution des sociétés humaines, le parcours du développement socio-économique est une longue étape. Il y’a toujours une sélection des idées comme il y’a une sélection des êtres, mais la différence est grande entre le pouvoir d’invasion d’une idée et son pouvoir de promotion pour la société qui l’adopte. Paul VALERY écrivait « Rien n’est plus difficile que de déterminer les vrais intérêts d’un peuple, qu’il ne faut pas confondre avec ses vœux». Le pouvoir d’invasion résiste aux faits dans une société de plus en plus complexe, qui offre aux avocats habiles des arguments pour tout plaider. En général, il est rare de voir l’échec reconnu. S’il est trop manifeste pour être nié, les causes dont il procède se prêtent à d’interminable débats. C’est ce que le Mali vit aujourd’hui. Pour exemple, un peuple laissé à lui-même souhaiterait la suppression de toutes formes d’impôts. Mais, a-t-il intérêt à ce que l’état réduisant ses recettes n’arrive plus à supporter les charges publiques (salaires des fonctionnaires, santé, sécurité, éducation….) ?
Le peuple malien, s’il désire un mieux-être, une amélioration de ses conditions de vie doit accepter un changement profond dans le choix des hommes qui le dirigent. Par ces derniers, résulteraient des changements de structures mentales et de production. Les raccourcis vers le développement comportent toujours un minimum de trajet.
En l’absence de tout esprit partisan, puisse qu’il n’y a aucune affinité entre ce candidat et moi, souhaitons que la destinée du Mali soit confiée à un homme tel que le Dr Soumana SACKO.
L’opinion la plus répandue est qu’il n’a pas assez d’argent pour financer une campagne à coût de plusieurs milliards de francs CFA. Ceci pourrait constituer les limites à son accession au pouvoir en 2012. L’autre opinion dit qu’il ne s’est pas distribuer de l’argent et serait assez avare, donc difficile pour lui de s’accaparer un grand électorat. N’étant pas habitué au vol ou au détournement pour amasser de la fortune, l’homme de Nyamina ne saurait distribuer gracieusement de l’argent pour acheter les électeurs.
Cette pratique malsaine en cours risque de nous garder longtemps sous le joug des richissimes fonctionnaires de l’Etat qui ayant sucé le peuple en le laissant exsangue vont encore s’accaparer du pouvoir suprême. Nous demeurerons ainsi dans le cercle vicieux du pouvoir et de la pauvreté. Que Dieu nous en garde, guide nos pas et sauve le Mali. AMEN !
Moussa DIAKITE.
Lettre ouverte au Président de la République du Mali.
Lettre ouverte au Président de la République du Mali.
De la complicité coupable à la chienlit fatale
A quelques encablures de élections présidentielles et législatives (10 petits mois environ), la classe politique malienne, entrée dans une frénésie digne de l’hystérie, se crêpe les chignons eu égard à la future consultation référendaire et le choix “cornélien” entre RAVEC et RACE. Si la sagesse ne prévaut pas, ce débat risque de s’enliser tragiquement dans les méandres de la dispute, de la division énergiques et dichotomiques, des déchirures douloureuses et de la rancoeur et de la haine tenaces. Si les héros du tragédien Pierre Corneille posaient le primat du devoir sur tout sentiment, quelle attitude raisonnée et raisonnable notre chef suprême adopterait-il?
Tel le pauvre d’Esope de la Fontaine, nous nous jettons aux pieds de votre grandeur et de votre magnanimité, et nous faisant entendre du mieux que nous pouvons, nous demandons pour toute grâce que vous sursoyez de quelques moments la consultation référendaire de diversion à laquelle vous tenez telle la prunelle de vos yeux et laisser votre successeur s’en charger s’il l’estime d’une utilité probante. Est ce vos nombreux conseillers tapis à l’ombre qui vous dictent cet exutoire qui s’apparente à une fausse sortie? Cette diversion référendaire est une insulte grave à la douleur existentielle du peuple malien. Vous avez oublié de nous donner l’ardoise salée de votre referendum. Après le gâchis financier du Cinquantenaire, allez vous une fois de plus jeter dans les toilettes nos maigres pécules et tirer la chasse d’eau? Les maliens ont d’autres priorités plus nobles qu’une consultation référendaire: l’emploi, la santé, le panier de la ménagère, le logement, l’école, la sécurité sur l’étendue du territoire national, la répartition équitable des revenus, la justice, la lutte contre la corruption, excusez du peu mon cher Président. Il vous aurait été plus sage d’écouter vos conseillers militaires qui vous auraient dicté la diversion militaire sur les combattants d’Aqmi au nord-Mali. En bon stratège, bon teint, pendant vos deux mandatures, vous avez à ravir fait usage de la manipulation pour nous détourner de la corruption, qui a miné mortellement notre économie; pour obliger Minos, autant Scylla coupa les cheveux mortels de Nisus pour en faire cadeau à son amant, autant vous avez obligé vos sbires en favorisant la naissance d’une bourgeoisie bureaucratico-compradores; vous avez complaisamment donné libre cours à la chienlit dans l’administration publique. Votre gestion de la chose publique s’est pitoyablement déclinée en terme de justice à deux vitesses, l’impunité, le népotisme , le clientélisme. Suprême crime! Non content d’avoir échoué à sauver l’école malienne, agneau propitiatoire de votre gouvernance, des tréfonds abyssaux de la déchéance, ravi d’avoir laissé nos maigres ressources dans les mains des rapaces déprédatrices, vous voulez atteindre l’apothéose en laissant la confussion, la zizanie, le chaos comme héritage. Général Touré, permettez moi de pasticher cet autre général, Charles de Gaulle, à qui son premier ministre Georges Pompidou a attribué ces mots: ” La réforme, oui; la chienlit, non.”
Au regard du temps restant, monsieur le Président, est –il humainement possible de s’attaquer efficacement à ce vaste programme présenté par madame Cissé Mariame Kaïdama et son gouvernement. Convenez humblement avec nous que la présentation de la politique générale de votre premier ministre et de son gouvernement manque de sérieux, frise le ridicule, la provocation et la raillerie piquante. Elle relève plus de la pochade, cette oeuvre littéraire écrite rapidement, dans l’improvisation, que de la réelle volonté de mener notre pays vers des avenirs radieux. “Quelle est la mission exacte que vous assignez à ce gouvernement de mission dans un tel laps de temps?” Ces propos chiraquiens lors de la campagne présidentielle de 1995 retentissent encore dans nos têtes:” la politique n’est pas seulement l’art du possible, il est des moments où elle devient l’art de rendre possible ce qui est nécessaire.” Monsieur le Président, est ce que l’évidente nécessité de votre scrutin référendaire se montre et se démontre? Pourquoi maintenant et pas avant? Dans quel dessein inavoué vous vous entêtez obsessionnellement à nous offrir ce cheval de troie? Dans la Côte d’Ivoire voisine, au bord de la lagune ébrié, on aurait parlé d’un “ Anango Plan”. Monsieur le Président, laissez la sagesse vous habiter, car la réalisation de ce grand dessein qui est le vôtre se fera dans la division. Au nom de votre amour pour ce pays de nos ancêtres, renoncez à ce referendum. Ce faisant vous éviteriez d’être un Enfer pour les autres. Monsieur le Président, vous oubliez que vous jouez là un coup de poker, car les fins de mandat ne sont guère favorables aux présidents sur le départ. Ceux qui étaient hier vos laudateurs les plus zélés, ceux qui étaient mûs par une fascination mystico-religieuse prêts à mourir en communion avec vous ne se feront pas prier pour vous lâcher. Et nous les recalcitrants invétérés ne manqueront pas de profiter de l’aubaine pour associer nos voix aux leurs pour briser votre rêve qui tient plus de l’irrationnel qu’une attitude pratique et réaliste. N’oubliez pas que c’est une proposition, nous la rejeterons victorieusement, et vous sortirez par la petite porte. Est ce que c’est cela que vous cherchez?
Monsieur le Président, le RAVEC ou le RACE? C’est la question languissante qui divise. Nous avions naîvement cru que le Ravec était une avancée notable sur le Race qui a été l’objet de bisbilles et de querelles de par le passé. Pourquoi cette volonté sibylline et insidieuse de s’engouffrer dans la même erreur? Etes vous de bon aloi ou de mauvais aloi? Peut on raisonnablement commettre la même erreur et s’attendre à des résultats différents? Si vous y mettiez du sien, monsieur le Président, les fichiers du RAVEC seraient fin prêts d’ici les élections. Si le recensement des maliens de Côte d’Ivoire pose problème, il n’ya qu’à faire une biffure sur eux pour cette fois ci. Le reste de la population malienne reste largement representative pour faire des élections transparentes, crédibles et propres. Dans le pire des scenari, engageons nous rationnellemment à la confection des bâtonnets pour le “kala fili” ou le vote à main levée dans un scrutin uninominal majoritaire à un seul tour. Et cette solution ironique et obsolète au 21 ème siècle nous paraît cependant moins dispendieuse que votre referendum.
Les livres panégyriques écrits à votre gloire réelle ou supposée par vos épigones-affabulateurs, larbins et thuriféraires de tout poils nous tombent des mains sous l’effet certain de la déception. Le dernier en date fut Seydou Traoré, ancien ministre de l’Agriculture, qui a omis de nous parler de la crise acridienne sous son magistère, de l’initiative riz de Modibo Sidibé; il a peiné à nous expliquer la chèreté de nos produits alimentaires de premières nécessités. Le ridicule a voulu que ceux qui traînent des casseroles bruyantes et qui ont été complices du bilan bien mitigé de votre gouvernance se mettent à défendre votre bilan avec des plaidoiries petitement charpentées et argumentées. Est-il un secret de dire que l’étoile étincellante du héros sauveur d’un certain mars 1991 s’est étiolée dans les dédales de l’approximation, de l’à peu près et de l’improvisation stérile?
Dans un Mali où l’espoir est aux abois et à l’étroit, vous voulez amener le peu de maliens qui se bercent encore d’espérance à errer dans les détours d’un dédale infernal de révision constitutionnelle inappropriée. Vous nous faites penser à Dédale, ce personnage ingénieux, célèbre de la mythologie grecque qui enferma le Minotaure. Ne vous illusionnez pas, monsieur le Président, le peuple malien sera rétif à toute tentative visant à vouloir l’enchaîner et l’empêcher de fuir l’enfer que vous voudriez lui offrir. Il vous en faudra plus pour nous cabrer. Inspirez vous de ce qui s’est passé au Sénégal de Abdoulaye Wade quand ce nonagénaire autocrate a fait brandir son comique “ ticket présidentiel”. Cette tentative tragique inopérante de Wade devrait vous servir plutôt de fil d’Ariane. Mon Président adoré d’hier, restez sourd aux sirènes tentatrices de vos conseillers, spécialistes de l’omerta et de la cachoterie, car ils ne sont pas du nombre de vos alliés. Ou bien, l’exercie du pouvoir vous a-t-il saoûlé? Depuis l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid en Tunisie, rien ne sera plus comme avant. Ceux qui se croyaient des timoniers, des baobabs indéboulonnables ont volé trop haut, tel Icare, et se sont faits brûler les ailes en cire par l’incadescence du soleil. La rue n’est plus maniable et corvéable à souhaits. Monsieur le Président, avalez votre nombrilisme, votre mégalomanie et ressaisissez vous pendant qu’il est encore temps. Vous ne méritez pas une fin tragique à l’instar des Ben Ali, Moubarrack,…eu égard à votre sacrifice suprême d’un certain mars 1991 que nous sommes loin d’ oublier. Il tiendrait de l’injustice de l’histoire que nous chantions: “ vive le Président, à bas le Président”. Tel un chienlit du Carnaval de Paris, une honteuse et brusque réculade vous obligerait à renverser tous ceux qui se trouverait par mégarde derrière vous. Vous n’avez pas besoin de cette posture de défaite. Enterrez votre projet referendaire qui est un véritable casus belli qui risquerait de vous jouer un très sale tour. Gorgui de la porte d’à côté a bien compris la leçon, puisse-t-il vous être une égérie.
Monsieur le Président, le choix est vôtre: l’intérêt national ou la passion secrète qui vous anime. Alain disait: “ la grandeur de l’homme est grande en ceci qu’il se sait misérable.”
A bon entendeur salut!
Fatogoma Mohamed ouattara
Fouattara2@comcast.net
http://www.ouattaradonzo.com
Orange, NJ 07050
USA
Kamano BENGALY.
Bakary MARIKO.
Aboubacrine ASSADEK.
Les députés maliens: traîtres, fourbes et patriotes
Les députés maliens: traîtres, fourbes et patriotes
En dépit des jugements justes, raisonnés de nos autorités intellectuelles qui, du haut de leur cathèdre ont démontré la vacuité de l’aventure, en dépit des protestations vigoureuses, véhémentes et impétueuses, des mises en garde collectives des vrais patriotes, des cris de cœur des fous de la Fontaine, vendeurs de sagesse, quant à l’inopportunité d’une réforme constitutionnelle, les députés maliens ont donné un véritable coup de Jarnac au peuple en votant majoritairement pour le projet référendaire cher à sa Majesté Amadou Toumani Touré. Nous nous étions mis à rêver que le bon sens, la pondération prélaveraient et que la sagesse, le courage, le patriotisme habiteraient nos chers élus parlementaires. Piteusement, ces valeurs se sont éloignées d’eux. “Nos honorables députés”, souvenez-vous de ce que Molière disait dans “Les fourberies de Scapin” : “Vous vous êtes accordés, Scapin, vous et mon fils, pour me fourber….Ma foi, monsieur, si Scapin vous fourbe, je m’en lave les mains”. Après leur vote, si ATT, le Lionel Messi au bord du fleuve djoliba avec ses dribles épatants, décidaient de remettre les charges qui pèsent sur eux à la vraie justice, avant de s’en aller? N’oublions pas qu’ATT aura pendant ses deux mandatures gouverné par la corruption. Il a entre ses mains un épouvantail qui effraie sinistrement ses obligés de fripons et de friponnes. Auront-ils encore le cynisme de revenir avec d’autres promesses fallacieuses tenter de tromper nos trompeuses naïveté de dindon de la Farce? Au peuple malien de fourber à son tour ceux-là qui comme Judas, l’auraient trahi de la manière la plus inattendue et la plus cruelle. Qu’est advenu du courage de ces francs -fanfarons de la vertu, de démocrates, du “Kankélétiguiya” de tous ceux-là qui montaient sur les toits pour nous tympaniser avec leurs discours de Don Quichottisme? En lieu et place du courage politique devant ce dossier important, ceux à qui les maliens avaient des raisons légitimes de faire confiance ont offert leurs allégeances souterraines et subreptices. Les Ibrahim Boubacar keita, Moutaga Tall, Konimba Sidibé ont laisse encore passer une autre chance historique. Nous attendons leurs explications.
Dans ce Mali que nous aimons le temps est venu de se dire des vérités. Les querelles dans une société trouvent leur explication dans la volonté des hommes de se dire des vérités. Le sage Terence ne disait- il pas que la vérité engendre la haine et les inimitiés? La franchise fait des ennemis, la flatterie des amis. Tel Alceste de Molière dans le Misanthrope nous nous sommes faits des ennemis. Nous nous sommes fait insulter. Aucune façon de souffrir ne saurait préoccuper un homme convaincu de son idéal. Notre idéal, c’est un Mali juste, bref un pays de Cocagne où il fait bon vivre. Nous entendons parler le langage de la vérité à toutes épreuves. Si nous avions nos mains remplies de vérités sur les manigances des gouvernants, nous les ouvrirons bien volontiers. En assenant nos vérités, nos Néron au bord du fleuve djoliba ne sauront nous infliger le tragique sort de Sénèque. C’est l’intérêt supérieur du Mali qui nous intéresse. “Ce n’est pas que j’aimasse moins César, j’aimais Rome davantage” disait Brutus.
De bonne heure, nous savions être en face d’un traquenard d’Ulysse. A y réfléchir de très près, nous nous posons légitimement ces questions: Pourquoi maintenant et pas avant? Le délai constitutionnel échu? Voter avec quel fichier? Ravec, Race ou un nouveau fichier-test? “ Is fecit cui prodest!” : A qui profite le crime ? A un dauphin qu’on attend le moins ou au maître-d’œuvre lui-même? Qui a intérêt dans l’exécution de ce crime? Qu’est ce qui se cache réellement dans ce cheval de Troie? Selon le rapport de Daba Diawara: “le pays n’a en effet connu, sauf en 1997, aucune crise institutionnelle majeure mettant en cause les fondements de la République et de la démocratie. Pour l’essentiel, les libertés et les droits individuels et collectifs reconnus et garanties par la Constitution ont été respectées.” C’est tout dire. Il apparaît à l’évidence que le Mali est seulement en proie à une crise morale et non institutionnelle. Le pays a plutôt un besoin pressant de projets éducatif, professionnel, familial, moral etc…Cette révision constitutionnelle semble tenir de l’absurde et du burlesque. Le pays a d’autres priorités.
Le Mali est aujourd’hui bicéphale: une oligarchie qui vit de délices et une classe de pauvres vivant dans de conditions d’indigence, avec un sort miséreux à la limite de l’acceptable. Conforme au schéma classique de la lutte des classes, une nomenklatura composée de lobbyistes, d’opportunistes, de francs-maçons, de bourgeois compradores déliant les souliers d’ATT, continue à s’enrichir et le bas peuple continue sa descente dans les tréfonds abyssaux de l’enfer. L’inégalité dans la répartition des ressources a été à l’origine des désagréments dans bon nombre de pays. Ce qui les aurait envoyés dans le septième cercle infernal de Dante. Non contents d’avoir créé une fracture sociale avec des maliens malhonnêtement riches et des maliens honnêtement pauvres, la mascarade de la consultation référendaire vient comme la cerise sur le gâteau du machiavélisme.
A s’y méprendre, tel Judas Iscariote livra le Christ pour trente deniers, le peuple malien aura été trahi, ses députés l’ont vendu pour de l’argent ou pour leur vil intérêt intrinsèque. Dans les coulisses, les députés étaient majoritairement contre le projet. A eux de renverser la charge de la preuve et nous dire ce qui s’est réellement passé à l’Assemblée Nationale, lors de la séance à huis -clos entre commissions et groupes parlementaires, qui a précédé la session plénière. Le bras de fer énergique entre Madame Camara Saoudatou Dembélé, la présidente de la Commission des lois à Mamadou Hawa Gassama expliquerait bien de nébuleuses.
C’est de l’infatuation que d’honorer notre pays en le qualifiant de démocratie exemplaire. Notre démocratie est une démocratie d’hypocrisie. Une nouvelle façon de faire la politique au Mali est un impératif catégorique. Il convient d’en changer les règles, la philosophie. L’art de gérer la cité n’est pas donné au commun des mortels. N’est pas parlementaire qui veut! C’est une dignité souveraine qui exige dévouement, patriotisme, bravoure. Galvaudée, elle se trouve être abandonnée à la convoitise des véritables aventuriers, dédaigneux de toute règle de principe morale et patriotique. Désormais apprenons à confier cette lourde responsabilité à des gens qui en ont les armes intellectuelles et morales. Combien de ces députés auraient tempêté contre la corruption, l’inégalité, l’injustice? Combien se seraient fait remarquer par leur génie en apportant des solutions nouvelles à la crise de l’école, du foncier, de l’insécurité, du mal vivre des populations…..? Combien d’entre eux se seraient héroïquement battus pour le contrôle de l’action gouvernementale? Combien de fois auraient –ils enquêté ou contrecarré des lois contre le bonheur du peuple qui les aurait élu?
Je suis malien de pure sang et de souche. Je suis sénoufo de par mon père venu du Folona dans le cercle de Kadiolo, le sang royal de la dynastie des Traoré du royaume Sénoufo du kénédougou circule dans mes veines de par ma mère. Le Mali m’a vu naître, m’aura donné l’éducation gratuite. Il a formé et payé des enseignants pour me former. La gestion dictatoriale du pays par un autre clan m’a obligé à prendre le chemin de l’aventure qui ne fut qu’une fuite en avant douloureuse. J’ai des cartes de western union et de money gram pour le bonheur de mes amis et parents restés au Mali. J’ai acquis une autre nationalité. Relève-t-il de la justice que de me dépouiller de mon droit constitutionnel d’être malien? “On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas? Ah ! Insensé, qui crois que je ne suis pas toi! “ disait Victor Hugo dans ses “Contemplations”. Mon cri de cœur est celui de tous ceux-là qui, pour une raison ou une autre, auraient un jour , pris le chemin de l’aventure pour aller en Europe, en Asie ou dans les Amériques à la recherche du bien-être. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne. Vous vivez ce que je vis, la destinée est une. Dixit Victor Hugo. Un véritable serpent des mers: “Maliens de souches” et “Maliens de circonstance” est en passe de naître. Gare!
Il y a lieu de revoir notre culture du pouvoir. Il relève de l’archaïsme que de dire qu’on ne contredit pas le pouvoir, qu’on doit le respecter. Quand les tenants du pouvoir manquent à leurs devoirs, le refus et la contestation deviennent des droits sacrés. Il appartient au peuple malien de se mobiliser pour dire un cinglant “Non” à ce referendum. Comme une lettre à la poste, le conseil des ministres, les parlementaires l’ont favorablement voté. Le dernier mot revient au peuple souverain du Mali. Souvenez-vous du projet de loi sur le code des personnes et de la famille. Une rebelote sera la plus éclatante, la plus belle des revanches. Les radios communautaires, privées, la presse libre et indépendante, les patriotes convaincus unissez-vous pour sauver ce Mali que nous avons de plus cher. Notre incapacité collective à mobiliser les consciences et les énergies serait la pire des démissions. L’Histoire et nos consciences de patriotes nous intenteront un procès pour non-assistance en patrie en danger d’être prise en otage.
Dans une société, quand des couches sociales sont en conflit larvé ou ouvert, les couches supérieures essaient de maintenir leurs suprématies sociales sur les classes inférieures qui, à leur tour, tentent de réduire ou de supprimer les avantages des premières. Héritiers de la théorie de lutte de classes de Saint Simon et de Karl Marx, nous dirons que nous sommes au Mali sans contexte dans le cadre d'une farouche lutte de classes. Cette lutte est un combat permanent et notre résolution à dire NON au texte référendaire serait le seul emplâtre que le peuple malien pourra mettre sur les blessures reçues tout au long de cette période d'incurie, de gaucherie et d'égoïsme impur qui a émaillé la gestion calamiteuse de notre pays par ceux- là qui, du fond de leur cœur, aurait séché le patriotisme.
fatogoma mohamed ouattara
orange, New jersey
usa
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fatogoma mohamed ouattara
C’est l’OTAN qui fait tout le travail militaire. Pas les rebelles
C’est l’OTAN qui fait tout le travail militaire. Pas les rebelles
Entretien avec Thierry Meyssan
par Silvia Cattori
Mondialisation.ca, Le 22 aout 2011
silviacattori.net
Nous avons pu nous entretenir avec Thierry Meyssan aux heures les plus
sombres et dramatiques pour les très nombreux Libyens opposés à
l’intervention de l’OTAN - contrairement aux bobards proférés par
Bernard-Henri Lévy.
Silvia Cattori : D’ici on a le sentiment que Tripoli est en train de
s’effondrer. Quel est votre avis ?
Thierry Meyssan : Nous sommes enfermés dans l’hotel Rixos. On ne peut
pas dire si tout va s’effondrer ou pas. Mais la situation est très
tendue. Hier soir, au moment de la prière, plusieurs grandes mosquées
ont été verrouillées. Tout de suite après des haut-parleurs ont lancé
l’appel à l’insurrection. A ce moment-là des groupes armés ont
commencé à sillonner la ville et à tirer dans tous les sens. Nous
avons appris que l’OTAN a amené un bateau, juste à proximité de
Tripoli, d’où ont été débarquées des armes et des Forces spéciales.
Depuis les choses vont de pire en pire.
Silvia Cattori : S’agit-il là de « Forces spéciales » étrangères ?
Thierry Meyssan : On peut le supposer. Mais je ne suis pas en mesure
de le vérifier. Même si ces « Forces spéciales » sont formées de
Libyens tout leur encadrement est étranger.
Silvia Cattori : Quelle est la nationalité de ces « Forces spéciales » ?
Thierry Meyssan : Ce sont des Français et des Britanniques ! Depuis le
début, c’est eux qui font tout.
Silvia Cattori : Comment tout a-t-il soudain basculé ?
Thierry Meyssan : Le 21 août, en fin de journée, un convoi de voitures
avec des officiels a été subitement attaqué. Pour se mettre à l’abri
des bombardements les membres de ce cortège se sont réfugiés dans
l’hôtel Rixos, où réside la presse internationale, et où par hasard je
me trouve.
Depuis ce moment-là l’hôtel Rixos est encerclé. Tout le monde porte
des gilets pare-balles et des casques. On entend tirer dans tous les
sens à l’entour de l’hotel.
Les forces rentrées dans Tripoli depuis hier elles n’ont pris aucun
bâtiment en particulier ; elles ont attaqué des cibles à certains
endroits en se déplaçant. Il n’y à en ce moment aucun bâtiment occupé.
L’OTAN bombarde de manière aléatoire pour terroriser toujours
davantage. Difficile de dire si le danger est si important qu’il y
paraît. Les rues de la ville sont vides. Tout le monde reste enfermé
chez soi.
Nous on est prisonniers dans l’hôtel. Cela dit on a l’électricité,
l’eau, nous ne sommes pas à plaindre. Les Libyens oui. Il y a des tirs
maintenant alentour, une intense bataille ; il y a déjà eu de nombreux
morts et blessés en quelques heures. Mais nous on est préservés. Nous
sommes tous regroupés dans la mosquée de l’hôtel. Vous entendez des
tirs en ce moment.
Silvia Cattori : Combien d’assaillants encerclent en ce moment votre hotel ?
Thierry Meyssan : Je suis incapable de vous le dire. C’est un
périmètre qui est assez grand parce qu’il y a un parc tout autour de
l’hôtel. Je pense que s’il n’y avait que les assaillants ce ne serait
pas si simple de prendre Tripoli. Mais s’il y a d’autres troupes de
l’OTAN avec eux oui, ça change tout, le danger devient grand.
Silvia Cattori : Sur les images diffusées par les Télévisions ici ce
que l’on a vu au cours de ces six mois ce sont des excités qui tirent
en l’air, et qui ne paraissent pas des professionnels…
Thierry Meyssan : On a vu en effet des bandes qui s’agitent et qui ne
sont pas militairement formées. C’est de la pure mise en scène, ce
n’est pas de la réalité. La réalité est que tous les combats sont
menés par l’OTAN ; et quand leur objectif est terminé les troupes de
l’OTAN se retirent. Alors de petits groupes arrivent - on voit à
chaque fois une vingtaine de personnes - mais on ne les voit jamais en
action en réalité. L’action ce sont les forces de l’OTAN.
C’est ainsi que cela s’est toujours passé dans les villes qui ont été
prises, perdues, reprises, reperdues, etc… A chaque fois ce sont les
Forces de l’OTAN qui arrivent avec des hélicoptères Apaches et
mitraillent tout le monde. Personne ne peut résister, au sol, face à
des hélicoptères Apaches qui bombardent ; c’est impossible. Donc ce ne
sont pas les rebelles qui font le travail militaire, c’est de la
blague ça ! C’est l’OTAN qui fait tout. Après ils se retirent, puis «
les rebelles » viennent qui font de la figuration. C’est cela que vous
voyez diffusé en bloucle.
Silvia Cattori : Sait-on combien de « rebelles » en armes sont entrés
dans Tripoli cette nuit ? Et si des cellules dormantes étaient déjà là
?
Thierry Meyssan : Forcément, oui, il y a des cellules dormantes dans
Tripoli ; c’est une ville d’un million et demi d’habitants. Qu’il y
ait des cellules combattantes à l’intérieur c’est tout-à-fait
probable. Quant aux assaillants, encore une fois, je ne sais pas
quelle est la proportion de l’encadrement par les forces l’OTAN. La
vraie question est de savoir combien de Forces spéciales ils ont déjà
déployées.
Il y a maintenant les forces militaires du colonel Kadhafi dans la
ville. Elles sont arrivées assez tardivement depuis l’extérieur. Les
assaillants encerclent l’hôtel. Je pense qu’il est impossible cette
nuit de tenter un assaut contre l’hôtel.
Silvia Cattori : La panique a-t-elle gagné les gens qui résident à l’hôtel ?
Thierry Meyssan : Oui les journalistes résidant ici à l’hotel Rixos
sont complètement paniqués. C’est une panique générale.
Silvia Cattori : Et vous comment vous sentez-vous ?
Thierry Meyssan : Moi j’essaie de rester zen dans ces situations !
Silvia Cattori : Combien de journalistes étrangers sont-ils retranchés
dans l’hôtel ?
Thierry Meyssan : Je dirais entre 40 et 50.
Silvia Cattori : Les gens ignorent que, là où il y a des journalistes
qui couvrent la guerre, il y a toujours bon nombre d’entre eux qui
font du renseignement, qui sont des agents doubles, des espions…
Thierry Meyssan : Il y a des espions partout ; mais je pense qu’ils ne
savent pas tout.
Silvia Cattori : On dit ici que le plan pour évacuer les étrangers est
prêt. Ils vont donc pouvoir sortir…
Thierry Meyssan : L’Organisation d’émigration internationale a un
bateau qui est prêt à accoster dans le port de Tripoli pour évacuer
les étrangers, notamment la presse, prioritaire, dans ces cas là.
Silvia Cattori : Et vous que comptez-vous faire ?
Thierry Meyssan : Pour le moment ce bateau est toujours au large ; il
n’est pas rentré dans le port. C’est l’OTAN qui l’empêche d’accoster.
Quand l’OTAN l’autorisera l’évacuation se fera.
Silvia Cattori : Cette évolution vous surprend-elle ?
Thierry Meyssan : Les choses se sont accélérées quand le bateau de
l’OTAN est arrivé. Si ce sont des combattants appartenant aux Forces
spéciales de l’OTAN qui sont ici au sol c’est évident que tout peut
tomber rapidement…
Silvia Cattori : Les citadins sont-ils tous munis de fusils comme on l’a dit ?
Thierry Meyssan : Le gouvernement a distribué presque deux millions de
kalachnikovs dans le pays pour assurer la défense face à une invasion
étrangère. Dans Tripoli, tous les citoyens adultes ont reçu une arme
et des munitions. Il y a eu un entraînement ces derniers mois.
Silvia Cattori : Les Libyens qui le voudraient ne sont donc pas en
mesure de sortir manifester contre les forces de l’OTAN ?
Thierry Meyssan : Là les gens sont paralysés par la peur ; on tire de
partout ; et en plus on bombarde.
Silvia Cattori : Votre position n’est pas facile. Parmi les
journalistes vous devez avoir des ennemis qui veulent votre peau pour
avoir contredit leurs versions des faits !
Thierry Meyssan : Oui. Déjà je suis menacé par des journalistes US qui
ont dit qu’ils vont me tuer. Mais ensuite ils ont présenté leurs
excuses…Je n’ai aucun doute sur leur intention.
Silvia Cattori : L’ont-ils proférée cette menace devant témoin ?
Thierry Meyssan : Oui en présence de (...)
Silvia Cattori
Cet entretien réalisé depuis Tripoli le 21 août 2011, à 23 heures
Il a été retranscrit par les soins de Marie-Ange Patrizio.
Silvia Cattori est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.
Articles de Silvia Cattori publiés par Mondialisation.ca
Lancinet SANGARE (Laci)
Journaliste
Portable: +223) 76 28 85 55 - 63 08 32 32
Fax: +223 490 00 13
"Pour déguster le bonheur, il faut l'avoir partagé avec les autres"
l'acte du bureau du procureur de Manhattan demandant l'abandon des poursuites pénales contre DSK
Rue89 a traduit l'acte du bureau du procureur de Manhattan demandant l'abandon des poursuites pénales contre DSK.
Inculpation No. 02526/2011.
Au nom du peuple, l'Etat de New York demande l'abandon de l'inculpation de l'accusé, telle qu'elle est désignée ci-dessus, pour agression sexuelle sur la plaignante dans un hôtel du centre de Manhattan, le 14 mai 2011.
La nature des accusations exige que l'on soit en mesure de prouver avec certitude que l'accusé a engagé un acte sexuel avec la plaignante sous la contrainte, et sans son consentement. Après enquête approfondie, il apparaît que la preuve de deux éléments essentiels – l'usage de la force et l'absence de consentement – ne peut reposer que sur le témoignage de la plaignante lors d'un procès.
Les preuves physiques, scientifiques et d'autres natures, indiquent que l'accusé a engagé un acte sexuel précipité avec la plaignante, mais elles ne permettent pas de dire si l'acte a eu lieu sous contrainte et sans consentement. Mis à part la plaignante et l'accusé, il n'y a pas d'autre témoin de l'incident.
Pour que le jury déclare l'accusé coupable, il est donc nécessaire qu'il soit convaincu, au-delà de tout doute raisonnable, que la plaignante est digne de foi. L'affaire dépend en effet entièrement de son témoignage.
Au moment de l'inculpation, toutes les preuves disponibles nous ont laissé penser que la plaignante était fiable. Mais d'autres éléments recueillis durant l'investigation ont gravement remis en cause sa fiabilité dans cette affaire. Que des individus aient menti dans le passé ou commis des actes criminels ne fait pas nécessairement d'eux des gens indignes de notre confiance et cela ne nous empêche pas de les appeler à la barre des témoins durant le procès.
Mais, quelle que soit la réalité des faits dans cette affaire, le nombre et la nature des mensonges de la plaignante nous empêchent de faire confiance sa version des faits au-delà de tout doute raisonnable. Si nous ne pouvons la croire sans douter, nous ne pouvons pas demander à un jury de le faire.
Nous avons résumé ci-dessous les circonstances qui nous ont amenés à cette conclusion. Il ne s'agit pas d'une affaire où nous imposons à la plaignante des investigations excessives ou des critères élevés. Au contraire, nous sommes confrontés à une situation dans laquelle il est apparu de plus en plus clairement que la crédibilité de la plaignante ne résistait même pas à l'évaluation la plus basique.
En résumé, la plaignante a donné des versions changeantes et contradictoires des événements concernant la supposée agression sexuelle, et par conséquent, nous ne pouvons pas être certains de ce qui s'est passé le 14 mai 2011, et nous sommes incapables de savoir quelle version la plaignante donnerait durant le procès.
Au cours de chaque entretien avec des procureurs, alors qu'il lui était simplement demandé d'être sincère, elle ne l'a pas été, que cela soit sur des détails ou sur des faits importants, certains mensonges portant sur son passé et d'autres sur les circonstances même des faits incriminés.
Dans deux entretiens, par exemple, la plaignante a évoqué de façon saisissante, et avec de nombreux détails, un viol dont elle aurait été victime dans son pays d'origine, viol dont elle admet aujourd'hui qu'il a été entièrement inventé. Elle a également admis avoir menti lorsqu'elle a raconté aux procureurs et au grand jury ce qu'elle avait fait immédiatement après l'agression.
Cette tendance à dire des contre-vérités ne date pas des contacts de la plaignante avec le bureau du procureur. Notre investigation a montré que la plaignante avait déjà fait dans le passé de nombreuses fausses déclarations, dont certaines inscrites dans les fichiers du gouvernement et faites sous serment ou sous peine de parjure. Tous ces mensonges devraient, évidemment, être révélés au jury durant un procès, et leur accumulation aurait un effet dévastateur.
Enfin, nous avons conduit une minutieuse investigation dans le but de découvrir des éléments permettant d'en savoir plus sur la nature de l'acte sexuel engagé entre l'accusé et la plaignante. Tous les éléments recueillis, qui auraient pu être pertinents pour statuer sur les questions de l'usage de la force et de l'absence de consentement, se sont révélés non concluants.
Nous ne faisons pas cette recommandation à la légère. Notre scepticisme vis-à-vis de la crédibilité de la plaignante nous rend incapables de savoir ce qui s'est véritablement passé dans la suite de l'accusé, le 14 mai 2011, et empêche donc de continuer les poursuites judiciaires. Par conséquent, nous conseillons respectueusement que l'accusation soit levée.
Critères des poursuites judiciaires
Le pouvoir substantiel accordé aux procureurs leur donne aussi des responsabilités spécifiques. Plutôt que d'agir uniquement en avocat zélé au service d'un client, les procureurs ont un vaste ensemble d'obligations envers la communauté, la victime et l'accusé :
« Le [procureur] n'est pas le représentant de telle ou telle partie dans une controverse, mais celui d'une souveraineté dont l'obligation de gouverner de façon impartiale est aussi irréfutable que son obligation de gouverner tout court ; et, par conséquent, dont les intérêts dans une poursuite judiciaire ne sont pas de gagner l'affaire, mais de rendre justice. Ainsi, il est d'une certaine façon le serviteur de la loi, et son but est double : le coupable ne doit pas s'échapper, ni l'innocent souffrir. »
Les règles de conduite professionnelle de New York qui, comme les codes d'éthique ont cours dans toutes les juridictions, et l'American Bar Association's Criminal Justice Standards, se basent sur la même croyance selon laquelle la tâche du procureur est d'obtenir justice, et pas de simplement gagner des procès.
Les procureurs doivent également respecter les règles spécifiques qui reflètent notre rôle particulier dans le système judiciaire. Plus précisément, une condamnation ne doit être prononcée que si la culpabilité est prouvée sans doute possible. Cette exigence est « basée sur la croyance fondamentale de notre société selon laquelle il est bien pire de condamner un innocent, que de laisser partir un coupable ».
Cette exigence guide les décisions des procureurs, qui doivent décider s'ils doivent ou non poursuivre une enquête, au-delà de la décision des jurés de condamner ou non. Au début d'une affaire, les procureurs sont souvent appelés à porter des accusations avant que tous les éléments de l'enquête soient connus, ou que toutes les étapes de l'investigation exigées pour le procès soient remplies.
Selon les règles éthiques de New York, les accusations peuvent être utilisées à charge de l'accusé si elles se basent sur des causes probables. Mais pendant des générations, avant de déterminer si une affaire devait être menée jusqu'au tribunal, les procureurs criminels du comté de New York ont insisté sur le fait qu'ils devaient être personnellement convaincus, sans aucun doute possible, de la culpabilité de l'accusé, et qu'ils devaient se savoir capables de prouver cette culpabilité à un jury.
Les normes qui gouvernent la conduite des procureurs fédéraux, ainsi que l'American Bar Association's Criminal Justice Standards, prennent aussi en compte le besoin pour les procureurs de jouer le rôle de gardiens, en leur permettant d'évaluer librement les preuves et les éléments disponibles avant de décider de l'ouverture d'un procès.
Ces principes essentiels, que ce Bureau respecte, sont donc clairs. Si, après un minutieux examen des faits, le procureur n'est pas convaincu que l'accusé est indubitablement coupable, il ou elle doit abandonner le procès. Bien qu'une certaine empathie pour les victimes d'un crime soit un attribut essentiel pour chaque procureur travaillant dans ce Bureau, cette empathie ne doit pas éclipser notre obligation d'agir en se basant exclusivement sur des preuves et des faits, en toute conscience de la haute importance des preuves dans une affaire criminelle.
Cadre procédural
L'accusé a été placé en détention provisoire le 14 mai 2011, et le jour suivant, a été identifié par la plaignante parmi d'autres individus, puis arrêté par les services de police de New York. Au nom du peuple, il a été déposé une plainte pour crime le 15 mai 2011, accusant le prévenu des mêmes crimes pour lesquels il a été plus tard inculpé, qui sont spécifiés plus bas.
Le 16 mai 2011, l'accusé a été traduit en justice à la cour d'assises, et malgré une demande de mise en liberté sous caution, a été placé en détention provisoire sur demande du représentant du peuple. Suivant les codes du CPL, paragraphe 180.80, il a été demandé au représentant du peuple de présenter des éléments à un grand jury dans un délai de 144 heures, afin d'éviter que l'accusé ne soit remis en liberté.
En se basant sur les éléments disponibles à ce moment-là, il a été estimé au nom du peuple que l'affaire devrait être présentée à un jury. Cette présentation a eu lieu le 18 mai 2011 ; l'accusé a choisi de ne pas témoigner durant la procédure. Le jury a décidé une mise en examen ce même jour.
La mise en examen (numéro 02526/2011) portait sur le prévenu, Dominique Strauss-Kahn :
• deux accusations d'acte sexuel criminel aggravé, en infraction au paragraphe 130.50 du code pénal ;
• une accusation de tentative de viol aggravé, en infraction aux paragraphes 110 et 130.55 du code pénal ;
• une accusation d'abus sexuel aggravé, en infraction au paragraphe 130.65 du code pénal ;
• une accusation de détention illégale sans préméditation, en infraction au paragraphe 135.05 du code pénal ;
• une accusation de relation forcée, en infraction au paragraphe 130.52 du code pénal ;
• et une accusation d'abus sexuel au troisième degré, en infraction au paragraphe 130.55 du code pénal.
Le 19 mai 2011, l'accusé a réitéré sa demande de libération sous caution, et la caution a été portée à 1 million de dollars, plus une garantie de 5 millions. Les conditions de libération incluaient la remise du passeport de l'accusé aux autorités, sa détention à domicile dans le comté de New York, et le port d'un bracelet électronique à ses frais.
Il a été traduit en justice le 6 juin 2011, a plaidé non-coupable. Le procès a été reporté au 18 juin 2011.
Le 30 juin 2011, dans une lettre destinée à l'avocat de la défense, il a été révélé une information disculpant la défense concernant la plaignante, conformément aux obligations du procureur sous CPL 240.20, la règle 3.8 des règles de conduite de New York, Brady v. Maryland, 373 U.S 83 (1963).
L'affaire a été avancée au 1er juillet 2011 pour des raisons de renouvellement d'une demande de caution, pour laquelle cette cour a libéré l'accusé sur son propre engagement, à la demande de ce dernier et avec le consentement du procureur, à la condition que celui-ci garde possession du passeport et des documents de voyage de l'accusé.
Le 7 juillet 2011, l'affaire a été administrativement ajournée, sur consentement des deux parties, du 18 juillet 2011 au 1er août 2011, afin de permettre la poursuite de l'enquête des deux côtés. Le 26 juillet 2011, l'affaire de nouveau été ajournée au 23 août 2011.
Déroulé de l'enquête
A - Enquête initiale et acte d'accusation
Le 14 mai 2011, la plaignante, une femme de chambre de l'hôtel Sofitel, situé sur la 44e rue Ouest à Manhattan, fait état au service de sécurité de l'hôtel, puis plus tard aux forces de police new yorkaises (NYPD), qu'elle a été agressée sexuellement par l'accusé dans sa suite d'hôtel.
Elle l'a tout d'abord signalé à son responsable, peu de temps après son interaction avec l'accusé, étant chargée de nettoyer sa suite (suite 2806). Son responsable a ensuite convoqué un responsable supérieur, à qui la plaignante a répété sa réclamation. Ce dernier a informé la sécurité de l'hôtel et la direction du personnel, qui a en retour informé la police new yorkaise.
Des agents de la police de New York et des inspecteurs ont interrogé la plaignante, avant de l'emmener dans un hôpital du quartier pour un examen médical, plus tard dans l'après-midi.
En substance, la plaignante a rapporté aux inspecteurs de la police de New York, puis aux procureurs par la suite, que peu de temps après être entrée dans la suite de l'accusé pour effectuer ses tâches de ménage, celui-ci est sorti nu de sa chambre, s'est approché d'elle et a attrapé ses seins sans son consentement.
Selon la plaignante, l'accusé a fermé la porte de la suite, l'a forcée à entrer dans la chambre, l'a poussée sur le lit, et a tenté d'introduire avec force son pénis dans sa bouche, ce qui a entraîné un contact entre son pénis et les lèvres fermées de la plaignante. Celle-ci a déclaré que l'accusé l'a ensuite entraînée de force plus loin dans la suite, en la poussant à terre dans un couloir étroit.
Selon elle, il a arraché son uniforme, a baissé ses bas, a atteint sa culotte puis a violemment saisi son sexe. Enfin, la plaignante a rapporté que l'accusé l'a mise à genoux de force, a introduit de force son pénis dans sa bouche, a tenu sa tête, puis a éjaculé.
Selon la plaignante, cet acte sexuel a eu lieu au fond du couloir de la suite, à proximité de la salle de bain. La plaignante a affirmé avoir immédiatement craché le sperme de l'accusé sur la moquette du couloir de la suite, et l'a fait à plusieurs reprises alors qu'elle fuyait.
Le département de police new yorkais a découvert que l'accusé devait prendre un vol Air France [note de bas de page 8 : les enquêteurs ont auditionné les employés de l'hôtel qui ont effectué le check-out de l'accusé aux alentour de 12h28 et ils ont également auditionné le concierge de l'hôtel] à l'aéroport John F. Kennedy, à destination de l'Europe. Il lui a été demandé de descendre de ce vol à 16h45, par des inspecteurs assignés au « Port Authority Police Department », avant d'être arrêté.
[Note de bas de page 9 : jusqu'au 6 juin 20011, la défense n'a pas révélé l'endroit précis où l'accusé se trouvait entre son départ de l'hôtel et son arrivée à l'aéroport. Il s'agit du restaurant situé dans la sixième avenue entre la 51e et 52e rue].
Le jour de l'incident et les jours qui ont suivi, la plaignante a été interrogée par des inspecteurs de la brigade des victimes de la police de New York (NYPD's Manhattan Special Victims Squad) et par d'autres enquêteurs et procureurs expérimentés, y compris des membres de l'unité spéciale pour les crimes sexuels du bureau (Office's Sex Crimes Unit).
Comme dans toutes les affaires où la parole d'un témoin est essentielle pour prouver le crime, les procureurs ayant interrogé la plaignante lui ont expliqué que ses situations passée et présente seraient minutieusement examinées. La plaignante a exprimé sa volonté de coopérer avec les procureurs et d'être honnête.
Lors de ces premiers entretiens avec les procureurs et la police, qui ont enquêté sur les détails de l'incident ainsi que sur la situation et l'histoire de la plaignante, la plaignante est apparue honnête. Son compte-rendu de l'incident était convaincant, et, comme elle l'a répété à plusieurs reprises aux inspecteurs et procureurs de l'unité spéciale aux victimes, il était matériellement cohérent.
L'enquête, entre la date de l'incident et le 18 mai, n'a pas révélé de signaux d'alarme dans les origines de la plaignante. Elle travaillait à l'hôtel Sofitel depuis plus de trois ans, son dossier de salarié ne contenait aucun rapport d'incident ou problème disciplinaire, et ses responsables ont indiqué qu'elle était une employée modèle.
Elle n'avait pas d'antécédents criminels, et a obtenu l'asile par la Cour de l'immigration des Etats-Unis. Bien qu'elle ait noté être entrée, à l'origine, avec un visa et des documents délivrés à quelqu'un d'autre, elle a reconnu ce fait sans hésitation.
Des preuves montrent enfin que la plaignante n'avait pas connaissance au préalable du séjour de l'accusé à l'hôtel, ce qui lui aurait permis d'organiser une rencontre entre eux, et qu'elle est entrée dans la suite de l'accusé pensant qu'elle était vide. D'autres preuves étaient cohérentes avec l'idée d'une relation sexuelle non-consentie entre la plaignante et l'accusé.
Comme décrit ci-dessus, la plaignante aurait laissé éclater son désarroi face à ses deux responsables. Tous deux ont été auditionnés par un procureur dans les premières 48 heures de l'enquête, et ont rapporté qu'elle était apparue bouleversée.
Un résultat préliminaire des tests d'ADN conduits par l'Office of Chief Medical Examiner (OCME) a établi que plusieurs taches situées sur la partie supérieure de l'uniforme d'hôtel de la plaignante contenaient du sperme qui fournissait l'ADN de l'accusé.
Bien que ce résultat d'expertise préliminaire n'ait pas déterminé si la relation sexuelle entre la plaignante et l'accusé était forcée, il a établi que l'accusé avait pris part à un acte sexuel avec la plaignante. Une enquête rapide a également indiqué que la rencontre entre la plaignante et l'accusé fut brève, suggérant qu'il était peu probable que l'acte sexuel soit le produit d'une rencontre consensuelle.
L'enquête précédant la mise en accusation a indiqué que l'accusé avait quitté l'hôtel de façon précipitée, mais l'on ne savait pas à ce moment-là où l'accusé était allé directement après son départ de l'hôtel. Ce qui était connu, cependant, est que plus tard dans l'après-midi du 14 mai 2011, l'accusé avait embarqué à bord d'un vol Air France à l'aéroport John F. Kennedy, à destination de l'Europe, et qu'il était un citoyen français.
Avant la lecture de son acte d'accusation, il était aussi établi qu'en tant que citoyen de nationalité française, il ne ferait pas l'objet d'une extradition pour motif de poursuites criminelles aux Etats-Unis.
En se fondant sur de multiples entretiens avec la plaignante et une évaluation de toutes les preuves disponibles à l'époque, les inspecteurs de la police de New York et procureurs qui ont parlé avec la plaignante pendant la phase initiale de l'enquête sont arrivés, individuellement, à la même conclusion. Chacun a trouvé la plaignante crédible et était convaincu que les charges criminelles étaient fondées. En conséquence, l'affaire a été présentée devant un grand jury et l'accusé a été inculpé.
B - Enquête ultérieure
De la date de l'acte d'accusation jusqu'à ce jour, le bureau du procureur de la République a continué de mener une enquête complète et de grande envergure sur l'accusé, la plaignante et les faits de cette affaire.
Cette enquête a inclus les résultats d'examens physiques sur la plaignante et l'accusé, et les tests scientifiques d'expertises médico-légales obtenues de chacun d'eux et de leurs vêtements.
Agents de police, enquêteurs, témoins, personnel médical, médecins légistes et experts médicaux ont été interrogés. Documents, comptes-rendus et autres preuves ont été regroupés et analysés, y compris des rapports de communications électroniques, des rapports financiers, des rapports d'entreprise, des rapports médicaux, des enregistrements des caméras de vidéo-surveillance de l'intérieur de l'hôtel Sofitel et d'autres endroits, des rapports de police et autres rapports d'agences gouvernementales et de maintien de l'ordre.
Etant donné qu'un témoignage crédible de la part de la plaignante était nécessaire à l'établissement des charges criminelles, procureurs et inspecteurs ont interrogé la plaignante de façon répétée, au sujet de son histoire personnelle, de sa situation actuelle et des détails mêmes de l'incident.
Lors des entretiens menés entre le 14 mai et le 7 juillet 2011, la plaignante a fourni aux procureurs et enquêteurs des informations détaillées concernant l'incident, son histoire personnelle et sa situation actuelle.
Le 7 juin 2011, l'avocat de la plaignante a signalé aux procureurs que celle-ci n'avait pas été honnête au sujet de son histoire personnelle, y compris concernant son compte-rendu d'un précédent viol présumé. Lors d'entretiens complémentaires menés les 8,9 et 28 juin 2011, la plaignante a elle-même admis ne pas avoir été honnête avec les procureurs sur certains aspects de son histoire personnelle et de sa situation actuelle.
Au cours de l'entretien datant du 28 juin, en présence de son avocat, de trois procureurs et d'un enquêteur, la plaignante a non seulement admis avoir été malhonnête avec les procureurs au sujet de ses activités faisant suite à l'incident, mais également qu'elle avait menti au grand jury sur ce point important. Dans une lettre datée du 30 juin 2011, le Bureau a dévoilé les fausses déclarations et autres potentielles informations disculpant l'accusé à la cour et à l'avocat de la défense.
Du 1er juillet 2011 jusqu'à ce jour, le Bureau a continué d'enquêter sur l'affaire, y compris en interrogeant davantage de témoins civils, de scientifiques, d'experts médicaux, en analysant d'autres résultats d'expertises médico-légales fournis par l'OCME, et en évaluant des informations supplémentaires fournies par les avocats de la plaignante et de l'accusé.
Les procureurs ont également rencontré la plaignante une nouvelle fois, le 27 juillet 2011 ; la plaignante a alors de nouveau modifié son compte-rendu de ce qui s'était déroulé immédiatement après sa rencontre avec l'accusé.
Raisons de la préconisation d'un non-lieu
Au procès, l'accusation a en charge de prouver la culpabilité d'un accusé, au-delà d'un doute raisonnable. Pour une multitude de raisons, y compris celles présentées ci-dessous, les mensonges de la plaignante ne permettent pas de lui accorder de la crédibilité.
Parce que nous ne pouvons pas donner du crédit au témoignage de la plaignante au-delà d'un doute raisonnable, nous ne pouvons demander à un jury de faire de même. Les preuves restantes sont insuffisantes pour justifier les poursuites criminelles. Nous sommes par conséquent obligés, au regard de questions aussi bien légales qu'éthiques, de nous diriger vers le non-lieu.
Le témoignage de la plaignante au procès ne peut compter pour établir une preuve au-delà d'un doute raisonnable.
Au cours de nombreux entretiens, la plaignante a donné des versions incompatibles avec ce qu'il s'est passé immédiatement après sa rencontre avec l'accusé, ce qui ne nous permet pas d'établir ce qui s'est réellement passé ni de se reposer sur l'honnêteté du témoignage de la plaignante à cet égard. Elle a également fait plusieurs fausses déclarations, que ce soit aux procureurs ou dans le passé. Certaines de ces déclarations ont été faites sous serment ou peine de parjure, ce qui constitue pour certaines d'entre elles des actes frauduleux.
A. Les incessants récits contradictoires de la plaignante sur l'incident
Première version. Depuis la date de l'événement jusqu'au 28 juin 2011, la plaignante a affirmé, a plusieurs reprises, qu'après l'acte sexuel avec l'accusé, elle s'est enfuie de la suite de l'accusé et est allée au bout du couloir du 28e étage.
La plaignante a affirmé ensuite qu'après avoir craché sur le tapis du couloir du 28e étage, elle est restée sur place, terrorisée, jusqu'à ce qu'elle tombe par hasard sur son responsable. A ce moment, ils sont entrés tous les deux dans la suite 2806. Elle a alors commencé à raconter à son responsable ce qu'il s'était passé entre elle et l'accusé, et a répété sa version des faits lorsqu'un deuxième responsable est arrivé.
Lorsque les procureurs lui ont demandé pourquoi elle était restée dans le couloir du 28e étage plutôt que de fuir dans une chambre vide de ce même étage pour téléphoner à ses responsables ou à la sécurité, elle a affirmé que toutes les autres chambres de l'étage indiquaient la mention « Ne pas déranger », ce qui les rendait inaccessibles.
Deuxième version. Lors d'un entretien mené le 28 juin 2011, en la présence de son avocat, la plaignante a donné une version sensiblement différente de ses agissements après les faits dans la suite de l'accusé. Au début de cet entretien, elle a admis pour la première fois qu'elle avait été malhonnête à propos de ce point-clé avec les procureurs et qu'elle avait menti dans son témoignage face au grand jury.
La plaignante a donné une nouvelle version de ces faits, affirmant qu'après avoir quitté la suite de l'accusé, elle est allée directement dans une autre chambre (la 2820) pour finir de la nettoyer. Elle a donné des détails précis, disant qu'elle avait passé l'aspirateur et nettoyé les miroirs ainsi que d'autres meubles dans la chambre. Elle a ensuite affirmé qu'après avoir fini ses tâches ménagères dans la chambre 2820, elle est retournée dans la chambre de l'accusé et a commencé à la nettoyer.
Elle a rapporté que lorsque par la suite, elle s'est dirigée vers une armoire à linge dans le couloir du 28e étage pour récupérer des fournitures, elle a rencontré son responsable, et qu'ensuite ils sont allés tous les deux dans la chambre 2806.
Plutôt que de raconter immédiatement à son supérieur ce qu'il s'était passé avec l'accusé, la plaignante a questionné son responsable sur un hypothétique problème concernant le droit des clients à imposer des choses aux membres de l'équipe, et a rapporté les faits avec l'accusé seulement quand son responsable l'y a obligée.
Etant donné l'importance de cette nouvelle version – qui était en désaccord avec son témoignage sous serment devant le grand jury –, les procureurs l'ont beaucoup interrogée à ce sujet au cours de l'audition du 28 juin.
La plaignante ayant affirmé qu'elle était entrée dans la chambre 2820, le cabinet du procureur a obtenu l'enregistrement électronique des badges de cette chambre. Ces enregistrements, qui ont aussi été donnés à l'avocat de la plaignante par quelqu'un d'extérieur à ce bureau, indiquent que la plaignante est entrée dans la chambre 2820 à 12h26, et est aussi entrée dans la suite de l'accusé à la même minute (12h26).
Le laps de temps extrêmement court que la plaignante a passé dans la chambre 2820 contredit le fait qu'elle affirme avoir accompli plusieurs tâches ménagères dans cette chambre avant de rejoindre la suite de l'acccusé.
Troisième version. Dans une audition ultérieure menée le 27 juillet 2011, la plaignante a de nouveau changé sa version concernant ses actes immédiats après la rencontre avec l'accusé.
A cette date, elle a déclaré avoir nettoyé la chambre 2820 plus tôt dans la matinée du 14 mai. Immédiatement après les faits, elle a affirmé avoir quitté la suite 2806 et couru jusqu'à l'angle du couloir, comme elle l'avait d'abord indiqué, sans aller directement à la chambre 2820.
Après avoir vu l'accusé prendre l'ascenseur, elle est entrée momentanément dans la chambre 2820 pour récupérer des fournitures. Concernant les propos de la plaignante du 28 juin, elle les dément et affirme qu'il y a dû avoir une erreur de traduction de la part de l'interprète ou une incompréhension des procureurs.
[Note de bas de page 11 : la plaignante a fait la démonstration de sa capacité à parler et à comprendre l'anglais au cours de plusieurs entretiens avec les enquêteurs et les procureurs. En effet, par moments, elle a corrigé les traductions de ses remarques faites par l'interprète. Chose qu'elle n'a notamment pas faite sur ce sujet précisement lors de l'entretien du 28 juin.]
Mais cette revendication n'est pas crédible à la lumière des nombreuses questions complémentaires posées concernant ce point, ainsi que l'insistance de la plaignante le 28 juin sur le fait que la version donnée ce jour-là était honnête.
D'un point de vue critique, sa volonté de nier avoir tenu ces propos à ces mêmes procureurs qui l'ont entendue les tenir le 28 juin met sa crédibilité en question à une étape des plus importantes.
[Note de bas de page 12 : il y a au moins un doute sur le fait que la plaignante est tout de suite sortie de la suite après que l'accusé a éjaculé. Le rapport du Sexual Assault Forsenic Examiner (Safe, examinateur assermenté médico-légal des agressions sexuelles) qui a examiné la plaignante à l'hôpital le jour des blessures décrit la version de la plaignante sur l'éjaculation de l'accusé et déclare : « La plaignante rapporte qu'il s'est habillé et a quitté la chambre et qu'il ne lui a rien dit durant les faits ».
Ce rapport suggère certainement que l'accusé a quitté les lieux en premier, bien que l'examinateur reconnaît la possibilité que le rapport regroupe différentes parties du récit de la plaignante dans la même phrase.]
En l'absence de preuve disponible, le procureur reste incapable de tirer un récit cohérent de la plaignante concernant ce qu'elle a fait après les faits – des problématiques qui pourraient être centrales au procès.
Non seulement cela affecte sa fiabilité en tant que témoin, mais ces versions différentes compliquent la tâche d'établir ce qu'il s'est réellement passé dans le laps de temps crucial entre 12h06 et 12h26 ; et nous n'avons aucune confiance en la plaignante et sur l'honnêteté de ses propos si elle était appelée comme témoin au procès.
B. Le choix persistant de la plaignante à faire de fausses déclarations, incluant les fausses versions d'un précédent viol.
1. Fausse version d'un viol
En réponse aux questions des procureurs le 16 mai 2011, la plaignante a indiqué qu'elle avait déjà été violée par des soldats qui avaient envahi sa maison en Guinée. Dans un entretien le 30 mai 2011, elle a donné des détails précis et importants sur le nombre et la nature de ses assaillants et la présence de sa petite fille de 2 ans durant la scène qui, a-t-elle dit, a été enlevée de ses bras et jetée à terre.
Pendant les deux entretiens, elle a identifié certaines cicatrices visibles sur elle, qui selon elle proviennent de l'attaque. A ces deux occasions, la plaignante a raconté le viol avec beaucoup d'émotion et de conviction : elle a pleuré, parlé avec hésitation, est apparue – chose qu'on peut comprendre – bouleversée, et pendant la première audition, elle a plongé son visage entre ses bras posés sur la table devant elle.
Lors d'entretiens ultérieurs menés les 8 et 9 juin 2011, la plaignante a avoué aux procureurs qu'elle avait entièrement inventé cette attaque. Lorsqu'on lui a demandé pourquoi, elle a d'abord dit qu'elle avait menti sur ce viol collectif parce qu'elle avait inclus ce fait dans sa demande d'asile et qu'elle avait peur de ne pas dire la même chose que dans ladite demande. Elle a aussi ajouté qu'au moment où elle a affirmé cela, elle n'était pas sous serment.
Lorsqu'elle a été confrontée au fait que sa demande d'asile écrite ne mentionnait pas de viol collectif, elle a assuré avoir inventé le viol collectif, comme d'autres détails de sa vie en Guinée, avec l'aide d'un homme non nommé qu'elle a consulté lorsqu'elle préparait son asile.
Elle a dit aux procureurs que cet homme lui avait donné une cassette incluant la mention d'un viol fictif, mention qu'elle a mémorisée. Au bout du compte, elle a dit aux procureurs qu'elle décidait de ne pas faire référence au viol dans sa demande écrite.
[Note de bas de page 14 : lors de ses auditions des 9 et 28 juin, la plaignante a déclaré qu'elle avait en effet été violée dans le passé dans son pays natal, mais dans un contexte complètement différent de celui qu'elle avait décrit lors de ses auditions précédentes. Nos auditions de la plaignante n'ont rien donné permettant d'enquêter sur ou de vérifier ce fait.]
Il est clair que, dans le cas où une plaignante accuse un suspect d'agression sexuelle, le fait qu'elle ait donné précédemment une fausse version d'une autre agression sexuelle est hautement significatif. Ce qui a été dit aux procureurs comme un mensonge intentionnel, et fait d'une manière complétement persuasive – manière identique à celle que la plaignante a adoptée pour raconter la rencontre avec l'accusé – est aussi hautement significatif.
Mais la chose la plus considérable est sa capacité à raconter une invention comme un fait avec une totale conviction.
Les procureurs avancent souvent au jury que le comportement d'un témoin est un facteur-clé dans l'évaluation de la crédibilité, et un juge donne la même instruction aux jurés d'un point de vue législatif . Dans ce cas, la preuve des éléments de l'usage de la force et d'un manque de consentement reposent sur un seul témoin, la plaignante.
Le fait qu'elle ait précédemment convaincu des procureurs et des enquêteurs aguerris qu'elle avait été la victime d'une autre agression sexuelle, sérieuse et violente – mais fausse –, avec la même attitude qu'elle aurait sûrement eu au procès, est fatal.
Sachant que son attitude convaincante ne peut être le signe fiable de son honnêteté, et ajoutés à cela les nombreux mensonges lors de nos entretiens avec elle, nous sommes obligés de conclure que nous ne sommes plus convaincus de la culpabilité de l'accusé au-delà d'un doute raisonnable, et ne pouvons demander à un jury de condamner sur la base du témoignage de la victime.
[Note de bas de page 15 : à certains moments, les mensonges de la plaignante étaient accompagnés de dramatiques étalages d'émotions. Au cours d'une des auditions, le procureur a interrogé la plaignante sur une circonstance personnelle particulière, et elle a calmement répondu par la négative à la demande.
Dans une audition deux jours plus tard, elle a été interrogée de manière plus poussée sur le même sujet. En réponse, elle s'est laissée tomber sur le sol, puis s'est roulée en pleurant ; après s'être ressaisie, elle a dit ne pas connaître la réponse à la question du procureur. Encore dans un autre entretien, le procureur a reposé ses questions. Cette-fois, la plaignante a répondu par l'affirmative, d'une manière factuelle, à la question.]
2. Faux témoignage sous serment
Egalement significatif, la plaignante a admis avoir fait une fausse déclaration sous serment, dans un témoignage devant le grand jury qui a décidé de la présente inculpation, et aussi dans des déclarations écrites, et dont la non-sincérité est soumise à des peines de parjure vis-à-vis du gouvernement fédéral.
Dans un cas comme celui-ci, où le témoignage de la plaignante est crucial pour prouver les accusations de crime au-delà de tout doute raisonnable, le fait qu'elle ait fait un faux témoignage devant un grand jury à propos des faits incriminés et qu'elle ait fourni de faux documents soumis à des peines de parjure est hautement problématique.
3. Autres contre-vérités
En plus des faux récits de la plaignante sur un viol et les fausses déclarations faites sous serment ou sous risque de peine pour parjure, elle a manqué de sincérité vis-à-vis des enquêteurs à propos de tant d'autres éléments que nous ne pouvons plus lui faire confiance.
Par exemple, elle fait de nombreuses déclarations (qui, admet-elle maintenant, étaient frauduleuses) pour proroger son droit à résider dans un logement à loyer modéré, déclarations dans lesquelles elle omettait de déclarer ses revenus du Sofitel. La plaignante a également manqué de sincérité à de nombreuses reprises, sur des sujets divers touchant à son passé et ses relations personnelles.
Ce n'est pas tout : en réponse à des questions de routine des procureurs concernant ses sources de revenu, la plaignante n'a pas évoqué des flux d'argent – 60 000 dollars au total – déposés sur son compte bancaire par d'autres personnes de quatre autres Etats. Quand elle a été interrogée sur ces transactions, elle a déclaré qu'elle avait autorisé son fiancé en Arizona à utiliser son compte courant pour y faire des dépôts pour ce qu'elle croyait être, a-t-elle déclaré, un commerce de vêtements et d'accessoires.
[Note de bas de page 16 : le fiancé de la plaignante a été condamné en Arizona pour trafic de cannabis, après avoir livré 36 500 dollars à des policiers en civil [se faisant passer pour des vendeurs, ndlr] afin d'acquérir ce cannabis. La plaignante a déclaré qu'elle n'avait pas connaissance du fait que les fonds déposés sur son compte étaient issus du trafic de drogue.]
A l'époque, a-t-elle déclaré, il lui avait demandé de retirer des sommes qu'il avait déposées et de donner l'argent à un partenaire commercial situé à New York. Elle a affirmé ne pas savoir combien d'argent avait transité sur son compte de cette façon. Bien qu'elle nie avoir profité d'aucune de ces transactions, des parts de chaque dépôt restaient fréquemment sur son compte.
Par ailleurs, dès le 16 mai 2011, la plaignante a été interrogée sur ses potentielles motivations financières, sachant qu'elle avait recruté un avocat spécialisé dans les affaires civiles. Elle a déclaré sans équivoque qu'elle n'avait pas saisi la justice en vue d'obtenir de l'argent. Elle a maintenu cette position au cours d'auditions qui ont précédé ou succédé à l'inculpation [de Strauss-Kahn, ndlr], déclarant avec émotion, à une occasion, que personne ne pourrait « l'acheter ».
Mais à une date très proche de ces déclarations, la plaignante a eu une conversation téléphonique avec son fiancé incarcéré, dans laquelle a été mentionné le potentiel gain financier qu'il était possible de tirer de l'événement du 14 mai 2011.
[Note de bas de page 17 : cet appel a été traduit et certifié conforme par deux traducteurs peul-anglais. Bien que divergents dans le mot-à-mot précis, les deux traductions sont sur le fond similaires sur la question de gagner de l'argent avec l'assistance d'un avocat spécialisé au civil. Le 8 août 2011, la plaignante a introduit une plainte au civil contre l'accusé, demandant des dommages et intérêts dans des proportions non spécifiées.]
Bien qu'il n'y ait rien de répréhensible à chercher une réparation financière à l'occasion d'une poursuite civile, le fait que la plaignante ait démenti avoir un intérêt financier contribue à affecter sa crédibilité.
En résumé, la plaignante a manqué de sincérité de façon persistante et parfois inexpliquée dans sa description de faits, tantôt de grande, tantôt de petite importance. Dans nos entretiens avec elle, la vérité complète sur les faits incriminés et sur son passé est restée pour cette raison difficile à cerner.
Les preuves physiques et les autres preuves ne permettent pas d'établir un usage de la force ou d'absence de consentement.
Les preuves physiques, médicales ou autres qui sont disponibles dans cette affaire ne sont pas de grande valeur sur la question clé de l'usage de la force et de l'absence de consentement. Elles établissent de façon concluante que l'accusé a eu des contacts sexuels avec la plaignante le 14 mai 2011. Elles ne prouvent cependant pas que ces contacts ont été imposés par la force ou étaient non-consentis, et elles ne corroborent pas certains aspects du récit, par la plaignante, des faits incriminés.
A. Les preuves sur les lieux des faits
Sur la base du récit initial, par la plaignante, des faits incriminés, deux lieux à l'hôtel Sofitel ont été identifiés et examinés par les enquêteurs de la police criminelle de New York : la suite 2806, où les faits ont eu lieu, et la zone au bout du couloir du 28e étage où la plaignante affirme, dans ses premiers récits, qu'elle s'est réfugiée immédiatement après les faits.
[Note de bas de page 18 : parce que la plaignante n'a pas indiqué avant le 28 juin 2011 qu'elle était entrée dans la chambre 2820, cette chambre n'a pas été examinée par les enquêteurs de la criminelle.]
L'unité de police criminelle a identifié cinq zones, dans l'entrée de la suite 2806, qui recèlent potentiellement des secrétions biologiques telles que de la salive ou du sperme.
[Note de bas de page 19 : les enquêteurs ont prélevé des échantillons de chacune de ces zones pour un examen plus approfondi au laboratoire de biologie médico-légale OCME. Ces échantillons ne recelaient pas la présence de sperme ou d'amylase, enzyme contenu dans la salive, le sperme et d'autres sécrétions biologiques, y compris les sécrétions vaginales.]
Le jour suivant, l'unité de la police criminelle a retiré la moquette de l'entrée de la suite, ainsi que du papier peint du mur de cette entrée, et a livré ces éléments au laboratoire médico-légal OCME. Les tests préliminaires conduits par l'OCME ont permis d'identifier cinq zones sur le tapis qui contenait des sécrétions biologiques.
Une de ces taches, qui a été localisée à environ 2 mètres du lieu où la plaignante affirme que le contact sexuel a eu lieu, recelait la présence de sperme et d'amylase et contenait un mélange d'ADN de l'accusé et de la plaignante. Aucune des autres traces sur la moquette ou sur le papier peint ne contenait de traces d'ADN de l'accusé ou de la plaignante.
[Note de bas de page 20 : trois des autres taches sur la moquette contenaient le sperme et l'ADN de trois autres hommes non identifiés, et une tache contenait de l'amylase et un mélange d'ADN de trois autres individus non identifiés. La tache sur sur le papier peint contenait du sperme et l'ADN de quatre autres hommes non identifiés. Comme rien n'établit qu'une autre personne était présente durant les faits incriminés, les circonstances de la présence de ces traces d'ADN non identifiées n'ont pas de lien avec l'enquête.]
Le 14 mai 2011, l'uniforme de la plaignante, qui consiste en une robe et une blouse, a été retrouvé par elle, à la demande de la police, et envoyé au laboratoire medico-légal de l'OCME. Trois traces sur la partie supérieure de l'uniforme ont été identifiées comme contenant du sperme ; deux des trois contenaient de l'amylase pouvant provenir de sperme, salive ou sécrétion vaginale. Seul l'ADN correspondant à celui de l'accusé a été obtenu de ces trois traces.
D'autres prélèvements sur le corps de la plaignante, dans le cadre de l'examen matériel des preuves d'une agression sexuelle potentielle n'ont pas permis d'identifier de sperme ou d'amylase et donc n'ont donné aucun résultat ADN. De même, des prélèvements sous ses ongles n'ont pas donné de résultat.
Les prélèvements sous les ongles de la main gauche de l'accusé contenaient son propre ADN ; ceux sous les ongles de sa main droite n'ont donné aucun résultat.
Un prélèvement pénien sur l'accusé recelait du sperme et contenait de l'ADN de ce dernier, de même qu'une trace sur un caleçon retrouvé après son arrestation. Deux petites tâches de sang sur le caleçon contenaient également le propre ADN de l'accusé, de même qu'une petite tache de sang sur le drap du dessus de la suite de l'hôtel. Au cours de l'enquête, les taches sont apparues comme étant sans lien avec les faits incriminés, car au moment de son arrestation, l'accusé souffrait d'un problème de peau qui entraînait des saignements sur la peau de ses mains.
A aucun moment la plaignante n'a affirmé avoir saigné pendant les faits, ou qu'un des deux avait subi une quelconque blessure entrainant un saignement ; de même, aucune trace de sang n'a été trouvée sur les vêtements ou le corps de la plaignante.
Au moment des faits, la plaignante portait deux paires de collants (une plus sombre, une plus claire).
[Note de bas de page 21 : quand elle a été présentée à l'OCME, la paire claire était à l'intérieure de la paire sombre.]
Sous les deux paires, elle portait une culotte. Le 14 mai 2011, la police s'est fait remettre ces effets par la plaignante, après qu'elle a été accompagnée à l'hôpital, et les a faits suivre pour examen à l'OCME. L'ADN de l'accusé, provenant de tissus cellulaires, a été trouvé sur la bande élastique des deux collants et sur celui de la culotte.
L'ADN de l'accusé, également provenant de tissus cellulaires, a aussi été trouvé sur l'entrejambe des collants clairs, mais pas sur celui des collants sombres ou de la culotte.
Parce qu'un individu peut toucher des textiles sans obligatoirement y déposer de l'ADN, ces résultats suggèrent que l'accusé à touché les sous-vêtements de la plaignante mais ils ne contredisent ni ne confirment les déclarations de la plaignante, qui affirment que l'accusé a placé sa main à l'intérieur de ses sous-vêtements et touché directement son sexe.
Le 16 mai 2011, la police criminelle est retournée à l'hôtel, dans la suite, et a, entre autres examens, effectué des prélèvements dans le lavabo de la petite salle d'eau et a collecté des mouchoirs en papier dans la salle de bain proprement dite.
La plaignante a déclaré qu'après l'incident et pendant qu'elle était dans la suite le 14 mai 2011 avec sa supérieure, elle avait craché dans l'évier de la salle d'eau. Les deux prélèvements dans l'évier et les mouchoirs ont été livrés à l'OCME ; ils n'ont pas révélé la présence de sperme mais d'amylase. L'OCME n'a pas pu extraire un matériel suffisant des prélèvements dans les éviers pour établir un profil ADN.
B. Les preuves médicales
1. Examen physique
Au moment de l'incident, la plaignante a été examinée par une infirmière assermentée qui est une examinatrice expérimentée et certifiée Safe à l'hôpital Roosevelt de St Luke. Pendant cet examen initial, l'examinatrice n'a noté aucune blessure visible faite à la plaignante et a relevé qu'elle ne souffrait de traumatisme ni sur son corps, ni dans sa cavité orale.
Le seul constat physique que l'examinatrice a relevé est une « rougeur » qui a été observée lors de l'examen gynécologique. L'examinatrice n'a pas pu affirmer avec un degré raisonnable de certitude médicale que cette « rougeur » était une conséquence directe des faits incriminés, ni même que c'était une blessure ou un hématome. L'examinatrice a déclaré que cette rougeur pouvait être la conséquence des faits décrits par la plaignante, mais pouvait également être liée à une série d'autres causes.
Pendant la période qui a suivi l'inculpation, nous avons sélectionné et consulté un deuxième expert médical, hautement expérimenté sur les questions liées aux agressions sexuelles. Cet expert a examiné le dossier médical de la plaignante postérieur au 14 mai 2011 et a abouti aux mêmes conclusions de l'experte certifiée Safe, à avoir que la coloration rouge était un élément non-spécifique, qui pouvait être attribué à de nombreuses causes autres qu'un traumatisme : friction, irritation, ou inflammation de la zone.
Cet expert a confirmé qu'on ne pouvait exclure que la rougeur ait été causée par la façon dont la plaignante affirme avoir été saisie, mais c'est selon lui peu probable.
2. Blessure à l'épaule
A l'hôpital, la plaignante a d'abord évoqué une douleur à son épaule gauche, qu'elle évaluait à 5 sur 10 sur l'échelle de la douleur. Comme il est rapporté dans son dossier médical, la douleur a clairement diminué lors des heures passées aux urgences.
L'examen médical de la plaignante n'a pas révélé de luxation, et il n'a pas été effectué de radio. Une déchirure musculaire et une contusion ont été diagnostiquées, bien qu'aucun bleu ni gonflement n'aient été observés sur son épaule. Aucun anti-douleur ne lui a été prescrit à l'hôpital, ni aucun autre traitement.
Dans les jours suivant les événements incriminés, il a été demandé à la plaignante à plusieurs reprises si elle souffrait de blessures à la suite des faits, et de façon constante elle a répondu que son épaule avait été douloureuse le jour des faits incriminés mais qu'elle allait beaucoup mieux dès le lendemain.
Au cours de ces premières auditions, la plaignante n'a pas montré d'apparente souffrance et ne s'est pas plainte verbalement de douleur ni d'inconfort. Elle a même effectué de vigoureux mouvements en présence des enquêteurs.
A la lumière de ces déclarations répétées d'absence de blessures physiques, aussi bien qu'au regard des constatations médicales, aucune charge attestant d'une blessure physique ne pourrait être invoquée dans une plainte criminelle ou devant un grand jury.
Le 13 juin 2011, le défenseur de la plaignante a notifié au procureur que sa cliente souffrait assez sérieusement de son épaule pour devoir recevoir un traitement médical immédiatement qui l'empêchait de se rendre aux auditions.
Le 22 juin 2011, son chirurgien orthopédique a diagnostiqué via un IRM un choc de type 2 sur l'épaule gauche, accompagné de tendinite, mais il s'est montré incapable de déterminer la date de la blessure ni son origine.
Après avoir constaté d'autres symptômes, parmi lesquels engourdissement et picotements dans ses doigts, la plaignante a vu un deuxième médecin pour une évaluation de sa colonne vertébrale. A notre connaissance, ce médecin n'a pas dressé de diagnostic.
Par la voix de son avocat, la plaignante a lors assuré au procureur que sa blessure à l'épaule (choc type 2) résultait de sa rencontre avec le défendant. Elle n'a pas fourni aux services du procureur le document permettant d'avoir accès à son dossier médical antérieur aux faits, ce qui aurait permis de savoir s'il existait une blessure à l'épaule.
Plus important, le cabinet du procureur s'est adjoint les services d'un éminent expert orthopédique afin d'examiner tous les documents relatifs à la blessure de l'épaule. Cet expert a conclu qu'avec un degré de certitude médicale raisonnable, cette blessure, s'il s'agit bien d'une blessure, était plutôt causée par « un usage répété à la verticale de son avant-bras lors de gestes rotatifs et vifs », « comme ceux que peut effectuer un sportif lorsqu'il lance un poids en hauteur ».
[Note de bas de page 23 : bien qu'il ne puisse pas donner une opinion définitive, l'expert a noté que les conclusions de l'IRM devraient être de l'ordre du normal. Du point de vue de l'expert, « son expérience et celle des autres indiquent que les comptes-rendus de l'IRM fournis par les radiologues ont tendance à trop diagnostiquer les déchirures du labrum (ligament entourant la cavité de l'épaule). Il est relativement possible que les résultats notés sur l'IRM soient considérés comme une variante normale, étant donné que les déchirures postérieures du labrum sont connues pour être présentes en l'absence de pathologie associée, c'est à dire comme variante normale.]
L'expert en conclut donc que dans le cas où la blessure révélée par l'IRM aurait été causée lors d'un seul traumatisme, tel qu'elle l'a décrit, il aurait dû être accompagné “ d'une douleur importante, pas seulement au cours des douze premières heures, mais également lors des jours suivants ”.
De plus, l'expert ne pense pas plausible que la douleur qui aurait disparu en 48 heures ressurgisse près de 28 jours plus tard.
A la lumière de ces différents facteurs liés à la déclaration d'une blessure physique, et plus remarquablement suite aux conclusions de l'expert, la blessure à l'épaule ne vient pas corroborer l'accusation d'agression sexuelle.
[Note de bas de page 24 : dans un entretien mené le 27 juillet 2011, la plaignante a affirmé pour la première fois qu'en conséquence du fait que l'accusé ait violemment saisi son sexe, elle avait souffert de douleurs en urinant lors des premiers jours suivant l'incident. Les rapports médicaux ne font pas état d'une plainte de cet ordre, la plaignante ne l'ayant pas non plus rapporté aux procureurs avant le 27 juillet, contrairement à ce qu'elle affirme désormais.]
3. Les trous du collant
Comme indiqué plus haut, au moment des faits incriminés, la plaignante portait deux paires de collants.
Il a été noté, au moment où elle a été recueillie, et plus tard à la police scientifique, que le le plus clair des collants avaient des trous. Un de ces trous mesurait approximativement 7,5 centimètres et était situé dans l'entre-jambes, tout près de la couture du vêtement. L'autre, située en haut du collant, mesure environ 4 centimètres.
Comme les collants étaient recouverts au départ, la plaignante a volontiers admis devant le Safe examinateur, puis devant la police et le procureur qu'elle ne savait pas si ces trous étaient le résultat ou non de la conduite du défendant ou s'ils n'avaient aucun lien avec les faits incriminés.
L'expérience commune indique que les collants en nylon peuvent être troués pour de multiples raisons, y compris un usage normal. Pour ces raisons nous sommes dans l'impossibilité de prétendre devant un jury que les trous observés sur les collants de la plaignante corroborent l'accusation d'un rapport sexuel non consenti.
C. Chronologie de l'attaque supposée et les actions de l'accusé dans les suites immédiates
La relative brièveté de la rencontre entre l'accusé et la plaignante a d'abord suggéré que l'acte sexuel n'était probablement pas consentant. Spécifiquement, les enregistrements des passes d'accès à l'hôtel indiquaient que la plaignante avait d'abord pénétré dans la suite 2806 à 12h06. Les enregistrements téléphoniques ont montré plus tard que l'accusé avait téléphoné à sa fille à 12h13.
[Note de bas de page 25 : le jour de l'incident, il y a eu un possible décalage de deux minutes entre le temps indiqué sur le compte-rendu des entrées par clé électronique de l'hôtel et le temps réel, les temps enregistrés pouvant être antérieurs de deux minutes aux temps réels. Bien que nous ayons été informés que les temps des appels dans les comptes rendus des téléphones portables sont synchronisés aux temps réels, le passage exact du temps ne peut pas être déterminé avec certitude du fait du décalage de l'hôtel.]
Par conséquent, il apparaissait que, quoi qu'il se soit passé entre l'accusé et la plaignante, les événements s'étaient déroulés approximativement entre sept et neuf minutes.
Mais à la lumière des défaillances de la plaignante à offrir un récit précis et constant de l'immédiat après-rencontre, il est impossible de déterminer la durée de la rencontre elle-même.
Que l'accusé ait pu passer un bref coup de fil à 12h13 n'indique pas de manière infaillible quand la rencontre a eu lieu, quelle que soit sa durée, ni où se trouvait la plaignante entre 12h06 et 12h26.
Toute déduction qui pourrait se concevoir quant à la chronologie de la rencontre est nécessairement affaiblie par l'impossibilité de consolider la chronologie elle-même.
D. La preuve de la réaction qui a immédiatement suivi les faits
Les témoins de la réaction qui a immédiatement suivi les faits ont été entendus de manière répétée et sont apparus fiables. Les témoins ont indiqué que la plaignante était apparue bouleversée au moment de raconter sa rencontre avec l'accusé.
Mais à la lumière de notre impossibilité, précisée ci-dessus, d'accréditer le récit de la plaignante, de même que la capacité de celle-ci à mobiliser des émotions pour faire de l'effet, la force et l'effet des preuves relatives à sa réaction immédiate sont grandement diminués.
Il est aussi notable que la version courante de la plaignante de sa réaction immédiate auprès de son premier superviseur n'est pas compatible avec certains aspects du compte-rendu du superviseur lui-même.
E. Autres allégations d'inconduite sexuelle par l'accusé
Pendant l'instruction de l'affaire, il a été porté à l'attention du Bureau l'existence d'une autre agression sexuelle supposée commise par l'accusé sur la personne d'une autre femme en France. D'après l'accusation rapportée publiquement dans le cadre d'une interview en France en 2003, l'accusé avait tenté de la violer dans un appartement vide.
[Note de bas de page 26 : Claire Chartier & Delphine Saubaber, “Pourquoi je porte plainte contre DSK”, L'Express, le 4 juillet 2011.]
Il paraît cependant peu probable que les avocats de la partie civile soient autorisés à introduire dans leur dossier le témoignage relatif à l'attaque supposée.
Conclusion
Pour tous les faits précités, le procureur demande que l'accusation No. 02526/2011 soit annulée. Aucune précédente demande de réparation n'a été faite devant aucun juge ou tribunal.
New York, le 22 août 2011
Joan Illuzzi-Orbon, assistant du procureur
John (Artie) McConnell, assistant du procureur
Traduction : Maryne Cervero, Aurélie Champagne, Blandine Grosjean, Valentine Pasquesoone, Pascal Riché, Lucile Sourdès, Sara Taleb.
► Rectifié le 23/8/2011 à 23h25 : faute de frappe dans le montant des sommes déposées sur le compte de Nafissatou Diallo (60 000 dollars et non 6 000).
► Note de la rédaction : les notes de bas de page ont été traduites, à l'exception de celles se référant à des textes de loi.
La Lybie du Colonel
L'Africain le 29/08/2011 à 05:00
La Lybie du Colonel
1-L’électricité à usage domestique est gratuite
2 - L’eau à usage domestique est gratuite
3- Le prix d’un litre d’essence est de 0, 08 EUROS
4- Les banques libyennes accordent des prêts sans intérêts
5- Les citoyens n’ont pas d’impôts à payer, et la TVA n’existe pas
6- La Libye est le dernier pays dans la liste des pays endetté ! La dette publique est à 3, 3% du PIB ! En France, elle est à 84, 5% ! Aux US, 88, 9% ! Aux Japon à 225, 8%
7- Le prix pour l’achat d’une voiture (Chevrolet, Toyota, Nissan, Mitsubishi, Peugeot, Renault... ) est au prix d’usine (voitures importées du Japon, Corée du sud, Chine, Etats-Unis... )
8- Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l’étranger, le « gouvernement » attribue une bourse de 1 627, 11 Euros par mois
9- Tout étudiant diplômé reçoit le salaire moyen de la profession du cursus choisi s’il ne trouve pas d’emploi
10- Lorsqu’un couple se marie, "l'État" paie le premier appartement ou maison (150 mètres carrés)
11- Chaque famille libyenne, sur présentation du livret de famille, reçoit une aide de 300 EUROS par mois
12- Pour tout employé dans la fonction publique, en cas de mobilité nécessaire à travers la Libye, l'État fournit une voiture et une maison gratuitement. Et quelque temps après, ces biens sont à lui.
Ma question est celle-ci, qu’est-ce que la "Communauté Internationale" appelle dictature si la reine d’Angleterre, le roi de Belgique, l’empereur du Japon... doivent mourir au pouvoir avant d’être remplacé ? Celui qui peut jeter un comprimé Efferalgan dans la mer et le retrouver après dix minutes, pourra me convaincre que Kadhafi est un dictateur. Vous pouvez toujours essayer. On ne tue pas une idée en coupant la tête de celui qui la porte. Kadhafi est un révolutionnaire.
La lutte ne fait que commencer.
Pour ma part, il apparait clairement que cette guerre de l'occident contre le reste du monde (permettez- moi de l'appeler ainsi, car c'est la réalité), qu'il engage sous prétexte de défendre la démocratie est de nature à freiner nos développements. C'est une autre forme d'esclavage et de pillage de nos ressources qui continuent malheureusement avec la bénédiction de la masse populaire de nos peuples. Il est grand temps pour l'Afrique et le reste du monde de se reveiller. Ils ont mis en place la "STRATEGIE DU CHOC" pour nous anéantir.
Très Cordialement
La Lybie du Colonel
1-L’électricité à usage domestique est gratuite
2 - L’eau à usage domestique est gratuite
3- Le prix d’un litre d’essence est de 0, 08 EUROS
4- Les banques libyennes accordent des prêts sans intérêts
5- Les citoyens n’ont pas d’impôts à payer, et la TVA n’existe pas
6- La Libye est le dernier pays dans la liste des pays endetté ! La dette publique est à 3, 3% du PIB ! En France, elle est à 84, 5% ! Aux US, 88, 9% ! Aux Japon à 225, 8%
7- Le prix pour l’achat d’une voiture (Chevrolet, Toyota, Nissan, Mitsubishi, Peugeot, Renault... ) est au prix d’usine (voitures importées du Japon, Corée du sud, Chine, Etats-Unis... )
8- Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l’étranger, le « gouvernement » attribue une bourse de 1 627, 11 Euros par mois
9- Tout étudiant diplômé reçoit le salaire moyen de la profession du cursus choisi s’il ne trouve pas d’emploi
10- Lorsqu’un couple se marie, "l'État" paie le premier appartement ou maison (150 mètres carrés)
11- Chaque famille libyenne, sur présentation du livret de famille, reçoit une aide de 300 EUROS par mois
12- Pour tout employé dans la fonction publique, en cas de mobilité nécessaire à travers la Libye, l'État fournit une voiture et une maison gratuitement. Et quelque temps après, ces biens sont à lui.
Ma question est celle-ci, qu’est-ce que la "Communauté Internationale" appelle dictature si la reine d’Angleterre, le roi de Belgique, l’empereur du Japon... doivent mourir au pouvoir avant d’être remplacé ? Celui qui peut jeter un comprimé Efferalgan dans la mer et le retrouver après dix minutes, pourra me convaincre que Kadhafi est un dictateur. Vous pouvez toujours essayer. On ne tue pas une idée en coupant la tête de celui qui la porte. Kadhafi est un révolutionnaire.
La lutte ne fait que commencer.
Pour ma part, il apparait clairement que cette guerre de l'occident contre le reste du monde (permettez- moi de l'appeler ainsi, car c'est la réalité), qu'il engage sous prétexte de défendre la démocratie est de nature à freiner nos développements. C'est une autre forme d'esclavage et de pillage de nos ressources qui continuent malheureusement avec la bénédiction de la masse populaire de nos peuples. Il est grand temps pour l'Afrique et le reste du monde de se reveiller. Ils ont mis en place la "STRATEGIE DU CHOC" pour nous anéantir.
Très Cordialement
lundi 6 juin 2011
Demande de permission
DEMANDE DE PERMISSION DE SORTIR AVEC LES POTES LE SOIR
Nom du mari:
Je sollicite l’autorisation de l’autorité compétente pour sortir avec mes amis durant la période suivante :
Heure LIMITE
Date: Heure de sortie: de retour:
Dans le cas où j’obtiendrais l’autorisation, je jure sur mon honneur ne me rendre qu’aux lieux indiqués ci-dessous aux heures autorisées. Je promets de ne draguer aucune femme. Je promets de ne pas adresser la parole à aucune autre femme que celles indiquées ci-dessous. Je ne débrancherais mon portable sous aucun prétexte. Je consommerais la quantité d’alcool autorisée, et en cas de dépassement prévisible, j’appellerais d’abord un taxi et, immédiatement après, mon épouse pour demander l’autorisation supplémentaire. J’accepte que, même au cas où j’obtiendrais la dite autorisation supplémentaire, mon épouse se réserve le droit de ne plus m’adresser la parole et de me faire la vie impossible la semaine suivante.
Alcool autorisé (unité) Bière : Vin : Digestifs : Total :
Lieux autorisés
Femmes avec lesquelles il est
permis de parler (ex. : serveuse)
IMPORTANT – CLAUSE LIBÉRATOIRE DE TOPLESS :
Indépendamment des contacts féminins expressément autorisés ci-dessus, il est totalement interdit de s’y prêter avec une femme nue ou en topless. Le non respect de cette rêgle entraînera la rupture immédiate et sans préavis de notre relation.
Je déclare être conscient de qui commande à la maison. Je suis conscient que cette sortie nocturne avec mes amis va me coûter une fortune en cadeaux et fleurs. Mon épouse se réserve le droit d’utiliser ma carte de crédit comme bon lui semble. De plus, je promets de l’emmener à un concert/théatre de son choix si j’étais en retard de plus d’une minute sur l’heure de retour autorisée.
À mon retour à la maison, je promets de n’uriner que dans les toilettes et je ferais attention de ne pas réveiller mon épouse ni de lui souffler mon haleine fétide d’alcoolique dans le cou. Je promets de ne pas me comporter comme un poivrot.
Je déclare que, en mon humble opinion (en rien comparable à celle de mon épouse), tous les renseignements portés sur cette demande d’autorisation sont exacts.
Signé – le Mari:
Demande: Autorisée : Refusée :
Cette décision est irrévocable. Si l’autorisation est acceptée, découper le justificatif et l’avoir sur soi en permanence.
……………………………………………………………………………………………………………
Autorisation de sortie nocturne de mon mari pour la période :
Date: Heure de sortie : Heure de retour:
Signé – l’Épouse:
Nom du mari:
Je sollicite l’autorisation de l’autorité compétente pour sortir avec mes amis durant la période suivante :
Heure LIMITE
Date: Heure de sortie: de retour:
Dans le cas où j’obtiendrais l’autorisation, je jure sur mon honneur ne me rendre qu’aux lieux indiqués ci-dessous aux heures autorisées. Je promets de ne draguer aucune femme. Je promets de ne pas adresser la parole à aucune autre femme que celles indiquées ci-dessous. Je ne débrancherais mon portable sous aucun prétexte. Je consommerais la quantité d’alcool autorisée, et en cas de dépassement prévisible, j’appellerais d’abord un taxi et, immédiatement après, mon épouse pour demander l’autorisation supplémentaire. J’accepte que, même au cas où j’obtiendrais la dite autorisation supplémentaire, mon épouse se réserve le droit de ne plus m’adresser la parole et de me faire la vie impossible la semaine suivante.
Alcool autorisé (unité) Bière : Vin : Digestifs : Total :
Lieux autorisés
Femmes avec lesquelles il est
permis de parler (ex. : serveuse)
IMPORTANT – CLAUSE LIBÉRATOIRE DE TOPLESS :
Indépendamment des contacts féminins expressément autorisés ci-dessus, il est totalement interdit de s’y prêter avec une femme nue ou en topless. Le non respect de cette rêgle entraînera la rupture immédiate et sans préavis de notre relation.
Je déclare être conscient de qui commande à la maison. Je suis conscient que cette sortie nocturne avec mes amis va me coûter une fortune en cadeaux et fleurs. Mon épouse se réserve le droit d’utiliser ma carte de crédit comme bon lui semble. De plus, je promets de l’emmener à un concert/théatre de son choix si j’étais en retard de plus d’une minute sur l’heure de retour autorisée.
À mon retour à la maison, je promets de n’uriner que dans les toilettes et je ferais attention de ne pas réveiller mon épouse ni de lui souffler mon haleine fétide d’alcoolique dans le cou. Je promets de ne pas me comporter comme un poivrot.
Je déclare que, en mon humble opinion (en rien comparable à celle de mon épouse), tous les renseignements portés sur cette demande d’autorisation sont exacts.
Signé – le Mari:
Demande: Autorisée : Refusée :
Cette décision est irrévocable. Si l’autorisation est acceptée, découper le justificatif et l’avoir sur soi en permanence.
……………………………………………………………………………………………………………
Autorisation de sortie nocturne de mon mari pour la période :
Date: Heure de sortie : Heure de retour:
Signé – l’Épouse:
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